Suet., Cdis., XXXIX
Saturninus, s'était endormi sur un banc pendant la séance. L'empereur avertit le crieur de ne pas perdre de vue ce vieillard qui, par les balancements répétés de sa tète, lui faisait des signes affirmatifs. Quand le bonhomme se réveilla, il se trouva avoir fait, sans le savoir, pour 1,800,000 francs d'acquisitions. » J'ai ouï dire que pareille aventure était arrivée à un habitué de l'hôtel Drouot, à cela près que l'expert, qui n'était pas Caligula, lui épargna un réveil désagréable, laissant le concurrent payer les surenchères d'un rival imaginaire.
Du reste, notre empereur paraît avoir eu la passion des ventes publiques. Une première fois, il avait fait vendre en Gaule les bijoux et les meubles de certains condamnés; le résultat dépassa toutes ses espérances, et lui donna l'idée de recommencer. 11 imagina de mettre aux enchères tous les meubles de l'ancienne cour, moyen commode de se procurer de l'argent et de renouveler son ameublement de fond en comble; naturellement, l'opération eut lieu en Gaule ^ Cette préférence mérite d'être signalée; elle donne la mesure du goût, du luxe et de la réputation de nos ancêtres. On a trouvé des trésors à Bernay et ailleurs, on en trouve encore dans le vieux sol gaulois; parmi ces reliques des collections gallo-romaines, combien ont figuré dans les ventes impériales et proviennent du palais des Césars?
Marc-Aurèle, à son tour, « ût vendre publique-