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La première figure qui se prés< dans la galerie des bâtards de roi de Seilhac a entrepris de racont celle du maréchal général des ar Maurice, comte de Saxe.
C'est une physionomie à part c XVlll® siècle, empreinte d'une rare plus étrange originalité, moitié ail française, qui résume à souhait 1< défauts de la dure race saxonne lante société de Louis XV. Elle groupe d'hommes de guerre, de \ poètes qui jetèrent un vif éclat moments de la monarchie. Peu d( rencontrent dans nos annales, qui loin la gloire dans la fortune des dans les scandales de la vie priv au burin de l'histoire
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son parent, ancien lieutenant général et gouverneur des Invalides, ami et compagnon d'armes de maurice de Saxe.
C'est au moyen de ces éléments divers, en les coordonnant avec soin, et surtout en s'inspirant du véritable esprit de son héros, du milieu dans lequel il vivait, que M. le comte de Seilhac a composé sur le maréchal de Saxe une curieuse monographie. Il a fourni dans cet ouvrage de son savoir étendu et varié, de sa judicieuse sagacité, de son talent d'analyse une preuve décisive. Le cadre est bien tracé; des détails choisis donnent du pittoresque au récit sans en ralentir la marche. Les événements s'enchaînent sans confusion ; l'intérêt grandit avec le personnage lui-même, et, ce qui est une preuve de goût, l'écrivain, au lieu de s'arrêter aux faits qui ont popularisé Maurice en France, se borne à les reproduire d'un trait rapide, dans une peinture nette et raccourcie, mettant en un suffisant relief les qualités de sagesse, de prévoyance et de force avec lesquelles l'esprit supérieur de son héros ordonnait et exécutait toutes choses.
Les débuts du maréchal de Saxe, ses premières années, ont été dans le livre de M. de Seilhac l'obiet d'une étude attentive.
ifant vigoureux, intrépide, d'uite rare ractère, insatiable d'activité et de ::upé déjà, hanté par les visions de lomination qui assiègent les âmes ►n pouvait aisément tirer son horos-
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à Stralsund et d'apprendre Tart de la école.
C'est à cette époque — il avait seize place un malheureux épisode de sa vie avec la fille d'un grand seigneur, la Loeben, dont les immenses richesses voitées par tous les princes en dis royaume de Saxe. La comtesse se nomi Victoria, — Allons, c'en est fait, di la Victoire ! — Il épousa la victoire aux dépens de Victoria dont il dissi et qu'il abandonna peu de temps après emportée était peu faite pour se pli< mariage et en observer les devoirs. E comtesse de Loeben avait des habitud tion dont son nouvel état ne put l'ai donna plus que jamais carrière à ses chroniqueurs du Nord se sont montré pour cette jeune femme et sont allés j ser d'avoir médité l'empoisonnement < d'Aurore de Kœnigsmarck. Rien de que cette accusation. Mais Mauric divorce; sa mère secondait ses vue même avait cédé aux instances d'Aui fils. Il est probable que, dans un e pour plaire à leurs maîtres, quelques ( scrupuleux mirent en circulation cett calomnie. Quoi qu'il en soit, Je mari* et le comte de Saxe, libre de tout lien en France avec le brevet de maréchal
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ne voyait qu'avec regret s*éloîgner un fils digne des hautes destinées qu'il avait rêvées pour luimême, un fils qu'il avait toujours aimé, dont la renommée avait rejailli sur le trône de Saxe et dont les talents militaires pouvaient, dans de pressantes conjonctures, préserver sa couronne et illustrer son règne.
Les scrupules élevés de notre patriotisme moderne, les sentiments d'honneur national qui ne permettraient pas de nos jours à de jeunes officiers de fortune de mettre leur épée au service de toutes les causes, au risque de s'en servir contre leur patrie, n'existaient pas encore. Les plus nobles étrangers, le maréchal de Berwick, le général de Lowendal, le comte de Saxe, honorèrent les drapeaux de la France, sans manquer à leurs obligations envers leur souverain ou leur pays. La France prince Eugène à l'Autriche. Georges Keith, aréchal d'Ecosse, servit successivement à t époque sous les ordres du tzar et de
t ce que fit Maurice en France, avec quelle s'occupa de discipliner l'armée, de perfec- 'art de combattre, réglant tous les détails, it toutes les difficultés, combinant des res et une organisation nouvelles, consiins un ouvrage célèbre ses Rêveries mili' )es rêveries pour le temps où il vivait, sible ! L'expérience en a consacré le mérite, i la valeur. Maurice, en capitaine de génie.
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tit vivement le maréchal, si c'était une douzaine de lieutenants-généraux.
Les grands capitaines de Louis XIV n'avaient pas mieux fait pour l'illustration des armes françaises. Le XVIII® siècle touchait au zénith de la gloire militaire. Maurice avait enchaîné la victoire à nos drapeaux; il ne connaissait pas les revers. Les poètes du temps s'épuisaient en variantes du vers de Boileau : Grand roi y cesse de vaincre ou je cesse d* écrire; ils célébraient à l'envi dans le vainqueur de Raucoux le favori des dieux et le dieu Mars en personne. Louis XV combla de faveurs et de richesses son invincible serviteur. M""® de Pompadour lui écrivit qu'il était l'enfant gâté de la fortune. Un connaisseur, Frédéric, roi de Prusse, manda à Voltaire : « J'ai vu le héros de la France, le Turenne du siècle de Louis XV ; je me suis instruit par ses discours dans l'art de la guerre. Ce général paraît être le professeur de tous les généraux de l'Europe. »
Le courage, les nobles actions, les vastes desseins exigent une tension d'esprit, une hauteur d'âme qui devraient, ce semble, être incompatibles avec le désordre des mœurs et la bassesse des sentiments. On a peine à comprendre qu'un cœur trempé dans la discipline, dans l'observation des devoirs militaires, élevé à l'école de l'expérience et des rudes périls, mûri par les feux de la gloire, accoutumé aux spéculations de l'ambition politique, ait pu se complaire dans la fréquentation des ignobles plaisirs et lar recherche des distractions avilissantes.
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LE MARÉCHAL DE SAXE 6l
absent. Le comte de Saxe accomplit de glorieuses choses ; il en rêva de plus grandes : la couronne du duché de Courlande et de Semigalle, le gouvernement de la Corse, le trône de Russie, un empire des juifs, l'organisation et la domination du Nouveau-Monde. Beaucoup des hommes de son temps livrèrent aux voluptés leur vie tout entière; il fit' deux parts de la sienne. Celle des nobles soucis et des belles actions ne fut pas la moins large, ce qui ne veut pas dire que la part du diable fût petite.
Maurice fut lié avec Voltaire, comme Frédéric, mais d'une façon plus durable ; les relations d'amitié qui s'établirent entr'eux se continuèrent sans interruption jusqu'à la mort du maréchal. Il avait un goût prononcé pour les lettres, les arts, les fictions et les jeux de la scène; il recherchait la compagnie des écrivains et ne dédaignait pas celle des filles de théâtre, qu'il redoutait cependant, s'il faut l'en croire, plus que les hussards de la reine de Hongrie, Fils de roi, soldat heureux, capitaine admirable, doué d'un aimable esprit, très fier et très beau de sa personne, ce qui n'était pas un médiocre avantage sous le règne de M'"^ de Pompadour, on devine aisément les cajoleries et les caresses dont il était l'objet dans les salons à la mode. Il faisait du reste grande figure au milieu de ces éloquents et beaux esprits qui se réunissaient chez M"*° de Tencin ou chez M""® de La Poplinière, Montesquieu, Voltaire, Helvetius, Grimm, Diderot, Fontenelle. Tous ces rois et princes de l'intelligence
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sourcil et Marmontel était consterné. — Mais un malheur n'arrive jamais seul. Quelqu'un de l'entourage du comte de Saxe s'avisa de confier à Marmontel l'éducation dramatique d'une protégée du maréchal, M^^® Verrière. L'élève était belle, intelligente, docile, d'un caractère aimable et d'une indolence à se laisser aimer ravissante. Le professeur et l'élève qui répétaient ensemble les premières scènes de Zaïre et d^Orosmane, prirent leur rôle au sérieux. — Dès notre seconde leçon, dit le trop sensible Marmontel, ces mots Zaïre y vous pleurez! furent l'écueil de ma sagesse. Le maréchal, qui était alors en Prusse, à la cour de Frédéric, apprit cette équipée ; il éclata de fureur. De retour à Paris, il voulait absolument fustiger le ravisseur. « Il allait, disant dans le monde, à là cour, et au roi lui-même, que ce petit insolent de poète lui prenait toutes ses maîtresses. » Marmontel ajoute dans ses mémoires auxquels nous empruntons l'anecdote, — entre parenthèse, et d'un air contrit : « Je n'avais cependant que celles qu'il abandonnait 1 » Il ne savait quel châtiment lui était destiné, ni comment s'y soustraire, était dans des transes cruelles, regardait d'un œil d'envie par delà les montagnes, sa petite ville de Bort, si tranquille, cherchait un coin où se blottir.
Heureusement un ami du maréchal, le prince de Turenne, le tira de peine : — Vous êtes cause que le maréchal de Saxe a quitté mademoiselle Verrière; voulez-vous me donner votre parole de ne plus la voir ? Son malheur sera réparé.
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c'est tout simplement Maurice de Saxe qui s'est endormi, entre deux victoires, sur le Sopha de Crébillon.
Exposant un jour, à vingt ans, devant le comte de Friesen, ses plans sur le duché de Courlande, il disait : « Je rêve, ma foi, mon cher comte. »
Plus tard, trente-quatre ans après, les dernières paroles qu'il proféra furent celles-ci : « J'ai fait un beau rêve. »
Maurice se jugeait lui-même. Ses desseins furent préférables à ses actions et son rêve valut mieux que sa vie. Les passions et les intérêts du temps bornèrent ses destinées.
Le comte de Saxe, depuis la bataille de Laufeld, s'était retiré à Chambord. 11 y vivait au milieu d'un luxe royal, visité comme Voltaire à Ferney par les grands de l'époque, les ambassadeurs, les ministres, voire même par les filles du roi, M™°^ Louise et Sophie de France.
C'est là, un jour de novembre, en 1750, dans un coin du parc, sur le théâtre de ses fastueuses folies, qu'il périt misérablement, percé d'un coup d'épée par le prince de Conti, à la suite d'un duel dont les circonstances sont demeurées mystérieuses.
Triste fin pour un si beau rêve ! La France seule n'a pas le droit d'accuser trop haut sa mémoire.
Maurice, en mourant, légua sa gloire à notre patrie, son génie novateur aux armées de la Révolution et de l'Empire qui allaient venir, son amour des lettres et des arts et même sa plume sans ortho-
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