‹ Causeries historiques et littéraires (volume 2)Chapitre 24 sur 44 · CAUSERIES IIISTOmQL'ES · texte numérisé non relu

CAUSERIES IIISTOmQL'ES

Ail ! ne m'en privez pas; et, devant que j'expire, Laissez, laissez toucher à mes tremblantes mains Ces restes échappés à des dieux inhumains. Donnez. {Elle prend Curne et Vembrasse.)

ORESTE

Que failes-YOus? Cessez !

PTLADE.

Le seul Égistlie Dut recevoir de nous ce monument si triste,

Qu'entends-je? ô nouveaux crimes ! ô désastres plus grands! Les cendres d^ mon frère aux mains de mes tyrans. Des meurtriers d'Oreste, ô ciel, suis-je entourée ?

ORESTE

De ce reproche a/f'rcux mon âme déchirée Ne peut plus...

ELECTRE

Et c'est vous qui partagez mes pleurs ? Au nom du fils des rois, au nom des dieux vengeurs , S'il n'est pas mort par vous, si vos mains généreuses Ont daigné recueillir ses cendres malheureuses...

ORESTE

Ah ! dieux !

ELECTRE

Si vous plaignez son trépas et ma mort , Répondez-moi : comment avez-vous su son sort? iÈlicii-vous son ami ? Dites-moi qui vous êtes , Vous surtout, dont les traits... Vos bouches sont muettes;

ET LITTÉIlAIllES 223

Quand vous tyC assassinez, vous êtes attendris ?

ORE s TE.

C'en est trop et les dieux sont trop bien obéis,

ELECTRE

Que dites-vous ?

ORESTE

Laissez ces dépouilles horribles.

Tous les cœurs aujourd'hui seront-ils inflexibles? — Non, fatal étranger, je ne rendrai jamais Ces présents douloureux que ta pitié m'a faits ; C'est Oreste, c'est lui... Vois sa sœur expirante L'embrasser en mourant de sa main défaillante,

Oreste va enfin se trahir et avouer à Electre son subterfuge, quand l'arrivée d'Égisthe et de €lytemnestre lui coupe la parole. Sa sœur, persuadée qu'il est l'assassin de celui dont il apporte les cendres se décide, sans plus d'informations, aie poignarder I Elle saisit le moment où il se trouve seul :

ELECTRE, an fond du théâtre.

Qui m'arrête , et d'où vient que je crains de frapper? Avançons.

) ORES TE, sans la voir et regardant vers le tombeau cCAgamcmnon,

Quelle voix ici s'est fait entendre ?

Père, époux malheureux, chère et terrible cendre, Est-ce toi qui gémis, ombre d'Agamemnon ?

ELECTRE, à part.

Juste ciel ! est-ce à lui de prononcer ce nom ?

0 R E s T E , sans la voir,

0 malheureuse Electre !

ELECTRE, à part.

Il me nomme, il soupire !

Les remords en ces lieux ont-ils donc quelque empire? — Qu'importent des remords à mon juste courroux!

( Elle s'' avance vers Oreste. )

Frappons... — Meurs, malheureux !

ORESTE, lui saisissant le bras.

Justes dieux ! est-ce vous.

Chère Electre ?

ELECTRE

Qu'entends-je?

ORESTE

Hélas! qu'alliez- vous faire?

ELECTRE

J'allais verser ton sang, j'allais venger mon frère.

ORESTE, la regardant avec attendrissement. Le venger!... et sur qui?

ELECTRE , énuie.

Son aspect, ses accents, Ont fait trembler mon bras, ont fait frémir mes sens. Quoi ! c'est vous dont je suis l'esclave malheureuse ?

OR ESTE

C'est moi qui suis à vous.

ELECTRE

O vengeance trompeuse !

D'où vient qu'en vous parlant tout mon cœur est changé?

OR ES TE

Sœur d'Oreste...

Achevez.

OÙ me suis-je engagé !...

ELECTRE

Ah! ne me trompez plus, parlez, il faut m'apprendre L'excès du crime a/freax que j'allais entreprendre. Par pilié, répondez, éclairez-moi, parlez.

OR ESTE

Je ne puis, fuyez-moi...

ELECTRE

Qui ? moi , vous fuir ?

ORESTE

Tremblez !

226 CAUSERIES lIISTOniQUES

ÉLECJTRE.

Pourquoi ?

OR ES TE, troublé.

Je suis... Cessez... Gardez qu'on ne vous voie,

ELECTRE

Ah ! vous me remplissez de terreur et de joie.

ORESTE

Si vous aimez un frère...

Oui, je l'aime, oui, je crois Voir les traits de mon père, entendre encor sa voix ; La nature nous parle et perce ce mystère ; Ne lui résistez pas : oui, vous êtes mon frère. Vous l'êtes ! je vous vois, je vous embrasse. — Ilôlas ! Cher Oreste ! et ta sœur a voulu ton trépas.

Je ne veux affaiblir celte citation par aucune remarque, et je traduis sur-le-champ la scène correspondante dans Sophocle.

Oreste arrive suivi d'un serviteur qui apporte l'urne funèbre ; il aperçoit à la porte du palais le chœur des femmes esclaves, parmi lesquelles Electre est confondue. Celle-ci ne doute point de la mort d'Oreste, mais elle en attend la preuve ; l'étranger s'adresse aux esclaves. — C'est rOreste antique, farouche et implaca-

ET LITTÉ-llAIHES 227

ble, celui qui doit frapper sa mère ; Oreste le vengeur 1 Vous le reconnaîtrez dès les premiers mots.

ORESTE

Femmes, dites-moi, nous a-t-on donné des indications exactes? Je cherche la demeure d'Égisthe.

LE CHOEUR

C'est bien ici, ou ne fa pas trompé.

ORESTE

Qui de vous pourrait annoncer dans ce palais notre arrivée que l'on désire?

LE CHOEUR, montrant Electre.

Celle-ci, dans le cas où le message devrait être porté par quelqu'un de la famille.

ORESTE, regardant Electre,

Entre donc, femme, et dis que des étrangers arrivent de la Phocide pour parler à Égisthe.

ELECTRE, saisie.

Dieux puissants 1 venez-vous confirmer la triste nouvelle?

ORESTE

Je ne sais de quoi tu veux parler; le vieillard Strophius m'envoie porter des nouvelles d'Oreste.

ÉLBCTRE.

Qu*y a-t-il, étranger?... La frayeur me glace.

ORESTE

Cette urne renferme ses restes.

ELECTRE

Ah !... il est donc vrai? — J'ai mon malheur devant les yeux?

ORESTE

Si tu pleures Oreste , — il est là.

ELECTRE

Au nom des dieux 1 étranger, laisse mes mains toucher cette urne...

ORESTE, à celui qui porte Ciirne,

Approche, fais ce qu'elle demande.

ELECTRE, tenant Curne,

0 tombe du mortel que j'ai le plus aimé, uniques restes de mon frère, combien l'état où je te reçois est loin de mes espérances lorsque je t'éloignai de ces lieux. — Te voilà une vaine cendre, toi, enfant chéri que je fis partir plein de vie. Ahl que ne suis-je morte avant de t'avoir dérobé au trépas pour t'envoyer dans une terre étrangère 1 du moins, tu aurais été renfermé dans le tombeau de ton père, tandis qu'aujourd'hui, fugitif et exilé, tu as péri misérablement loin de ton pays et de ta sœur. Malheureuse que je suis 1 mes mains

ET LITTÉliAIllES 229

n'ont point répandu sur ton corps les eaux lustrales! Je n'ai point recueilli sur le bûcher ce triste fardeau de tes cendres ; des mains étrangères t'ont rendu ce devoir funèbre ! Infortuné ! ({nand tu reviens dans mes bras, tu n'es plus qu'un poids léger dans une urne légère. Ah! que sont devenus les soins que je prenais de ton enfance, ces soins journaliers qui me coûtaient de si douces peines. Car tu n'étais pas alors plus cher au cœur de ta mère que tu ne l'étais au mien. x\ussi je ne me reposais sur personne du soin de ta nourriture; c'était moi, ta sœur, qui te parlais toujours. Hélas! tout a disparu avec toi en un seul jour; ta mort, comme un funeste orage, m'a tout ravi ; mon père n'est plus, tu péris et je meurs... Reçois-moi dans ton dernier séjour; joins une ombre aune ombre; que nous puissions à jamais habiter ensemble. Tant que tu as vu la lumière, j'étais heureuse de la partager avec toi ; maintenant, je ne veux plus partager que ton sépulcre. Les morts, du moins, ne souflrent plus.

ORESTE, à pai't.

Ciel!... que dire?... Je ne puis plus retenir mes paroles... {Haut.) Quoi! c'est Electre que je vois! cette Electre si renommée?

ELECTRE

Elle-même, et dans un état bien misérable.

ORESTE

Cruelle destinée!

230 CAUSERIES HlSTOllIQrES

ELECTRE

Étranger, d'où vient que tu plaignes mon infortune?

OR ESTE, à lui-tnâme,

0 beauté! indignement et sacrilégement flétrie... Vie de stérilité et de misère...

ELECTRE

Pourquoi me regarder ainsi tristement?

OR ESTE

Je ne connaissais encore rien de mes malheurs.

ELECTRE

Comment les connais-tu mieux depuis que j'ai parlé?

ORESTE

Parce que je t'ai vue parée de tes souffrances... Mais n'as-tu donc personne qui te défende?...

ELECTRE

Tu m'apportes les cendres de mon unique défenseur...

ORESTE, avec explosion.

Electre! — Laisse cette urne.

ELECTRE

Au nom des dieux! ne me l'arrache pas...

ET LIÏTÉRAIRKS 231

ORES TE, à demi-voix.

Ce n'est point la cendre d'Orcste.

ELECTRE

Où se trouve donc alors sa sépulture?

OR ESTE

Il n'en a pas... car les vivants n'ont point de tombeau.

ELECTRE

Que dis-tu?... il est vivant?

ORESTE, tout bas.

Oui, je le suis...

ELECTRE, avec un cri.

0 douce lumière à jamais chérie I

ORESTE, la serrant dans ses bras.

Bien chérie, en effet.

ELECTRE

0 douce voix! es-tu enfin venue... Oreste... est-ce bien toi que j^embrasse?... 0 fils de mon père amié... je t'ai retrouvé, te voilà!

Je ne sais si je m'abuse, mais je suis bien autrement ému de cette simplicité pénétrante de Sophocle que de la turbulence furieuse de l'autour français. Il y a dans

tout ceci une grandeur que je cherche en vain dans Voltaire. Electre ne devine point que l'étranger est son frère ; ce n'est pas

La nature qui parle et perce ce mystère. •

C'est un cri d'Oreste, un aveu arraché à sa surprise et à son attendrissement.

Mais cet attendrissement sera de courte durée; le fils d'Agamemnon reprendra bientôt sa terrible mission, et vous le verrez entrer au palais sans hésitation. Electre, restée seule avec le chœur, écoute. On entend les cris de Clytemnestre, qui tombe frappée au nom d'Agamemnon, et le chœur s'écrie :

Les imprécations sont accomplies ; ceux qui étaient dans la tombe sont revenus à la lumière ; les morts ont versé à grands flots le sang des assassins.

Égisthe, qui n'a point encore paru, arrive à son tour; on lui a annoncé la mort d'Oreste; il s'avance vers le palais; un voile recouvre un cadavre, c'est sans doute celui du fils d'Agamemnon.

— Lève-le, dit le prétendu étranger.

Il récarte, reconnaît Clytemnestre, sa complice, et

ET LITT]:UAIRES 233

comprend qu'il est tombé aux mains de ses ennemis. Oreste le saisit et le conduit à la place môme où il a autrefois frappé le roi d'Argos, pour l'immoler aux mânes de son père.

Ce dénoûment, Voltaire en avait compris l'énergique hardiesse ; il eût voulu le transporter sur la scène française; il craignit que les cris de Clytemnestre égorgée ne fissent rire les jeunes gentilshommes qui, selon l'usage du temps, occupaient une partie de la scène. Ses craintes étaient d'autant plus fondées, que sa tragédie de Sémiramis avait failli tomber pour un motif du même genre. Au moment où le fantôme de Ninus avait voulu paraître, il n'avait pu se faire un chemin à travers les fauteuils des seigneurs qui encombraient la scène, et un garçon de théâtre avait crié :

— Messieurs, place à l'ombre !

Ce qui avait excité une tempête de rires dans la salle entière.

Voltaire avait songé à traiter le sujet d'une troisième pièce de Sophocle, VOEdipe à Colone, heureusement qu'il renonça à son projet.

Cette tragédie est, en effet, regardée par plusieurs admirateurs de l'antiquité comme celle où la voix du poëte grec a fait entendre l'accent le plus souverain.

23i CAUSERIES HISTORIQUES

L'ancien roi de Thèbes, chassé par ses fils ingrats, erre dans la Grèce ; il est conduit par sa fille Antigone, devenue, dans l'antiquité, la personnification de la piété filiale. Il arrive à Golone^ près d'Athènes, à l'entrée du bois consacré aux Euménides.

Un oracle qui lui a prédit sa mort prochaine a déclaré, en même temps, que le peuple qui posséderait son tombeau serait sûr de vaincre l'ennemi. Son fils I^olynice, qui combat pour obtenir la couronne de Thèbes, et son beau-frère, Créon, qui défend cette couronne, s'efforcent, en conséquence, de l'attirer près d'eux ; mais Œdipe repousse le premier en lui reprochant son ingratitude, et invoque, contre le second, qui veut l'emmener de force, le secours de Thésée, qui règne alors à Athènes. Il entre ensuite avec lui dans le bois des Euménides ; le tonnerre gronde, la foudre éclate et Thésée reparaît éperdu. Œdipe a cessé de vivre ; mais il a exigé le secret sur le lieu de sa sépulture, afin que ses dépouilles pussent rester enfouies dans le sol de l'Attique, comme un gage éternel de victoire.

Il règne dans toute cette dernière partie du drame grec un mystère émouvant et plein de terreur.

L'Œdipe à Colone a été imité par un poète français.

auquel il n*eut fallu peut-être qu'une époque pluB heureuse et plus d'ambition littéraire pour se faire accepter dans un meilleur rang. Sans doute il manqua beaucoup de choses à Ducis. Il y a dans ses plans une confusion et dans sa poésie une prolixité qui fatiguent. Ses emprunts au théâtre anglais ont le tort d'affadir les conceplons de Shaskspeare, en les francisant ; mais, au temps où Ducis écrivait, ces pâles imitations étaient des hardiesses. Par malheur pour le poëte, l'étude des langues, en popularisant chez nous les théâtres étrangers-, a trahi les infidélités de ses imitations ; on n'a plus tenu compte que des fautes, dont une part était à la charge cfe l'époque, et on a ri du bonhomme Ducis.

Bonhomme, en effet, et c'est là peut-être son plus grand tort devant notre littérature cavalière, qui atransporté dans la critique les allures de la régence et qui avouait dernièrement elle-même que ia vertu Vennuyait ! Comment aurait-elle laissé à sa place cette noble figure de Ducis, tout illuminée de naïfs enthousiasmes et de naïves admirations? Le moyen de n'avoir point les n^rfs agacés par la vue d'un homme qui, indifférent à la fortune comme à la gloire, continue à vivre dans sa mansarde, entre un portrait voilé, une horloge de sable et un crucifix.

236 CAUSEllIES ÏIISTOIIIQUES

Aussi a-t-il fallu le sacrifier. Le ricanement a fait justice du talent de ce vieux poëte des sentiments honnêtes ; Ducis est descendu au rang de Bouilly et de Berquin. Les gens qui se chargent de lire pour les autres ont déclaré qu'on ne le lisait plus, et un certain public, qui ne demande pas mieux que de se donner des loisirs, a accepté le jugement.

Eh bien , dût -on nous accuser de folle prévention, nous déclarons que VOEdipe de Ducis est, à nos yeux, l'imitation la moins imparfaite qui ait été donnée, dans notre langue, du théâtre grec. L'auteur n'avait point, sans doute, la science de l'antiquité, mais il en avait, parfois, l'instinct; il l'avait comprise par une certaine parenté d'âme avec les grands écrivains d'Athènes. Il y a dans son OEclipe plusieurs scènes qui rappellent Sophocle ; non pour la perfection (Ducis en a toujours été bien loin), mais pour le souffle intérieur. Là où manque l'art, il semble qu'il se rattrape par une plus grande dépense de cœur.

Je voudrais justifier ces éloges par quelques citations. Je prends naturellement la meilleure scène , celle où l'auteur français a suivi Sophocle de plus près ; c'est l'arrivée d'CEdipe, aveugle et mendiant, au bois sacré des Euménides.

Chassé par ses fils, il est conduit par Anligone.

ŒDIPE

Ma fille, arrêlons-nous; la fatigue et les ans Ont dérobé la force à mes pas languissants.

{S'asseyant surfin débris de rocher.)

Suis-jebien affermi? puis-je être ici tranquille?

ANTIGONE

Des rochers, des cyprès, peuplent seuls cet asile. — Mais votre cœur encor se rouvre à vos ennuis.

CEDiPE, d'un air sombre.

Je ne sortirai plus de la place où je suis.

ANTIGONE

0 ciell que ditesrvous?

ŒDIPE

Non, ma chère Antigone Je suis las de traîner l'horreur qui m'environne ; Je vais cesser de vivre.

ANTIGONE

Et tels sont les discours Dont vos cruels chagrins m'entretiennent toujours.

CEDIPE.

As-tu vu quelquefois le débris des naufrages, Rejeté par les flots, chassé par les rivages ?

ANTIGONE

Eh bien ?

ŒDIPE

Voilà mon sort.

ANTIGONE

Ainsi donc votre esprit S'abreuve avec plaisir du poison qui l'aigrit ?

ŒDIPE

Je suis OEdipe I

ANTIGONE

Hélas! faut-il qu'instruit par Cage, Votre Antigone en vain vous exhorte au courage ?

OEDIPE, à lui-même.

Avec quelle rigueur les ingrats m'ont chassé!

ANTIGONE, se pcnc liant vers lui.

Je suis auprès de vous, oubliez le passé.

OEDIPE, comme plus liaut.

Je les aimais !

ANTIGONE, tendrement.

Songez...

OEDIPE, s'' animant.

Je prévois leurs misères; L'orgueil aura bientôt divisé les deux frères. Je l'ai prédit.

ET LITÏÉRAIIIES 23;)

ANTIGONE

Perdez C3 f ital souvenir.

OEDlPJt'.

Le ciel no peut manquer, un jour, de les punir.

ANTIGONE

reut-ôlre...

(ŒDIPE

Oui, lu verras le fougueux Polynice De mon sort quelque jour envier le supplice.

ANTIGONE

Thésée ici bientôt va vous tendre les bras.

OE D I P E

Crois-tu qu'à mon aspect il ne frémira pas?

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