‹ Causeries sur l'art et les artistesChapitre 8 sur 11 · DES M ÉD AIL LEURS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DES M ÉD AIL LEURS FRANÇAIS

peintres le dessin de presque tous les jetons qu'il a gravés. M. Gatteaux fils et Dupré, » l'auteur de la monnaie de la République, ont été dans cette période les premiers graveurs qui aient composé eux-mêmes les sujets et produit des œuvres qui n'étaient qu'à eux. Ce changement est une date dans l'histoire des médailles en France. »

Cette coutume dura encore au commencement de ce siècle, puis peu à peu les graveurs qui n'avaient plus guère que des portraits et de maigres attributs à reproduire, travaillèrent seuls ; longtemps leur art s'était ressenti de cette rupture de collaboration, et ce n'est guère que depuis Oudiné que la médaille a pu sortir de cette tutelle à son avantage. Moins favorisés que les peintres et les sculpteurs, qui font partie de l'École de Rome, les graveurs en médailles n'y passent que trois années au lieu de quatre. Les travaux qui leur sont demandés pour

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la première année sont : une figure nue d'après nature, un bas-relief de cire exprimant un sujet, la copie en creux sur acier d'une médaille antique et un dessin soit d'après nature, soit d'après l'antique, soit d'après les maîtres. Dans la deuxième année, ils doivent exécuter le camée de la tête d'étude en cire de l'année précédente ; un coin gravé en creux d'après une statue, un bas-relief ou un buste antique; l'esquisse en cire d'une médaille composée de trois figures, au moins, sur un champ circulaire; l'esquisse en cire d'un camée de même proportion et un dessin soit d'après nature, soit d'après les maîtres. Dans la troisième année, ils doivent fournir le modèle en cire d'une médaille de leur composition, consistant au moins en deux figures, l'exécution en creux ou en relief sur acier de cette médaille.

Tels sont aujourd'hui les travaux demandés par l'École à ceux qu'elle a envoyés à

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Rome; on se plaindra, peut-être, de ne pas voir plus de liberté laissée à l'imagination des jeunes gens, mais il ne faut pas attacher trop d'importance aux récriminations contre l'École, en voyant les remarquables artistes qu'elle nous adonnés présentement; heureusement les élèves ne sont pas cloîtrés, et il ne leur est pas défendu, puisqu'ils sont en Italie, d'étudier les merveilleuses médailles de la Renaissance et d'en profiter, chacun selon son tempérament. Notre École de médaillistes est là pour confirmer ce que nous avançons.

Après la Révolution, nous ne trouvons plus guère, parmi les premiers graveurs en médailles, que Duvivier, qui, moins atteint que les autres artistes par l'influence de l'école de David, donne des morceaux qui ont encore le charme de la composition et l'esprit de l'art du règne de Louis XVI. Signalons particulièrement la belle médaille frappée en

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l'honneur de Bonaparte, à l'occasion du Traité de Gampo-Formio (an VI). Le général en chef de l'armée française est représenté à cheval, tenant une branche d olivier à la main ; il est précédé de Bellone, qui tient les rênes, et de la Prudence présentant un miroir dans lequel se regarde un serpent. La Victoire plane derrière le général, tenant de la main droite une couronne au-dessus de sa tête, et portant dans sa main gauche la statue de l'Apollon du Belvédère.

Mais Duvivier se rattache surtout au xvme siècle, et c'est plutôt dans Andrieu qu'il faut voir l'abandon de la tradition d'élégance et la recherche d'une voie nouvelle ; ses médailles à propos de l'anniversaire de la Bastille, la bataille de Marengo; ses portraits de Bonaparte, de Joséphine, malgré leur sécheresse, portent la marque d'une recherche de perfection qui met l'artiste audessus de la plupart des autres graveurs de ce temps. On ne doit pourtant pas confondre

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avec ces derniers un homme de valeur, Gatteaux, fils du graveur de ce nom, et dont nous avons sous les yeux une bonne médaille de la République française à ses Défenseurs, de minuscules médailles à l'effigie de Necker (celle-ci non signée), et un portrait de Louis XVI ; nous signalerons surtout Gatteaux fils, qui, dans sa longue carrière, grava près de trois cents médailles, parmi lesquelles il faut remarquer celle qui fut frappée pour les forts de la Halle aux blés, et qui porte un superbe écusson ; les portraits de Moitte, de Beethoven, une charmante pièce à l'effigie d'Élisa Bonaparte et les médailles du Sacre de Charles X et de la Quadruple Alliance ; à côté des horribles productions lourdes, prétentieuses et confuses de Palloy, on doit pourtant signaler des morceaux de valeur, comme le Bonus evenlus de Galle, frappé en l'honneur du retour de Bonaparte à Fréjus, imitation réussie de l'antique. Passant sur une prodigieuse quan-

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iité d'œuvres sans aucune valeur, où le manque d'imagination, la pauvreté de l'exécution peuvent faire croire que l'art de la médaille va disparaître pour toujours, il faut s'arrêter cependant devant quelques exceptions qui ne rendent que plus dignes d'oubli la plupart des œuvres écloses sous l'Empire, la Restauration, le règne de Louis- Philippe et le commencement de celui de Napoléon III.

Nous mentionnerons rapidement des médailles de Gayrard à l'effigie de Louis XVIII, de Charles X, puis viennent après : Tiolier, Domard, Montagny, Vivier, Barre, Caqué, Pingret, Borrel; outre Michaud (qui a fait un chef-d'œuvre monétaire en gravant les pièces de cinq francs à l'effigie de Louis XVIII), deux graveurs qui ont laissé des œuvres vraiment intéressantes et très supérieures à celles de leurs confrères, Depaulis et Bovy ; le premier compte parmi ses meilleurs

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