I. VI
puis, cédant à une passion bizarre, elle fît de Clésippe son amant et bientôt son héritier '. »
On ne vend plus d'esclaves à l'hôtel Drouot, et les chercheuses de Clésippes trouvent à se pourvoir ailleurs. Quant au reste, je ne vois pas de différence essentielle entre la vente romaine et la nôtre. Les procédés se ressemblent, le personnel est aussi mélangé qu'aujourd'hui, ce sont les mêmes figures : Tongilius, l'important, qui dérange tout le monde, Eiictus, le chercheur de vieille argenterie, le financier Liciuus, Paullus, qui collectionne par genre, le platonique Eros, Mamurra, qui demande toujours à voir, et n'achète jamais rien\
Les marchands tiennent boutique sous les arcades de la Villa Publica, sur la voie Sacrée, la promenade favorite d'Horace, et sous les quarantecinq portiques de Rome, portiques d'Apollon, de Pompée, de Livie, d'Auguste, de Néron, d'Agrippa, d'Octavie, etc. Le commerce spécial de la curiosité n'existant pas, les objets d'art anciens sont confondus aveclesarticlesanaloguesdefabrication moderne. Le peintre, le ciseleur, le sculpteur, le joaillier, vendent le vieux et le neuf; l'orfèvre met en montre ses ouvrages à côté des ciselures de Mentor, de Mys et de Pasitèle ; le libraire tient les livres anciens et modernes, comme le font ses confrères du xix*" siècle . Certains magasins n'ont pas de spécialité détermi-