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CHAPITRE VI

Biographie d'Euripide. — État de la Grèce et particulièrement d'Athèr.es

— Aristocratie et démocratie; Périclès. — La révolution morale; les sophistes; Socrate et sa doctrine. — Rôle que joue Euripide dans celte croisade contre les vieilles idées. — Caractère de ses tragédies. — Les Troyennes ; ce qui distingue cette pièce. — Chant de captives, — Vlphigénie d'Euripide et celle de Racine. — La Phèdre des deux auteurs. — Alcesle; originalité delà Conception; oïdio de sensations tout nouveau.

— Du jugement de A. Schlegel sur Euripide.

Nous avons dit comment Euripide naquit à Salamine, où ses parents s'étaient réfugiés après l'abandon d'Athènes ; il vint au monde le jour du combat livré à l'embouchure de l'Euripe (combat qui précéda celui de Salamine), et il dut à cette circonstance son nom d'Euripide.

Sa naissance était vulgaire. Son père tenait un cabaret et sa mère vendait des herbes au marché. Mais l'humilité de ces professions n'entraînait point à

Athènes comme dans nos sociétés modernes, l'idée d'ignorance ou de grossièreté. La culture intellectuelle était commune à toutes les conditions de la classe libre. Les spectacles, les cours, les débats publics formaient le goût du peuple comme celui de l'aristocratie. Ce fut une marchande d'herbes qui, en entendant parler Théophraste, le reconnut pour un étranger.

— Comment vous en ètes-vous aperçue? demanda Théophraste.

— Parce que vous parlez trop correctement, répliqua la marchande.

Elle avait remarqué que les étrangers qui n'apprennent une langue que dans les livres, n'arrivaient jamais à la familiarité négligée, mais facile, des nationaux.

Les soins que le père et la mère d'Euripide donnèrent à leur fils prouvent, d'ailleurs , que ce n'étaient point des intelligences communes. Désireux de lui voir acquérir de la gloire, ils consultèrent l'oracle sur la direction qu'ils devaient donner à son éducation ; l'oracle répondit que le laurier sacré ombragerait plus d'une fois son front vainqueur.

Le père crut qu'il sagissait de victoires aux jeux olympiques et exerça son fils pour en faire un athlète.

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Ces luttes de. force et d'adresse avaient, dans la Grèce antique, un éclat dont nous ne pouvons nous faire aujourd'hui une juste idée. C'était dans ces éiercices que se formait la jeunesse qui devait défendre l'indépendance hellénique ; ils faisaient partie de l'éducation publique et avaient toute l'importance d'une institution nationale. Aussi les» triomphes des. jeux olympiques étaienVils recherchés par les rois eux-mêmes. I^enys, et plus, tard Philippe , les ambitionnèrent ; les plus grands poètes célébraient la gloire du vainqueur, comnose le prouvent les odes de Pindare, et les plus habiles sculpteurs leur élevaient des statues.

Euripide fut couronné aux jeux de Thésée et de Cem; mais ce n'était point le genre de triomphe vers lequel il se sentait appelé. Il ne tarda pas à abandonner la palestre pour la peinture. 11 ne fit que traverser, pour aLûS^i dire, ce dernier art, et il s'adonna bientôt à l'étude de réloquenee sous Pfodicus, de Chio. Enfin il étudia la philosophie sous Anaxagore et devint l'ami de Socrate, plus jeune que lui de quelques années.

Marié deux fois, il ne put trouver le bonheur domestique : aussi remarque-t-on dans ses pièces, une animosité amère contre les femmes. — Au fond, pour qui regarde bien, c'est moins de la haine que du dépit, et

Sophocle, son contemporain,' ne s'y trompa point.

— Dans ses tragédies, il déteste les femmes, disait-il ; mais, partout ailleurs, il les recherche et les aime beaucoup.

Vers la fm de sa vie, il fut attiré à la cour de Macédoine par le roi Archélaûs, qui empruntait à la Grèce ses arts et lui dérobait ses grands hommes ; car alors, comme maintenant, la barbarie, récemment initiée à l'intelligence, allait chercher dans les civilisations surabondantes les armes qui devaient l'aider plus tard à les asservir. Euripide, comblé d'honneurs, vécut dans la familiarité du roi macédonien, qui le pressait un jour de célébrer quelque action de son règne.

— Plaise aux dieux que ni moi ni aucun autre nous ne puissions y trouver un seul sujet de tragédie I répondit sagement Euripide.

Il mourut, dit-on, à l'âge de soixante-seize ans, déchiré par une meute de chiens qui l'assaillirent dans la campagne. Archélaûs lui fit faire de magnifiques funérailles. A la nouvelle de cette mort, Sophocle prit le deuil et voulut que ses acteurs parussent sur le théâtre sans couronne. Les Athéniens députèrent en Macédoine pour réclamer les restes du grand poète; mais Archélaûs les refusa. Il lui éleva, à ses frais, un

tombeau somptueux, qui fut plus tard renversé par la foudre. Athènes dressa également en son honneur un monument commémoratif au Pirée.

Timée a fait observer qu'Euripide mourut le jour môme où Denys l'ancien monta sur le trône. « La fortune, dit-il à cette occasion, fit disparaître le chantre des infortunes tragiques à l'instant môme où elle en introduisait l'auteur dans le monde. »

Il avait composé, les uns disent soLxante-et-douzc, les autres quatre-vingt-douze pièces; il ne fut couronné a:i concours que cinq fois !

Il ne faut point chercher la cause de ce moindre succès dans un talent inférieur à celui d'Eschyle ou de Sophocle, mais dans la nature de ce talent trop aventureux dans la forme, trop hardie dans le fond. Le génie lui-môme a besoin d'une certaine dose de médiocrité pour réussir d'abord ; cette médiocrité est son point d'attache avec la foule. Les hommes qui ne disent au monde que ce qu'il pensera demain sont dans la situation de Cassandre, condamnée à rendre des oracles toujours certains et toujours incompris.

Pour expliquer les causes qui purent nuire, non à la célébrité d'Euripide, mais à ses victoires officielles, il faut entrer dans certains développements historiques.

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La Grèce d'Eschyle, celle qu'avaient créée Marathon et Salamine, n'existait déjà plus. Les peuples vieillissent vite dans la gloire et dans la prospérité ; un demi-siècle avait tout changé en Grèce, les jours d'épreuve et de décadence étaient proches, bien que rien ne les annonçât encore.

Le voyageur aperçoit souvent, dans les belles vallées des Alpes, de riches pâturages couverts de troupeaux, de beaux chalets parsemés dans les anfractuosités comme des palais rustiques, de charmants villages bordés de verdure ; un ciel splendidc rit sur ce merveilleux tableau, les oiseaux gazouillent dans les feuilles, les cornes d'appel des pâtres se répondent, tout n'est que paix, abondance, harmonie et lumière I Mais là-bas, au-dessus, brille une nappe de glace suspendue au flanc de la montagne: c'est l'avalanche, qui, de loin en loin, craque sur sa base, et, un jour détachée, fera disparaître cet Éden. — Telle est l'image de la Grèce. Chez elle, le soleil brille , Athènes taille ses palais de marbre, les Muses continuent à chanter, tandis qu'au-dessus se forme rapidement l'avalanche qui doit tout engloutir?

Nous l'avons dit en commençant : les grands écrivains sont l'expression la plus haute des époques aux-

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quelles ils apparaissent. Pour les comprendre, il faut donc connaître d'abord l'époque elle-même.

Nous avons rappelé l'immense effort de la Grèce pour repousser l'invasion asiatique, nous avons montré Eschyle élevant les trophées de la victoire, Sophocle profltant du glorieux repos qui suivit celle-ci pour donner à ses œuvres la perfection magistrale que nous avons constatée ; mais, pendant qu'il modelait, avec le calme du génie, les figures de la vieille chronique nationale, le ciel de la Grèce se troublait, une nouvelle génération allait voir de nouvelles épreuves : c'était la génération d'Euripide.

Après avoir contribué plus qu'aucun autre peuple à repousser les barbares de la Grèce, les Athéniens n'avaient point regardé leur tâche comme achevée. Ils se mirent à la tète des alliés, battirent les Perses à Mycale, leur prirent deux cents navires, débarquèrent leurs troupes et remportèrent sur terre une seconde victoire ; c*était Salamine et Platée réunies dans un seul jour. Ils ne s'arrêtèrent point là. Les colonies de l'Asie Mineure appartenaient à la race ionique et souffraient depuis longtemps de la domination des Perses ; les Athéniens entreprirent leur délivrance ! — Partout où ils rencontrent l'ennemi, ils le mettent en fuite; enfln ils

l'obligent à demander la paix! — ?^^ous avons vu le grand roi Xerxès réclamer la terre et l'eau à ce petit peuple; ce petit peuple, après avoir fait périr six millions d'Asiatiques , épuisé la Perse , délivré l'ionie , dicte des conditions. Les voici :

Premièrement, les colonies grecques de l'Asie Mineure resteront libres.

Secondement, aucune troupe perse ne s'en approchera à moins de trois heures de marche.

Troisièmement, aucun navire perse ne paraîtra sur les mers de la Grèce.

Vous le voyez, c'étaient eux qui interdisaient la terre et l'eau au grand roi I

Tant de succès avaient fait d'Athènes le centre de tout le mouvement grec, de tout le commerce, de toute l'intelUgence. Les villes qui recherchaient son alliance pour leur propre sûreté lui avaient d'abord fourni des navires et des soldats ; elle se rachetèrent plus tard de ce service en payant une somme d'argent. Athènes tenait ainsi la caisse militaire de la Grèce ; elle avait sa défense à e/z/rcj^rf^e/ Par suite, sa marine et toutes ses industries prirent une extension jusqu'alors ininconnue.

Les arts suivirent l'élan général.

Longtemps la scolplure avait conservé une parlic-de la roicleur égyptienne. L'art éginète (ainsi nommé de récol(î d'Égine) manquait de souplesse et d'expression; Phidias lui donna la vie.

La Minerve Poliade s'éleva dans l'Acropolis, statue si colossale, que, du cap Sunium, les navigateurs apercevaient l'aigrette de son casque.

On plaça à Delphes treize statues en souvenir de Marathon; elles représentaient Apollon, Minerve, Miltiade et les dix tribus athéniennes.

Les dépouilles des Perses avaient été employées à solder ces œuvres patriotiques.

Bientôt s'éleva le Parthénon, où l'on plaça la statue d'or et d'ivoire de Pallas, traînée par quatre coursiers au galop, qui exprimaient la rapidité de la pensée; — la déesse avait trente-six pieds de hauteur.

On construisait en môme temps l'Odéon pour les concours de musique, et les Propylées, portiques destinés aux promenades.

Mais ce grand développement de richesse était luimême un danger. Les villes alliées le voyaient avec jalousie. Tant qu'elles avaient eu besoin d'Athènes pour les protéger, elles s'étaient montrées pleines d'enthousiasme; dès que le péril eut disparu, elles commencé-

rent à se plaindre. cVvec l'heure de la sécurité était venue celle de l'ingratitude; Athènes n'était plus pour elles qu'un créancier qui réclamait le prix de services déjà oubliés.

Sparte et Thèbes favorisaient sourdement cette malveillance.

Thèbes la béotienne était la moins grecque de toutes les républiques helléniques. Bornée et grossière, el'e ne voyait, d'ailleurs, que son intérêt immédiat. Lors de l'invasion médique, elle avait été d'avis de se soumettre et n'avait rien fait pour la défense commune ; de là son indifférence pour le dévouement héroïque des Athéniens.

Sparte comprenait mieux ; mais l'orgueil et l'ambition la rongeaient. Ce couvent de moines guerriers qui vivaient de brouet noir, n'avait qu'une joie : dominer! Après la destruction des Perses, ils avaient voulu empêcher Athènes de relever ses murailles; l'adresse de Thémistocle déjoua leurs mauvaises intentions. Depuis, un tremblement de terre et deux révoltes de leurs esclaves, les ilotes, les avaient cruellement éprouvés; il.) n'avaient pu laisser éclater leur haine contre les Athéniens ; mais cette haine grandissait dans l'ombre. Patients, silencieux, implacables, les Spartiates lais-

saicnt le temps travailler pour eux ; ils excitaient sourdement l'animosité des villes alliées et préparaient la guerre du Péloponèse.

Ils y étaient aidés par Athènes elle-même, où deux partis s'étaient formés.

L'un, composé de tous ceux qui avaient les richesses, les places, le crédit, l'emportait par la sagesse, mais tendait au repos, s'effrayait de tout acte énergique et penchait pour toutes les concessions qui pouvaient assurer la paix avec Sparte.

L'autre, formé de la foule pauvre et aspirante, avait recruté toutes les ambitions qui cherchaient une place, toutes les turbulences inoccupées. ~ Il était inférieur en prudence, en lumières; mais il avait pour lui la hardiesse et le sentiment, juste au fond, que toute paix avec Sparte était impossible.

Une circonstance particulière assura la victoire de ce dernier parti ; Périclès s'en déclara le chef. C'était un homme de vaste intelligence, de sévère probité, de mœurs pleines de douceur, et qui, en rendant le dernier soupir, prononça ces paroles, les plus belles qui puissent être gravées sur la tombe d'un chef de nation : Je meurs sans avoir fait prendre le deuil à un seul citoyen !

Cependant, quels que fussent les talents de Périclès, il ne devait servir qu'à préparer à Athènes une ruine splendide.

Cette ruine, elle put la retarder quelque temps par des prodiges d'activité et de courage ; mais la Grèce 'entière s'était conjurée pour sa perte, et, alors que la lutte se prolonge, tôt ou tard le nombre l'emporte. Quand on ne vit qu'à condition de perpétuels miracles de bonheur et de génie, il vient toujours un moment où le hasard vous trahit et où la force brutale reprend son avantage. — Qui le sait mieux que nous autres, vaincus de 1815, qui avons vu les efforts de l'Empire aboutir à Waterloo !

Un Français, un de ces vieux soldats qui avaient combattu quinze ans contre l'Europe entière coalisée, sans avoir jamais compté les ennemis, était tombé sur la colline, couvert de blessures. Un chirurgien s'approcha et essaya de le ranimer en lui donnant les premiers secours. Dès qu'il rouvrit les yeux, il demanda comment allait la bataille.

— Mal, répondit le chirurgien.

— C'est impossible, interrompit le soldat ; la vieille garde a donné ! On n'a jamais tenu devant la vieille garde 1

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Et, so redressant par un ciTort suprùiUL', il regarda dans la plaine... mais, aussi loin que son œil ranimé put voir , il n'aperçut que les bataillons ennemis toujours plus pressés... en avant, à droite, à gauche... ils se déroulaient partout! L'éclair qui brillait dans son regard s'éteignit ; il étendit les mains en murmurant : — Trop!... ils sont trop !

Et il retomba pour mourir.

C'était le cri de la France elle-même jeté par une bouche héroïque, l'aveu désespéré du courage vaincu par le nombre I Athènes y fut également réduite ; pour elle aussi : ils étaient trop! elle succomba, et les Spartiates, victorieux, établirent dans ses murs trente tyrans.

Chose douloureuse à dire I ils furent acceptés par le plus grand nombre comme un moyen terrible mais décisif de terminer la guerre. Les Perses, en fuyant, avaient laissé à Athènes un vengeur : c'était le luxeî II fallait désormais aux Athéniens la pourpre de Sidon et les tissus de Sardes ; ils n'étaient plus capables d'abandonner leur ville, de vivre sur des vaisseaux, de trouver à ce pain d'orge de Salamine la saveur que lui donnait autrefois le patriotisme. Le goût des plaisirs et de l'éclat avait absorbé tout le reste; les Athéniens

avaient, pour ainsi dire, changé leur pôle ; ils ne se tournaient plus vers le devoir, mais vers la jouissance.

Puis il était arrivé ce qui arrive toujours pendant ces grandes prospérités. Le repos et l'opulence avaient créé la méditation inquiète. L'homme ou les peuples qui travaillent pour le pain du jour acceptent ce qui est sans avoir le loisir de le discuter; mais, assurés de ce pain, ils regardent, ils s'interrogent; le repos du corps favorise la fièvre de l'esprit. Ainsi l'âme d'Athènes s'était troublée; toutes les idées qui avaient gouverné l'ancienne Grèce avaient été remises en question. La religion surtout, cette ancre sur laquelle s'appuient les sociétés et sans laquelle tout flotte et se disperse, la religion était de plus en plus viciée. Le travail que nous avons vu commencer par les premiers poètes et les premiers philosophes, se continuait hardiment. Il ne s'agissait déjà plus d'une sorte de compromis avec l'Olympe populaire en y introduisant de nouveaux dieux; toute la théogonie antique était attaquée ; on enseignait dans les écoles une nouvelle divinité et de nouvelles lois morales.

Cette révolution, commencée par Anaxagore et poursuivie sans doute par beaucoup d'autres dont les noms

ne nous sont point parvenus, est surtout restée, dans nos ifloos modernes, l'ouvrage d'un seul homme, de Socrate ! Le pathétique de sa mort, les œuvres de ses disciples Xénophon et Platon, en ont fait l'Hercule de cotte grande crise morale qui travailla alors la société athénienne. Voyons donc ce qu'il a fait. Après avoir rapidement indiqué les changements politiques accomplis à Athènes et la défaite qui termina sa guerre contre Sparte, parlons des changements accomplis dans les croyances et de ce qui devait s'ensuivre. Cette histoire de la civilisation, que nous cherchons dans les grands monuments littéraires, ne se compose pas seulement de révolutions dans les faits, mais de révolutions dans les idées.

Socrate était fils d'une sage-femme et d'un sculpteur nommé Sophronisque. Il fut d'abord sculpteur luimême. Criton, riche Athénien, l'engagea à se livrer à l'étude de la philosophie. Il prit connaissance du système d'Anaxagore et probablement de ceux de Thaïes, de Pythagore , de Xénophane; mais ces philosophes s'étaient surtout appliqués à l'étude des causes; ils avaient principalement regardé Dieu et la création! Les préoccupations de Socrate furent différentes.

Lorsqu'il était entré dans le temple de Delphes, il

avait été frappé de rinscription tracée sur le voile du sanctuaire :

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