CAUSERIES HISTOriiOLLS
térieure, d'une double nature dans l'homme qui rend cet idéal impossible à réaliser... Les Grecs, par suite, nous ont laissé, dans tous les genres, des modèles plus achevés; ils tendaient vers une perfection déterminée... Les modernes, dont la pensée s'élance vers l'infini, ne peuvent jamais se satisfaire complètement eux-mêmes, et il reste toujours à leur œuvre quelque chose d'imparfait.
Après Homère , plusieurs siècles s'écoulent sans qu'aucune grande voix s'élève dans la Grèce ; le bruit des armes étouffe tout le reste ; les races diverses qui s'agitent sur ce sol étroit y cherchent leur place ; elles dessinent péniblement leurs frontières avec l'épée et essaiment leurs colonies dans l'Asie Mineure.
Enfin ce grand travail est achevé ; la Grèce septentrionale reste à la race ionienne, race ardente, mobile, intelligente, capable de tout ce qui est grand et amoureuse de tout ce qui est doux.
La Grèce méridionale, à la race dorienne, race dure, guerrière, ayant l'égoïsme des quasi-insulaires et toujours prête à séparer ses intérêts de l'universalité grecque. Aucune d'elles n'a encore produit d'œuvre éminente ; les langues balbutient, les arts n'ont point dépouillé leurs formes barbares.
ET LITTÉriAIRKS 1 .'io
Tout à coup un grand danger s'annonce du côté de l'Orient. Un roi, dont la moindre province a une étendue double de la Grèce entière, sort de son repos et annonce qu'il veut venger l'Asie, autrefois vaincue à Troie I II rassemble ses soldats et les met en marche, La terre tremble sous les pas de son armée ; partout où elle passe, les rivières sont' taries ! Elle jette un pont sur la mer et tombe sur la Grèce comme une avalanche.
Ne vous effrayez pas pourtant; c'est de cette lutte même que va sortir la gloire de cette terre héroïque. Comme les cailloux du chemir^ elle avait besoin d'un choc pour faire jaillir l'étincelle. La guerre de Troie a produit Homère ; les guerres médiques vont faire naître une pléiade de poètes nouveaux, qu'aucune nation ne pourra surpasser. La Perse fait en vain marcher ses bataillons ; Athènes est debout ! — Comme l'Achille d'Homère, elle tient d'une main l'épée qui sauvera la Grèce et de l'autre la lyre qui doit immortaliser sa victoire.