LE BONHEUR
Je te vois, O bonheur ! planer dans le lointain ; Parfois comme un soleil, aux rayons clairs et tendres, Mais qui paraissent fuir et craindre l'être humain. . . Ou je te vois glisser, dans les airs en méandres, Sous forme d'un nuage aux embruns bienfaisants, Qui pourraient rafraîchir notre âme enfiévrée; Mais trop haut! mais trop loin! Nous sommes impuissants A t'atteindre, O bonheur ! A la peine livrée, La pauvre humanité veut aller jusqu'à toi, Demander un rayon pour sa triste existence, Ou de douces fraîcheurs qui chasseraient l'effroi, Enfin, répandre en elle un peu de ta présence.
Forts alors pour attendre une vie où tu règnes, Vains nous paraîtraient les plaisirs que tu dédaignes . . .