‹ Causeries litterairesChapitre 26 sur 34 · L'ORATOIRE SAINT-JOSEPH · texte numérisé non relu

L'ORATOIRE SAINT-JOSEPH

Sur le versant du Mont-Royal,

Se dresse un amour d'oratoire ;

C'est un coin du ciel idéal,

De saint Joseph il est la gloire.

En foule, les pieux pèlerins

Gravissent la côte adorée ;

En quête de secours divins,

Vont à Joseph, l'âme éplorée.

Les gémissements et les pleurs,

Croisent les ardentes suppliques ;

Au bon père on dit ses malheurs,

Voulant guérir des maux iniques,

Ceux de l'âme comme du corps.

En ce vénéré sanctuaire,

Où brillent des feux et des ors,

Les exilés de cette terre

Sont bien près de se croire aux cieux:

C'est que là voltigent des anges,

Messagers du Saint glorieux,

De Joseph chantant les louanges,

Vont ici soulager un coeur,

Là-bas essuyer une larme,

Répandent partout un bonheur

Tout céleste, rempli de charme.

Et les multiples guérisons,

Que la gratitude démontre ;

Et les chants et les oraisons ;

Et les beautés que l'oeil rencontre :

Tout enfin fait de ce séjour, Un lieu de paix surnaturelle; Et ce n'est qu'au déclin du jour, Qu'on laisse l'enceinte immortelle. . . . Quel superbe panorama !

Aussitôt la porte franchie:

C'est la ville qu'on dénomma, De doux nom de Ville-Marie.

Immense, en bas elle s'étend, Déployant clochers et verdures.

Le majestueux Saint-Laurent L'arrose de ses ondes pures.

Plus loin encor, des prés, des champs, D'où surgissent quelques montagnes, Qui sont des cadres ravissants, Aux riches et belles campagnes.

Emu, souvent le pèlerin,

Inlassable, longtemps s'attarde

C'est la pénombre, on ne voit rien, Cependant, toujours il regarde. . . .

Enfin, après un long soupir, Retourne à la vie actuelle; Et ne forme plus qu'un désir:

Atteindre la vie éternelle !

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