‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 68 sur 93 · I. Lucien, Nigrinus · texte numérisé non relu

I. Lucien, Nigrinus

et un cuisinier; que les arts, inventions dangereuses et inutiles, ont été imaginés pour des jouissances criminelles ' ». Naturellement tous les Pères de l'Eglise s'emparent du préjugé romain pour combattre les artistes, grands pourvoyeurs de l'idolâtrie. Au V* siècle, le code Théodosien assimile le peintre au maçon, au plombier, à tous les ouvriers du bâtiment ^ En Occident, le divorce des lettres et des arts est un fait accompli. Malgré l'exemple d'Adrien et de Marc-Aurèle qui se piquaient de cultiver la peinture comme la philosophie et le droit, le peintre et le sculpteur, réunis en collèges, ne sortent pas de la condition servile que Rome leur a faite ; ce sont des artisans dont les procédés se transmettent d'atelier en atelier. Dès le iv" siècle le programme romain devient la règle obligée de toutes les écoles ; il comprend la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie ; on ne parle pas des arts du dessin. La nouvelle formule prend le nom célèbre des sept arts libéraux ; Marcianus Capella l'introduit en Afrique, Boèce et Cassiodore chez les Hérules et les Goths, Isidore de Séville en Espagne, Béda le Vénérable en Angleterre ; si bien que l'esprit romain, survivant à Rome elle-même, finit par s'imposer à toutes les écoles du moyen âge.

Comme les autres provinces, la Gaule adopta

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