‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 22 sur 93 · ColUct. de Vanc. Romtj p · texte numérisé non relu

ColUct. de Vanc. Romtj p

née ; ce sont des bazars, comme celui de Milon, le marchand à la mode, que nous connaissons par les bavardages de Martial : « Étoffes rares, argenterie ciselée, manteaux, pierres fines, tu vends de tout, Milon, et l'acheteur emporte aussitôt son emplette. Ta femme est encore ton meilleur article; toujours vendue, tu la gardes toujours, personne ne l'emporte*. »

Avant de quitter ce chapitre, je voudrais dire un mot des prix de la curiosité. Les anciens philosophes se montrent fort indignés de certaines acquisitions et leur grande colère a parfois des accents comiques : « Payer si cher la dépouille d'animaux immondes ! » dit gravement Scnèque, en parlant des meubles en écaille. « Se ruiner pour acheter un instrument dont le nom rappelle une chandelle, candclaf » dit Pline à son tour, à propos d'un candélabre de bronze. Sans doute, la passion de la curiosité ne garde pas toujours la mesure et l'on n'est pas plus sage à Rome qu'à Paris ; qui peut répondre d'un sang-froid inaltérable sous le feu des enchères, surtout quand la vanité se met de la partie? Mais les prix tapageurs sont l'exception, la moyenne générale est plus raisonnable. Ainsi le chef-d'œuvre d'Apelles, la Vénus Anadyomène, est vendue 100 talents, un demi-million, c'est-à-dire meilleur marché que l'Assomption de Murillo; César paye 80 talents deux admirables

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