PHI6ÉN1B
0 ma mère, ne me gronde pas, je cours me jeter sur le cœur de mon père.
CLYTEMMESTRE.
0 toi que je révère entre tous, Agamemoon, 6 mon roi ! nous voici rendues à tes ordres.
IPHIGÉNIE
Ëi moi j'accours, ô mon père ! api*ès une si longue absence, j'ai besoin de te serrer dans mes bras... — Tu ne t'en âcheras point?
AGABfEMNON.
iNon, satisfais ta tendresse, ma fille ; tu as toiyoui*s aime ton père plus que tous les autres enfants auxquels j'ai donné le jour.
IPHIGÉNIE
Que lu as bien fait, mon père, de m'appeler auprès de toi !
AGAMEMNON
Je ne sais, ma fille, si je dois m'en féliciter.
IPHIGÉNIE
Quels regards inquiets tu me jettes !
AGAMEMNON
lin roi, un chef d'armée a bien des souris.
IPHIGÉNIE
Sois à moi en ce moment et laisse-là les soucis.
AGAMEMNON
Je suis à toi toiH entier; je ne songe point à aufn» chose.
IPHIGÉlflE.
É€laîrc»8 aloi's ce front soucieux.
AGAHEMNON.
Oui... je me réjouis, ma fille, je me livre au plaisir de te revoir.
IPHIGÉNIE
Et cependant des larmes s'échappent de tes yeux!
AGAMEMIfON.
Ah ! plus tes paroles sont sages, plus elles me dérhirenl.
IPHIGÉNIE
Eh bien! j'en dirai de folles si je puis t'égayer ainsi.
AGAMEMNON , à part.
Ah ! dieux ! je ne puis me taire ; ( haut) c'est bien, ma fille.
IPHIGÉNIE
Périssent les combats et les maux dont Ménélas est l'auteur !
AGAMEMNON
Ils en feront périr bien d'autres et moi-même!
IPHIGÉNIE
Hâte-toi, mon père, de revenir victorieux de b Phrygie.
AGAMEWiON.
Je dois d'abord accomplir ici un sacrifice.
IPHIGÉNIE
C'est avec les preuves que tu dois régler cette cérémonie sacrée.
▲GAMEMlfON.
Tu le sauras» tu y assisteras près du vase qui contient Teau lustrale.
IPHlGIÉailB.
Formerons-nous des chœurs de danse autour de l'autel?
AGAMEMNON
Heureuse ignorance, que je le porte envie ! — Rentre, ma fille ; montre-toi à tes compagnes. Donne-moi ta main, donne-moi un baiser, bien amer, puisque tu dois rester si longtemps éloignée de ton père. (^4 part) — Quoi! ces mains, ce sein, ces joues, ces cheveux blonds! tout cela livré à la mort! — Ah ! ville des Phi7giens, ah! Hélène! combien vous nous êtes funestes!
Enfin , il faut en venir à faire connaitre le sort destiné à Iphigénie. À cette nouvelle Glytemnestre éclate en reproches, en menaces, en injures contre Agamemnon. — Iphigénie I arrête ; elle s'approche de son père et lui parle à son tour :
IPHIGÉNIE*
0 mon père ! si j'avais Téloquence d'Orphée et le pouvoir de forcer par mes enchantements les rochers à me suivre , si je savais attendrir les cœurs par mes paroles, j'aurais recours à ce moyen ; mais je ferai parler ma seule éloquence, mes larmes! c'est tout ce que je puis. En gage de suppliante, je mets à tes pieds ma personne, que celle-ci t'a enfantée ; ne me fais pas mourir avant le temps, car il est doux de voir la lumière ; — ne me force pas à visiter la région souter-