‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 65 sur 93 · In Verr.^ II · texte numérisé non relu

In Verr.^ II

i-o CAUSERIES SUR L'ART ET LA CURIOSITE.

profiter ; elle étrangla sans scrupule les nouveaux venus. On assure que ces pratiques sont familières aux gens de lettres, sous toutes les latitudes ; je l'ignore, mais le Romain s'exécute en conscience. Nous venons d'entendre Cicéron ; dans l'intimité, il charge Atticus de lui acheter à tout prix des ouvrages grecs pour décorer ses villas; en public, il affecte de se connaître fort peu à ces misères, non miilinm in istis rébus intelligo, dit-il quelque part; qu'est-ce que Alyron ou Polyclète? Il sait à peine leurs noms * ; ces prétendus chefs-d'œuvre sont des bagatelles, des joujoux bons pour amuser les enfants-. Valère Maxime estime que le métier de peintre est une profession basse, sordidum studiuni^^ et Salluste n'est pas éloigné d'assimiler la passion des tableaux à l'ivrognerie et à la débauche ^ . Sénèque n'admet pas que la peinture etla sculpture soient rangées parmi les professions libérales, « à moins, dit-il, que l'on ne comprenne dans la même catégorie l'art du parfumeur, du cuisinier et de tous ceux qui emploient leurs talents pour nos plaisirs ^ )) Quant à Juvénal, il déteste la lie ache'enne : « Qu'est-ce qu'un Grec? un homme à tout faire, grammairien, rhéteur, géomètre, peintre, garçon

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