‹ Causeries et méditations historiques et littérairesChapitre 88 sur 109 · DE LA LITTÉRATURE BRKSILIEJXNE · texte numérisé non relu

DE LA LITTÉRATURE BRKSILIEJXNE

vrage que publie M. Rugendas ; quand on se représente la force et la splendeur de la nature dans cette partie de F Amérique, ces vastes forêts vierges, ces fleuves qui ressemblent à des méditert*anées, cette immense étendue de rivages baignés par l'Océan, ce soleil aussi pur et plus ardent que celui de la Grèce, on rêve sous ces palmiers et sous ces bananiers gigantesqueis une poésie originale, jeime et grandiose , comme les autres productions de cette terre féconde. Quelle triste surprise n'éprouvet-on pas en ne trouvant guère dans la littérature brésilienne que de chétives imitations de la vieille poésie de l'ancien monde ! Les personnes qui ont étudié les poètes de l'Amérique du nord ont éprouvé à peu près le même mécompte. Il semble que le joug colonial se soit étendu jusque sur les esprits, et que l'émancipation du génie n ait pu que suivre, et encore bien lentement, celle des institutions et du sol. Ce n'est pas que le climat du Brésil et son ciel si beau soient déshérités de la poésie. Au rapport de tous les voyageurs, le Brésilien est naturellement disposé à recevoir les impressions poétiques. Il semble que le génie particulier des diffé* rentes races dont il descend se retrouve mêlé en lui. Tour à tour ardent comme l'Africain , chevaleresque cotnme le guerrier des bords du Tage, rêveur comme l'Américain^ il réunit les divers instincts poétiques de l' At abe, du Portugais et du sauvage. Mais que peut un naturel, même exquis, où

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