‹ Causeries historiques et littéraires (volume 2)Chapitre 19 sur 44 · I. it · texte numérisé non relu

I. it

Un prêtre, quel qu'il soit, quelque Dieu qui Tinspire, Doit prier pour les rois et ne pas les maudire.

Évidemment, Philoctète vivait sous le règne de Louis XV et tenait à rester bien en cour.

Dans VOEdipe de Sophocle , c'est Tirésias , devin aveugle, que le roi interroge. Tirésias résiste longtemps, il maudit sa science, il veut se taire et repartir; mais Œdipe, avec la fierté impérieuse qui est son excuse et la cause de ses misères, lui reproche d'être un mauvais citoyen ; il soupçonne son silence ! Alors l'a- Yeugle éclate, il lui déclara qu'il est lui-même le meurtrier.

Œdipe se trouble; mais Jocaste le rassure. Ellemême a pu reconnaître la vanité des oracles. Ils lui avaient annoncé que le fds qui naîtrait d'elle et de Laïus serait l'assassin de père et l'époux de sa mère ; or, ce fils a été exposé sur le Cithéron, où il est devenu la proie des bêtes féroces, Laïus a été tué par des bandits dans les montagnes, et elle est l'épouse d'CEdipe, le fils du roi de Corinthe.

Cette révélation, loin de rassurer GEdipe, accroît son inquiétude. Il ne peut oublier que lui-même a autrefois tué un inconnu qui lui disputait le passage dans un défilé

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delà montagne, etcetincomiuse trouve être précisément Laïus I — Un messager qui arrive de Corinthe lui apprend, en môme temps, qu'il n'est point le fils du roi de cette ville, comme il l'avait cru, mais un enfant abandonné qui fut autrefois remis à ce même messager par un pâtre du Cithéron. Œdipe fait venir ce pâtre afin de l'interroger.

Le nœud de la pièce est ici. Puisque Œdipe est un enfant recueilli sur la montagne, il s'agit de savoir s'il n'est pas le fils exposé par Jocaste et Laïus, et s'il n'a pas accompli, à son insu, l'affreux oracle, en devenant l'assassin de son père et le mari de sa mère. — Vous sentez ce qu'a de solennel l'interrogatoire qui doit lui confirmer cet horrible soupçon. Le berger hésite et tremble de répondre : Œdipe le presse avec l'impatience audacieuse d'un homme qui veut voir jusqu'au fond de son malheur.

Voici la scène de Sophocle.

ŒDIPE, aw berger.

Vieillard, regarde-moi et réponds à toutes mes questions. — Tu étais au service de Laïus ?

LE BERGER, avcc troiible.

J'étais son esclave ; non qu'il m'eût acheté, mais j'ai été élevé dans son palais.

OEDIPE

Quel était ton emploi ?

LE BERGER

D'habitude, je conduisais ses troupeaux.

OEDIPE

Quels lieux fréquentais-tu de préférence ?

LE BERGER

Le Githéron et les pâturages voisins.

OE D I p E , montrant le messager.

Te souviens-tu d'y avoir vu cet homme ?

LE BERGER, saus regarder le messager.

Que faisait-il et de quel homme parles-tu ?

ŒDIPE

De celui qui est devant tes yeux : ne l'as-tu jamais rencontré ?

LE BERGER, hésitant.

Non, autant du moins que ma mémoire me permet de l'affirmer.

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