LES NACHINIS Â DÉFAUT DE BRAS
souscrit Tannée dernière, quand je les poussais à le faire, moyennant une toute petite sonune de rien, ils n'en seraient pas à cette extrémité. En bonne conscience, que leur restet-il à cette heure? Les yeux pour pleurer, et le regret de n'avoir point suivi mes conseils. Comprenez-vous, Jean-Claude? comprenez-vous, Nicolas? comprenez-vous, Etienne?
Et ceux-ci de répondre: Au fait, c'est la pure vérité. — Eh bien, reprend Fagent, supposez que le vent eût soufflé de là au lieu de souffler d'ici, vous y auriez passé, tous tant que vous êtes. Tenez, quand j'y songe, je me dis que vous devez un beau cierge à la Vierge. Jusqu'à présent, vous avez joué trop gros jeu, et je vous engage à ne pas continuer. Votre tranquillité dépend d'une mauvaise lanterne, d'une poignée de suie dans une cheminée qui n'est pas solide ; et vous appelez cela une vie ! Allons donc ! c'est une transe continuelle. Je ne m'en irai pas de chez vous sans vous assurer, car je vous veux du bien. Voilà des années que nous nous connaissons, et je me ferais un reproche de ne vous avoir pas assez tourmentés, si on venait médire dans huit jours, dans quinze jours : Le feu a pris cette nuit chez Jean-Claude, chez Nicolas ou chez le père Etienne ; il ne reste plus de leur maison que les quatre murs; le grain y a passé, le fourrage aussi; les vaches sont grillées, leurs économies sont fondues ; c'est une désolation.
Résistez donc à de pareils arguments !
Voilà ce que nous appelons saisir l' à-propos en vue d'un progrès.
Pourquoi ne pas le saisir plus souvent dans l'intérêt de l'agriculture, afin de rompre les résistances aveugles? Quand, par exemple, nous voyons la main-d'œuvre disparaître brusquement de nos campagnes et jeter les cultivateurs dans . rembarras, nous voudrions que les constructeurs d'instruments aratoires donnassent signe de vie et fussent des premiers à accourir et à dire : Les bras vous manquent pour les sarclages et les binages^ tranquillisez-vouS) nous sommes là
avec nos outils ; les hommes s'en vont, les machines viennent. Vous les trouvez trop chères et n'avez pas de grosses sonunes
à débourser ; il y a moyen de s'entendre et de s'arranger : nous vous les vendrons à tempérament, à payer tant par