‹ Causeries historiques et littéraires (volume 2)Chapitre 10 sur 44 · I:T LlTTÉllAIRES · texte numérisé non relu

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ù Homère l'occasion de faire une sorte de revue historique.

De retour des enfers, Ulysse a remis à la voile; il a échappé au chant séducteur des sirènes en se bouchant les oreilles avec de la cire et se faisant lier au mât du vaisseau ; il est descendu ensuite dans l'île de Thrinacie, où paissaient des troupeaux appartenant à Apollon. Ses compagnons ne les ont point respectés (comme ils en avaient reçu l'ordre), et leur navire a été précipité dans le gouffre de Scylla. — Ulysse s'est sauvé à la nage et a atteint l'ile de Calypso, d'où nous l'avons vu partir pour arriver chez les Phéaciens.

Tout ce récit n'est qu'une version poétisée des fables géographiques du temps. Homère les a recueillies, coordonnées, et, par lui, elles se sont répandues plus tard dans le monde entier. Les traditions de Polyphème, des sirènes, de Circé, des Lestrigons, reparaissent dans tous les romans chevaleresques du moyen âge ; elles ont passé dans le conte populaire ; nous les avons retrouvées en Bretagne , au fond des montagnes noires et dans les rochers de l'Armor. Pendant trois mille ans, Homère a défrayé l'imagination des poètes et des pâtres; il a fourni à l'amusemenl des palais et à l'amusement des chaumières ; ses poèmes ont été comme les fleuves

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