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Causeries historiques et littéraires

Ce livre est, à peu de choses près, la reproduction du cours que nous avons eu l'honneur de faire, en 1 853, dans les principales villes de la Suisse française. Ce n'est ni un travail d'érudition ni une étude do haute critique, mais une causerie sur les principaux écrivains de l'antiquité et quelques œuvres capitales du moyen âge.

Nous n'avons point eu la prétention de donner un cours complet d'histoire littéraire; nous avons seulement voulu faire connaître aux femmes et rappeler

aux hommes du monde les principales sources de noire littérature classique. Nous avons imité le musicien qui, ne pouvant faire exécuter à grand orchestre les symphonies des maîtres, tâcherait de les raconter au piano en rappelant les motifs les plus mélodieux.

Si nous avons mêlé l'histoire générale aux études littéraires, c'est qu'elle aide à leur donner un sens plus net. L'écrivain éminentest toujours de son siècle par quelque côté ; il le révèle ou il le transforme, et, dans les deux cas, il a besoin de l'histoire pour être bien compris.

Obligé de multiplier les citations, nous avons eu recours à toutes les traductions déjà publiées ; nous nous en sommes servi sans nous interdire certaines modifications que nécessitait surtout la nature de nos leçons. C'est ainsi que nous avons mis à contribution les remarquables publications de MM. Artaud, Pierron, Amar, Patin, Damas-Hinard , Magnien, et celles de tous les collaborateurs de la collection publiée par M. Nisard. Nous nous sommes même servi des Ira-

vaux plus anciens de madame Dacier, de Lévesque, de Larchcr, de Bilaubc, deLaliarpe, usant toujours de la liberté de prendre tout ou seulement partie, selon notre convenance. Il en résulte que la plupart des traductions citées dans nos Causeries n'appartiennent complètement à personne; nous en assumons la responsabilité sans en avoir le mérite; ce qu'on pourra y louer doit être rapporté aux auteurs que nous avons nommés plus haut, les fautes resteront à noire charge personnelle.

Nous avons dû prendre encore une autre liberté.

A. Schlegel a dit, dans son livre sur la Littérature dramatique : « Un lecteur qui ne voit pas l'ensemble de la littérature grecque sera toujours troublé par une sorte de nouveauté étrange dans le sujet, par la singularité des usages nationaux, par des allusions sans nombre qu'une grande érudition peut seule faire comprendre, et les distractions que lui donnent les détails rempêcheront de recevoir une impression pure de l'ensemble. »

La remarque n'est pas moins vraie pour les auteurs

latins et même pour ceux du moyen âge ; d'où il résulte que si l'on ne veut pas détourner le lecteur et arrêter Veffet de la lecture, il faut parfois omettre un trait, rapprocher certaines parties, ajouter même un mot qui épargne une longue explication. Nous nous sommes permis, à plusieurs reprises, ce genre d'infidélités. Les exigences d'un cours dans lequel le public veut qu'on le respecte, nous ont également conduit, dans quelques passages, à adoucir la licence de certaines images; mais dans l'un et l'autre caa, nous le faisons remarquer au lecteur *•

Ces rapides analyses de la littérature antique et de celle du moyen âge ne doivent apporter, nous le savons, aucune nouvelle lumière sur des questions traitées vingt fois par tant d'esprits savants ou ingénieux; mais elles auront peut-être l'avantage de mettre leurs appréciations à la portée du plus grand nombre, de

* Lorsque nous sommes forcé d'ajouter ou de substituer quelques mots à la pensée de l'auteur, la phrase qui nous appartient est imprimée en lettres italiques; quand nous retranchons un développement afin d'abréger ou de rapprocher certains détails, l'omission est signalée par plusieurs points.

donner de ces temps une idée moins inexacte et des œuvres antiques quelques échaatillons moins défigurés. En tous cas et quel qu'il soit, notre travail semble satisfaire à des besoins réels, car il renferme un résumé que l'on chercherait vainement ailleurs. — Nous sommes donc sûr qu'un tel livre devait être l'ait, mais nous n'oserions affirmer qu'il ne reste point encore à faire.

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