‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 64 sur 93 · DeLeg.. III · texte numérisé non relu

DeLeg.. III

j. De Réf., III. Traduction d'Em. David.

gnà de Platon, il connaît trop mal les arts pour en dire du bien, et Lucien les connaît trop bien pour en dire du mal. Leur point de vue est nouveau : il' consiste à séparer l'œuvre de l'artiste, pour se ménag-er le droit de jouir de l'une en méprisant l'autre. Ce procédé commode mérite toute notre attention; un contemporain de Pcriclès ne l'aurait jamais imaginé. Mais Plutarque et Lucien sont de leur temps : ils subissent à leur insu l'influence romaine.

Rome ne pardonna jamais aux Grecs leur supériorité dans les arts*. 11 ne lui suffisait pas d'avoir transplanté la Grèce en Italie avec ses dieux, sa langue, ses modes, ses artistes, ses monuments. Le conquérant sentait son impuissance, mais il n'était pas d'humeur à l'avouer ; il fît comme le renard de la fable et décida que l'art était indigne de lui et bon pour les goujats. « Nous méprisons ces futilités, dit Cicéron dédaigneusement, nous les abandonnons aux peuples tributaires pour leur servir de consolation et d'amusement dans leur esclavage". » On traita les artistes en peuple conquis, en esclaves chargés de sculpter et de peindre pour le plaisir de leurs maîtres ; on inventa pour eux le sobriquet de Giwculi, les petits Grecs.

Ces façons hautaines dédommageaient l'amourpropre national, et la littérature s'empressa d'en

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