PIERRE
Mourir!... Les rats meurent dans leurs trous. Les chiens courent quand ils sont enragés. L*hoimne connaît' un plus digne remède à son diagrin, la veogeanoe. C'est l'attribut des dieux ; ils l'ont empreinte, avec leur image, dans la nature humaine. Mourir l Considère bien la cause qui t'appelle, et si tu es assez vil pour mourir, meurs . Souviens-toi des souffrances de ta Belvidera. Belvidera ! mourir 1 Damno-toi éPabord. Quoi 1 tu serais régulièrement entMré au cimetière, et ta mêlerais ta noble poussière avec ces infects coquins qui pourrissent dans leur linceul, avec ces imbéciles morts d'indigestion, avec ce vulgaire fumier de la terre!....
On n'a pas oublié quelle valeur Talma donnait à ces deux mots, la vengeance! Il fBnàvàixenteiaàw dire par un grand acteur la tirade qui précède pour pouvoir juger combien l'accent passionné peut ajouter de poésie à ce jargon véhément et populaire. Masouy chargé du rôle à» Pierre^ n'a pas assez de puissance dans la voix et dans le geste pour rehausser de pareils détails. Ce jeune comé-
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dien a pourtant bien dit son apostrophe aux conjurés qui veulent immoler Jaffier à leurs soupçons :
Thou die I thou kill my friend 1 or thou ? or tfaou? Orthou?
Ces deux derniers mots, lancés à Renaud, ont été jetés y comme il le fallait , avec Taccent du plus inexprimable mépris.
Le rire qui précède la mort de Pierre n'a pas été bien compris du public. La fiaute n'en est ni à Facteur ni au public. Dans le dénoûment d'Otway, cette fin est admirable. La place est encombrée de peuple; la troupe est sous les armes; l'exécuteur est prêt; le prêtre, repoussé, s'éloigne. En ce moment, Pierre fait un signe à Jaffîer. Gelui-<n s'approche, le frappe et se poignarde. Us tombent tous deux, et Pierre s'écrie dans sa joie : « /Pe haue decew*d thesenate! (Sous avons trompé le sénat!)» et les convulsions du rire se mêlent au râle de l'agonie. Sur une place déserte et en Êice de quatre soldats, ce rire sublime n'a plus aucun sens.
Miss Smithson a eu de nouvelles et toujours heureuses inspirations dans le rôle de Belvidera. Elle a su, avec beaucoup d'art, donner à la folie de cette faible femme un caractère tout différent de celle d'Ophélia ! que de tendresse et de remords dans son regard ! Â peine regrette-t-on que les ombres de Pierre et de Jaffier ne paraissent pas. On les voit, grâce à l'admirable pantomime de Tac-
trice. Le moment où^ appuyée sur ses genoux, elle a Fair de remuer et de creuser la terre pour retrouver le corps de celui qu'elle aime , 7' // dig^ dig the den up^ est un des plus déchirants tableaux que jamais poète ou peintre ait tracés.
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