Causeries limousines
de cette publication if appartient ; ton me Va conseillée; je crains bien qu'il ma part quelque imprudence, sinon 'e, à f écouter. J'ai cependant souscrit bar condescendance pour un vœu qui le me toucher, venant de toi ; dans ? agréable à quelques amis, et dans
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la pensée de léguer aux miens un souvenir de famille, comme une sorte de portrait moral, où mes petits-enfants pourront me chercher et me revoir, si le Dispensateur des noirs soucis et des heures clémentes consent à leur en laisser le loisir.
J'ai cédé aussi au besoin qui nous prend, à un certain âge, de nous ressaisir nous-même et de nous retenir, la vie manquant sous nos pas, aux k^anches du passé.
A mesure qt^on s'éloigne de la jeunesse et que se dessinent à nos yeux, en un relief de plus en plus redoutable, les mystérieux contours des sombres rivages, on éprouve je ne sais quel plaisir mélancolique à remuer les cendres des foyers éteints, à tisonner, à reparcourir, comme en un rêve, les sentiers autrefois suivis, à évoquer, chemin faisant, les paysages, les scènes et les figures qui frappèrent notre attention, à se rattacher à la vie par la chaîne des idées, des impressions et des sentiments dont elle se compose. Il semble qvion se procure ainsi V innocente et douce illusion de recommencer une existence qui touche à sa fin.
U autre part, si notre voix a trouvé jadis, çà et là, un écho, n'est-il pas permis d'espérer qu'elle continuera d'être écoutée un jour ou l'autre, et suscitera peut-être, dans le petit espace oii elle s'est fait entendre, des voix nouvelles, des confraternités et des sympathies profitables aux Lettres ?
Je ne saurais oublier que je dois à ces muses immortelles quelques-unes de mes meilleures jouissan*
A MON FILS RENE Vil
ces. On a dit d* elles qu'elles font le charme de la vie» Cela est vrai, surtout en province. Il n'est pas nécessaire de s'y consacrer exclusivement pour les aimer et en tirer, dans la mesure du possible^ les biens qu'elles renferment; je ne les ai cultivées qu'à mes moments perdus, durant les heures propices que me laissaient mes occupations professionnelles; le métier, qui est pour chacun de nous V instrument de travail indispensable, loin d'en souffrir^ g^g^^, ce me semble^ au contact de leur flamme pure et ennohlissante, je ne sais quelle aisance favorable j quelle clarté morale.
Chateaubriand, qui me fit l'honneur de m* écrire en i8jp, au sujet d'un envoi de méchants vers, disait en un passage de sa lettre : — « Je me suis fait un devoir de ne point encourager les jeunes gens à se livrer aux muses, à moins qu'ils ne soient indépendants par la fortune et que le talent, quand
t ils en ont, soit l'ornement et non le soutien de leur
\ vie, »
i Ce qu'il disait des vers s'applique aux lettres. Il
i ne faut pas songer, dans nos petites villes et nos
campagnes^ sauf de rares exceptions, à vivre de leur seul commerce , Tout le monde ^ du moins, peut y trouver des distractions élevées et aimables, L horizon provincial, quelque rétréci qu'il soit, s'accroît singulièrement en leur compagnie, entre par elles en communication avec les parties supérieures de l'humanité.
Les plus heureux ne sont pas ceux qui composent
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des livres, La renommée qu'ils peuvent acquérir, la gloire qui est là récompense suprême du petit nombre des élus contient plus d'amertume qu'on ne croit. Les lecteurs y qui aiment T éloquence , la poésie^ l'atticisme et la sagesse, les leçons du Lycée et d^Auteuil, du Portigue et de la Sorbonne, les beaux livres, les grands ouvrages de l'esprit, et qui se plaisent à en propager autour d'eux la bienfaisante influence, goûtent des jouissances sans mélange.
Je n'ai été qu'un amateur respectueux des œuvres de l'intelligence, un spectateur curieux des choses et des hommes de mon temps. Si je ramasse aujourd'hui quelques-unes des feuilles tombées sur ma route, ce n'est pas pour en tirer vanité, A quoi donc servirait la fréquentation des auteurs, s'ils ne nous apprenaient à porter sur nous-même un jugement modeste ! Ceux qui me connaissent me rendront cette justice que j'ai recherché dans l'étude des lettres la lumière et la paix intérieure qu'elles procurent, de préférence au faible bruit qui s'attache à nos productions éphémères.
Ce que j' ai désiré y c'est de contribuer pour ma part, quelque minime qu'elle fût, à maintenir dans notre pays corrézien'les traditions littéraires qui, depuis longues années, s'y sont établies, grâce au zèle d'un groupe d'hommes distingués dont les rangs, toujours restés ouverts, se sont heureusement renouvelés depuis le commencement du siècle. Je ne puis parler que des morts, mais je citerai, parmi eux, Anne Vialle, un érudit caustique, le Désaugiers
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