I. Réflexions sur U peinture et U gravure. Met
ii8 CAUSERIES SUR L'ART ET LA CURIOSITE.
Le tableau n'est-il pas pris sur le vifr On le dirait écrit d'hier.
Gersaint avait eu Toccasion, dans ses voyages, d'étudier le système de vente hollandais; il l'introduisit en France, du moins dans ses dispositions essentielles. Au xviii" siècle, l'expert prépare la vente, dresse le catalogue, fait faire les affiches, loue la salle quand il ne la fournit pas lui-même, paye l'huissier priseur à raison de six livres par vacation, plus le droit de trois deniers par livre sur le montant de la vente ^ C'est encore lui qui fait la prisée et annonce au public le chiffre de la demande. L'huissier priseur, officier ministériel, préside, prononce l'adjudication et consacre officiellement la vente.
Gersaint fit école; après lui nous pouvons citer Basan, le maréchal de Saxe de la curiosité', comme l'appelait le duc de Choiseul; Glomy et son confrère Pierre Remy, « peintre et négociant en tableaux et autres curiosités », l'expert le plus affairé de son temps; Joullain père et iils; Helle, qui a laissé tant de catalogues annotés de sa main et pleins de documents précieux-; Julliot, Langlier, Paillet l'ancien, Regnault-Delalande ; Pierre Lebrun et son iils J.-B. Lebrun qui épousa M"* Vigée; « M. Lebrun, garde des tableaux de S. A. R. M^"" le comte d'Artois, logé sur la gauche