L'ESPERANCE
Que deviendrait notre existence, Si nous n'avions au fond du coeur, Cette vertu de l'espérance, Que l'on caresse avec douceur.
Elle est parfois bien éphémère. .
Pourtant elle miroite aux yeux.
Et combien plus d'une chimère, Par elle nous a fait joyeux.
Aux jours si beaux de notre enfance, Où tout n'est que bonheur parfait; Il faut encor de l'espérance :
C'est que pour Dieu le coeur est fait.
Quand nous ressentons la morsure.
D'une terrible affliction ; L'espoir guérit cette blessure, De sa bienfaisante onction.
Envers et contre les déboires, On espère en de meilleurs jours ; Et quoique souvent illusoires ; Ces prismes consolent toujours.
Et si ces jours jamais ne luisent, Le ciel apparaît à la mort.
Les coeurs s'envolent et nous disent:
En mourant, l'espoir est plus fort.
M ANITOB A
Au sud-est de Manitoba, Est un attrayant coin de terre Bien digne du beau Canada.
Ils se rend jusqu'à la frontière Du pays des Etats-Unis.
C'est une place remarquable, Par différents endroits jolis, Qui font son séjour agréable.
Emerson est dans ce vallon, La ville la plus importante; La suit en population Dominion, bien confiante.
S'y voit la rivière Roseau, A la vague tout en rapides ; Et quoique large d'un ruisseau, Déverse des eaux intrépides.
On dit que plusieurs savants Donnent aux tremblements de terre, D'avoir fait ces lits serpentants, Déroulant comme une rivière.
En effet leur cours sinueux, Par monts et par vaux, en dédales, Allant, venant et tortueux, Se déversent tout en spirales.
Ces ondes baignent des bosquets, Qui, dans cette immense prairie, Paraissent être des bouquets, Posés sur une terre unie.
Emaillée en nombreuses rieurs, La prairie elle-même enchante.
Cette flore, à mille couleurs, Façonne une nappe charmante.
A ces fleurs de toute beauté, Se mêle un lys rare dans l'herbe, De couleur rouge velouté, Il se dresse droit et superbe.
On prétend qu'il fut importé De l'Orient par les sauvages ; Qu'il est même ce lys vanté Dans la Bible à toutes les pages.
Quand plus loin le regard s'étend, Sur d'autres beautés l'oeil repose:
C'est la terre que le soc fend, Agite, refait et dispose, Pour en faire bientôt jaillir Des gerbes blondes et chargées, Dont l'univers peut se nourrir, Lorsqu'en pains elles sont changées.
Quand les riches épis sont mûrs,
On se sert d'une moissonneuse,
Qui lentement, mais à pas sûrs,
Se rend de ferme en ferme, heureuse
D'aider le bras du travailleur,
Qui l'emplit de blé qu'elle change,
En un instant, avec vigueur,
En beau froment prêt pour la grange.
C'est le temps gai de la moisson.
Pour travailler on se rassemble, L'on va de maison en maison, L'on se réjouit tous ensemble.
Et personne de plus heureux, Que le peuple sur cette terre, Qui, de défricheurs courageux, Devient bientôt riche et prospère.
Les amusements au dehors, Leur indépendance enviable, Rendent les physiques plus forts, L'esprit léger et l'âme affable.
Vient une infinité d'oiseaux
Se réjouir en ce milieu.
On ne peut dire les plus beaux :
Ou l'oiseau rouge, ou l'oiseau bleu.
Se distingue entre les buissons Celui de couleur argentine ; Rare plante dont les rayons Animent la fleur purpurine.
L'âme avide du voyageur Qui sait comprendre la nature, Doit voir cet endroit enchanteur, Ses oiseaux, bouquets et verdure.