DE LA LITTÉRATURE
manque jusqu'à la plus simple culture? Quelques récits merveilleux faits en commun, quelques chants mélancoliques accompagnés de la guitare, quelques improvisations fugitives, tels ont été longtemps et tels devaient être les seuls résultats de l'inspiration poétique dans un pays où un si petit nombre d'habitants sait écrire. Dans la plupart des États de l'Amérique du sud, les livres étaient prohibés ou venaient s'enfouir dans les bibliothèques des couvents. Ce n'était donc qu'à T ombre de ces obscures retraites que pouvaient se former qud* ques rares écrivains. Cela seul explique comment les poètes du Brésil, favorisés d'une nature si extraordinaire et si belle jusque dans sa profusion, n'ont reproduit longtemps dans leurs écrits que notre médiocre nature européenne. Us calquaient les images des poètes portugais, comme, chez nous, les clercs et les moines, seuls représentants classiques de la poésie nationale, ont longtemps calqué les seules images favorites des poètes de la Grèce et duLatium.
Cependant, quelques écrivains du Brésil ont essayé , surtout dans ces derniers temps , de se soustraire à l'influence. de la métropole. Nous renvoyons nos lecteurs à l'ouvrage de M. Denis. Ils y verront les efforts que firent Bento Teixeira Pînto, Manoel Botelho de Oliveira, Jean de Brito, dans le XVII* siècle ; et Gonzaga da Costa, Pereira de Souza Caldas et quelques autres dans le xviii*, pour