PYLADE
Nous venons lui porter des nouvelles heureuses.
ÉLEcnuB.
Elles sont donc pour nous inhumaines ^ aCGreuses?
ipmsE, voyant Vume.
Quelle est cette urne? (elle lit ^inscription)
Hélas ! 6 surprise ! ô douleur!
PTLA9E.
Oreste.
ELECTRE
Oreste! ah! dieux! il est mort! je me meurs.
ORESTE d Pylade.
Qu'avons-nous fait, ami, peut-on les méconnaître ; A l'excès des douleurs que nous voyons paraître» Tout mon sang se soulève ! ah ! princesse, ah ! vivez !
ELECTRE
Moi, vivre?.. Oreste est mort! barbares^ achevez.
ipmsE.
Hélas ! d'Âgamemnon vous voyez ce qui reste. Ses deux filles, les sœurs du malheureux Oreste.
ORESTE
Electre! Iphise ! où suis-je? impitoyables dieux M
( A celui qui porte Vurne, )
Otez ce monument ; éloignez de leurs yeux Cette urne dont l'aspect...
ELECTRE, revenant à elle et courant vers Vurne.
Cruell qu'osez-vous dire?
Ah ! ne m'en privez pas ; et devant que j'expire, Laissez, laissez toucher d mes tremblantes mains
' Ici Oreste semble sorpris de reconnaitre ses deux sonirt, et six yen ayant il a dit qu'il ne poayait les méeonnaitre.
Ces restes édttppéft d del di6a MtMMMf. Donnez ( elle prend Vwme et Fembreiêse. )
Que fitttes-TOittt Gesseï*
FTLADB.
Dut recevoir de nous ce momummU ri Imfe.
Qu'entends-je? ô nonveanx crimes! ô dé$a$tres plus
gnrands!
Les cendres de mon frère aux mains de mes tyrans. Des meurtriers d'Oreste, ô ciel, suis-je entourée?
ORBSTE.
De ce reproche affreux mon âme déchirée Ne peut plus....
ELECTRE
Et c'est vous qui partagez mes pleurs?
Au nom du dis des rois, au nom des dieux vengeurs, S'il n'est pas mort par vous, si vos mains généreuses Ont daigné recueillir ses cendres malheureuses..*
ORBSTE.
Ah ! dieux !
ELECTRE
Si vous plaignez son trépas et ma mon, Répondez-moi : comment avez-vous su son sort ? Étiez-vous son ami ? Dites-moi qui vous êtes ?
Vous surtout, dont les traits... Vos bouches sont muet- Quand vous m'assasêinez vous êtes attendris ? [ tes,
ORBSTE.
C'en est trop et les dieux sont trop bien obéis.
ELECTRE
Que dites-vous ?
ORESTE
Laissez ces dépouilles horriblei.
ELECTRE
Tous les cœurs aujourd'hui seront-ils inflexibles ? — Non, fatal étranger ^ je ne rendrai jamais Ces présents douloureux que ta pitié m'a bits ; C'est Oreste, c'est lui. . . vois sa sœur expirante L'embrasser en mourant de sa main défaillante.
Oreste va enfin se trahir et avouer à Electre son subterfuge, quand l'arrivée d'Egisthe et de Clytemnestre lui coupe la parole. Sa sœur, persuadée qu'il est l'assassin de celui dont il apporte les cendres se décide, sans plus d'informations, à le poignarder ! Elle saisit le moment où il se trouve seul :
ELECTRE , au fond du thédtre.
Qui m'arrête ? et d'où vient que je crains de frapper! Avançons.
ORBffns, «AN* la voir et rtf&ritmt ven h tmi^bmm
Qadle yofaLlci i^eat bit entendre?
Père, époux maDieoKox, dière et terriUe cendre». Esfpce toi qui gémis, cmibre d'Agimemnon?
tUBCTBB , à pari.
Juste ciel ! est-ce àlni de prononcer ce nom?
OURS, iOHt la voir.
0 malheureuse tSIectre !
tUBCTBB, à pari.
D me nomme» il soupire !
Les remords m ces lietio: ont-ils donc quelque empire ? — Qu'importe des remords à mon juste courroux.
(Elk s'avance vers Oreste.)
Frappons... — Meurs malheureux !
ORESTE, lui saisissani le bras.
Justes dieux ! est-ce vous.
Chère Electre ?
ELECTRE
Qu'entends-je?
ORESTE
Hélas ! qu'alliez- vous foire?
ELECTRE
J'allais verser ton sang, j'allais venger mon frère.
ORESTE, la regardant avec nUiendrisiement. Le venger !.. et sur qui ?
ELECTRE, émtte.
SoD aspect, ses accents.
Ont fait trembler mon bras, ont fait frémir mes sens. Quoi ! c'est vous dont je suis l'esclave malheureuse?
ORESTE
C'est moi qui suis à vous.
ELECTRE
0 vengeance trompeuse ! [gé?
D'où vient qu'en vous parlant tout mon cœur est chan-
ORESTE
Sceurd'Oreste...
ELECTRE
Achevez.
ORESTE
OÙ me suis-je engagé!...
ELECTRE
Ah ! ne me trompez plus, parlez, il faut m'apprendre L'excès du crime affreux qne y M^s entreprendre. Par pitié, répondez, éclairez-moi, parlez.
ORESTE
Je ne puis, fîiyez-moi...
ELECTRE
Qui? moi VOUS fuir!
OKESTK.
Tremblez !
ELECTRE
Pourquoi?
ORBtn, irmMi»
Je suis... ce88ei...gvdei<in'oBM¥oai¥iiiet
iLBCTlB.
Ah! vous me remplissez de terreur et de Joie.
Si vous aimez un frère....
ÉLicnuE.
Oui, je Fiime» oiri, Jecrob Voiries traits de mon père, «tendre enoor sa vois ; La nature nous parle et perce ce mystère ; Ne lui résistez pas: oui tous êtes mon frère. Vous l'êtes ! je vous vois, je vous embrasse. — Hélas! Cher Oreste! et ta sœur a voulu ton trépas.
Je ne veux aCTaiblir cette citation par aucune remarque et je traduis sur-le-champ la scène correspondante dans Sophocle.
Oreste arrive suivi d un serviteur qui apporte Turne funèbre ; il aperçoit à la porte du palais le chœur des femmes esclaves, parmi lesquelles Electre est confondue. Celle-ci ne doute point de la mort d^Oreste , mais elle en attend
la preuve; l'étranger s'adresse aux esclaves. — C'est rOreste antique, farouche et implacable ; celui qui doit frapper sa mère ; Oreste le vengeur ! Vous le reconnaîtrez dès les premiers mots :
0RB8TE.
Femmes , dites-moi , nous a-l-on donné des indications exactes? Je cherche la demeure d'Égisthe.
LB CHOEUR
C'est bien ici, on ne t'a pas trompé.
ORESTE
Qui de VOUS pourrait annoncer dans ce palais notre arrivée que l'on désire.
LE CHŒUR, montrant Eketre.
Celle-ci, dans le cas où le message devrait être porté par quelqu'un de la famille.
ORESTE, regardant Electre.
Entre donc, femme, et dis que des étrangers arrivent de la Phocide pour parler à Égisthe.
ELECTRE , saisie*
Dieux puissants ! venez-vous confirmer la triste nouvelle?
ORESTE
Je ne sais de quoi tu veux parier; le vieillard Strophius m'envoie porter des nouvelles d'Oreste.
Qu'y a-t-il, étranger?... It frayeor me glace.
Cette urne reniinnne ses restes.
tiMCTBE.
Ah!... il est donc vrai? — J'ai mon malheur devant les yeux?
ORESTE
Si tu pleures Oreste ; — il est là.
ELECTRE
Au nom des dieux! étranger, laisse mes mains toucher cette urne....
ORESTE 9 d celui qui parte Vume.
Approche, fais ce qu'elle demande.
ELECTRE, tenant Vume.
0 tombe du mortel que j'ai le plus aimé , uniques restes de mon frère, combien l'état où je te reçois est loin de mes espérances lorsque je t'éloignai de ces lieux. — Te voilà une vaine cendre, toi, enfant chéri que je fis partir plein de vie. Ah ! que ne suis-je morte avant de t'avoir dérobé au trépas pour t'envoyer dans une terre étrangère! du moins tu aurais été renfermé dans le tombeau de ton père, tandis qu'atgourd'hui, fugitif et exilé, tu as péri misérablement loin de ton pays et de ta sceur. Malheureuse que je suis! mes mains n'ont point répandu sur ton corps les eaux lus-
traies! Je n'ai point recueilli sur le bûcher ce triste £aurdeau de tes cendres; des mains étrangères t'ont rendu ce devoir funèbre! Infortuné! quand tu reviens dans mes bras, tu n'es plus qu'un poids léger dans une urne légère. Ah! que sont devenus les soins que je prenais de ton enfance, ces soins journaliers qui me coûtaient de si douces peines. Car tu n'étais pas alors plus cher au cœur de ta mère que tu ne l'étais au mien. Aussi je ne me reposais sur personne du soin de ta nourriture; c'était moi, ta sœur, qui te parlais toujours. Hélas ! tout a disparu avec toi en un seul jour ; ta mort, comme un funeste orage, m'a tout ravi ; mon père n'est plus, tu péris et je meurs... Reçoismoi dans ton dernier séjour; joins une ombre à une ombre ; que nous puissions à jamais habiter ensemble . Tant que tu as vu la lumière, j'étais heureuse de la partager avec toi ; maintenant je ne veux plus partager que ton sépulcre. Les morts, du moins, ne souffrent plus.
ORESTE, d part.
Ciel!... que dire?... je ne puis plus retenir mes paroles... (haut) Quoi! c'est Electre que je vois! cette Electre si renommée?
ELECTRE
Elle-même et dans un état bien misérable.
ORESTE
Cruelle destinée !
ELECTRE
Ëiranger, d'où vient que tu plaignes mon infoilune?
ORESTEy à lui-même.
0 beauté! indignement et sacrilégement flétrie.... Vie de stérilité et de ndsère....
Pourquoi me regarder ainsi tristement?
Je ne connaissais encore rien de mes malliears.
tLBcm.
CkHnment les connais-tn miens depuis que j*ai parié?