‹ Causeries litterairesChapitre 5 sur 34 · L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE

C'est l'automne empourpré De la feuille rougie, Du gazon d'or au pré, De la gerbe mûrie.

Jouissons des beaux jours, Passant avec vitesse, Voilà pourquoi toujours, Nous vient une tristesse.

C'est que cette saison, Sans mots ni réticence, Démontre à la raison Le vol de l'existence.

Et quand sur son déclin, Le triste et sombre automne, Toujours jusqu'à la fin, Devient plus monotone.

Alors tout est navrant :

Triste fleur, feuille morte, Que Ton foule en marchant, Ou que le vent emporte.

Tout parle de la mort, Tout en est bien l'image.

Mais si c'est notre sort, Pourquoi perdre courage?

Car n'es-tu pas, ô mort, Que le triste passage, Qui nous conduit au port D'un monde sans nuage!

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