‹ Causeries sur l'art et les artistesChapitre 9 sur 11 · DES MÉDAIL LEURS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DES MÉDAIL LEURS FRANÇAIS

morceaux une très fine reproduction de la Vénus de Milo, modelée avec une rare délicatesse, le médaillon de Corneille, la médaille de la bataille d'Isly et de la pose de la première pierre de Saint-André, à Compiègne ; quant à Bovy, on lui doit la belle médaille des chemins de fer dont nous avons parlé plus haut, celle de Cuvier, d'après David d'Angers, celle des Récompenses nationales, représentant une charmante figure de muse s'appuyant sur le torse du Belvédère, celle du Jubilé de la Réforme en 1835, la médaille de Luther, œuvres pleines de simplicité et de coloration ; passons sous silence la médaille de Guizot, œuvre lourde et massive due à Feuchère, qui pourtant se fit remarquer comme sculpteur.

Ainsi qu'on le voit, sur les milliers de médailles qui furent frappées jusqu'au premier tiers de ce siècle, il en est peu qui méritent d'être mentionnées; fart des graveurs s'était borné à la sèche médaille

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monétaire, et nul effort n'était fait par eux pour les sortir de l'ornière de la routine. Pourtant un jour un sculpteur apparut qui eut l'audace de mettre de la vie dans ses œuvres, et dont la venue allait singulièrement modifier les allures de nos graveurs. Il s'agit de David d'Angers qui venait de prouver par de merveilleux médaillons d'une étonnante exécution, vivants par la force de son génie, que le dernier mot n'était pas encore dit. Qui n'a admiré cette incomparable collection de profils si variés de sentiment et de facture? Qui n'a été étonné en regardant seulement le médaillon de Lasteyrie, du rendu de la physionomie, des ressources du modelé, qui, sur une ossature impeccable, a étendu des muscles et de la peau réels. De fait, David communiqua de sa chaleur au groupe de graveurs de son temps, et, rien qu'à regarder le Rouget de l'Isle, de Rogat, on comprend l'influence qu'il exerça sur l'école de la gravure.

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A partir de David, la médaille, sans atteindre à la perfection moderne, a déplacé son point de vue, l'objectif n'est plus immobilisé, ceux qui sont à venir pourront le mouvoir et le fixer sur un autre champ d'observation.

C'est avec une joie d'artiste que l'on s'éloigne de cette époque d'une froideur et d'une inanité désespérantes. Une aube nouvelle se lève, et après les médaillons de Jehan du Seigneur, d'Antonin Moine, de Préault « curieusement romantique », puis de Rude, Carpeaux, Chapu, nous entrons dans l'école moderne, la plus féconde en belles œuvres qu'ait jamais eue l'art de la médaille dans notre pays. Après les efforts d'Oudiné pour rompre avec la tradition, voilà ceux de M. Ponscarme qui, pour n'avoir pas laissé d'œuvres nombreuses, a pourtant marqué une date importante dans l'histoire de la transformation de son art.

« A la faveur de cette émancipation (je

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cite M. Roger Marx) et de la rupture avec les formules routinières, l'école se transforme s'éprend de sincérité, de poésie, de grâce ; elle ressaisit et puis rouvre la veine française et demande à la spontanéité de l'inspiration, à la vision directe et vivante de la nature, le rajeunissement d'une radieuse renaissance. M. Chaplain prend l'initiative du mouvement ; l'artiste ne sera jamais capable d'emphase, de banalité ou de mièvrerie ; il a en partage la vigueur, la précision, la clarté ; ses compositions atteignent à l'ampleur par la fierté de la conception, l'allure grave du dessin, la prédilection décidée pour les formes puissantes. »

C'est à ces qualités réunies que nous devons de si belles compositions parmi lesquelles il faut signaler la médaille commémorative des travaux de la Commission internationale du mètre, celle du Congrès international des électriciens, de la Caisse d'épargne, des récompenses pour les lauréats du Conservatoire de

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