‹ Causeries sur l'agriculture et l'horticultureChapitre 21 sur 64 · LES MAGHIKËS A DÉFAUT DE BRAS · texte numérisé non relu

LES MAGHIKËS A DÉFAUT DE BRAS

mois, afin de ne pas vous gêner, ou bien nous \ous les louerons, au fur et à mesure de vos besoins. Quand vous les aurez mises à Tessai et que vous les connaîtrez, vous en voudrez tous et ne reculerez plus devant les prix. Commencez par mettre vos cultures en lignes et ne vous inquiétez pas du reste. Nous avons des houes à cheval pour sarcler et biner, des charrues à deux versoirs pour butter. Quand viendra le moment de faner, nous vous amènerons le râteau à cheval et vous en expédierons large en un jour. Quant à la moisson des céréales, patience, nous avons déjà des moissonneuses (grav. 9) qui ne fonctionnent pas trop mal ; nous en aurons tôt ou tard, s'il plaît à Dieu, qui fonctionneront bien. Ne vous tourmentez pas non plus pour l'arrachage des racines : une bonne charrue peut vous rendre des services sous .ce rapport ; ne vous tourmentez pas davantage pour le battage des récoltes, nous avons des batteuses à promener de ferme en ferme, des tarares pour nettoyer votre grain, des trieurs pour l'éplucher. En un mot, ne soyez en peine de rien, nous vous louerons des hache-pailles, des coupe-racines, des tonneaux à engrais liquides, des pompes, des rouleaux compresseurs, des semoirs, tout ce que vous voudrez.

Si Ton s'adressait en ces termes aux cultivateurs dans l'embarras, soyez persuadés qu'ils ne reculeraient point. Après tout, nécessité fait loi. A l'heure qu'il est, on nous amènerait des instruments perfectionnés, on nous apprendrait à les manœuvrer, on. nous les louerait à des conditions raisonnables, que nous nous estimerions très-heureux d'en essayer, non par amour pour les nouveautés, mais parce que la maind'œuvre nous a fait la révérence. Elle se passe de nous, apprenons ànous passer d'elle. Nous sommes pris et bien pris ; dégageons-nous comme nous le pourrons. L'occasion est belle pour les fabricants d'instruments aratoires ; belle ici, belle ailleurs, car les bras s'en vont de tous les côtés. Ceux qui auront le bon esprit de la saisir et de prendre o'ate les premiers, ne s'en repentiront point. C'est aux sociétés à les encourager.

74 aUSERIES SUR L AGRICULTURE ET L'HORTICULTURE.

Un coiislrucleur a eu le projet d'établir des dépôts dans

chaque canton j'^sous la garde et le patronage des comices. Ce projet n'était pas raisonné. Le cultivateur n'ira pas plus

Page 1