‹ Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui [microform]Chapitre 22 sur 40 · AE TT · texte numérisé non relu

AE TT

Saint Jean dit ‘en! terrminant son Evangile : “Jésus

afaitencore beaucoup d'autres choses.” (xx, 25.)

©" Saint Paul dit à l'évêque ‘Timothée :: “ Ce ‘qué vous

‘avez appris de moi devant

. plusieurs témoins, donnez-

le en dépôt à des hommes

fidèles, qui soient euxmêmes capables d’en ins-

trüire d’autres.” (II Tim.

, 2. ) Et saint Jean:

“Quoique j'eusse plusieurs choses à vous, écrirè,. je:

n'ai point voulu lé faire

sur’ du papier et avec de l'éncre, espérant: vous äller

‘voir et vousen entretenir

de vive voix.” 1

aussi

taux

S s’ac

ardez savez es disettres.”?

terrmi- (JÉaus

. amet 2 + 4e

Les ministres disent :

‘“ La justification .et lé salut de l'homme s’obtiennént par la foi seule, Les œuvres sont inutiles et sans efficacité.”

Saint Jacques dit ‘Mes frères, que servira-t-il à quelqu'un d'avoir la foi, s’il n'a pas les. œuvres? La foi pourra-t-elle le sauver ?

Aussi la foi qui n’a point

les œuvres est morte en

elle-même... Notre père

Abraham ne fut-il pas jus-

tifié par les œuvres, lors-

qu’il offrit son fils Isaac

sur l'autel? Vous voyez

e donc que c’est par les œu-

; vres que l’homme est justifié, et non pas seulement

par la foi” (ur, 14 et suiv.)

Aux}jours de la Réforme, un peintre fit le tableau de l'institution du saint Sacrement.

On voyait au milieu le divin Sauveur distribuant la Communion aux Apôtres en prononçant la parole sacrée : Ceci EST mon corps ; —à droite, un peu plus bas, Luther donnait la cène aux siens, en disant: Ceci CONTIENT mon corps; —à gauche, Calvin faisait la même chose, en disant: Ceci EST LA FIGURE de mon corps. Au fond, l'artiste avait écrit en grosses lettres: Auquel des trois faut-il croire? Ce tableau fut plus éloquent que de longs discours.

Les ministres dident :

“ Le Sauveur n'a point voult donner sa chair à manger, C'est là une erreur forgée par l'Eglise romaine." NME

Les ministres disent :

« Dru, seul remet ‘les. péchés, Il n’a point communiqué aux hommes le pouvoir de les remettro.”

CAUSL?IES

Notre - Seigneur JÉSUS- Curisr dit en saint Jean, vi, 48 et suiv. : ‘‘ Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quel-

qu'un mange de ce pain,

il vivra éternellement; et, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde...” Les Juifs disputaient donc entre eux, disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ?.… Et Jésus leur dit: ‘“ En vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangéz la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son

.! sang, vousn’aurez point la .. vie.en vous. car ma ghair

est vraiment, une nourriture, et mon sang est Vraiment un breuvage.”

Et Jésus-CHRisT dit à. ses envoyés: ‘ Recevez ji'Es-

prit-Saint; les péchés se-

ront remis à qui vous les remettrez, ils seront retenus à qni vous les retiendrez.” (Saint Jean, xx, 22.) — “Tout ce que vous délierez sur ia terre sera délié dans les cieux.” (Saint Matthieu, xvir1, 18.)

Il serait facile de poursuivre cette confrontation d’où ressort avec évidence l'opposition

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qui règne en une foule de points entre l’en-

seignement des pasteurs et cette parole de,

Dreu qu’ils font profession de vénérer et d’accepter tout entière. Que devient, devant ces preuves incontestables, la fameuse devise des protestants: la Bible; toute la Bible ?

Aussi bien des protestants; à la vue de ces

inconséquences, vont jusqu’à rejeter entière-

mefit là Bible sur laquelle ils ne peuvent plus appuyer: leurs doctrines ? Une foule de pasteurs la considèrent comme un livre purement Humain. “On ne peut niet, dit M. Coquerel , que-leslivressdints contiennentdes contradictions ét des’erreurts de fait. —‘Pour la majorité des protestants, disait dans une adresse au roi de Prusse le Magistrat de Berlin au nom du

rotestantisme ; berlinois, l'Ecriture et les ivrés symboliques sont des témoignages sur le travail de formation du christianisme, des œuvres purement humaines ; là ne réside point la vérité absolue .” :

Et, pour achever le tableau, le professeur Schærer, de Genève, adversaire déclaré de l'inspiration de la Bible, appelle les saintes Ecritures : UNE VENTRILOQUIE CABALISTIQUE $.

Et voilà ce que les protestants ont fait de la Bible !

1. Lien, 6 mai 1852.—2. Mémoire sur l'instruclion . publique en Allemagne, par E. Renou.—3, La Crilique et la foi, p. 20-22.

Le prêtre catholique et les ministres protestants. |

On se fait ordinairement, l'idée la plus fausse des pasteurs protestants. On:les regarde comme des espèces de prêtres, revêtus d’un caractère spécial et sacré qui les distingue des autres protestants etleur donne sur ceux-ci de l'autorité en matière de religion. Grâce à ce préjugé, connu et exploité par les minisires, on oppose le protestantisme avec ses pasteurs à l'Eglise avec ses prêtres. Or, cette idée

èche par la base, et il est bon d’y porter la umière. -

Qu'est-ce en effet qu’un prètre ?

Un prêtre est un homme consacré exclusivement à Dieu par le sacrement de l'Ordre qu'il reçoit par l'imposition des mains de l'Évêque, et qui lui donne, au nom de Notre- Seigneur JÉSUS-CHRIST, un Caractère inviolable et saint, le pouvoir et le devoir d’enseigner aux hommes la religion, de célébrer le Sacrifice eucharistique, de remettre les

péchés et de sanctifier ainsi le peuple fidèle. Par le sacrement de l'Ordre, le prêtre reçoit une participation à la puissance de Jésus- Carisr sur les âmes. Ilest fait prêtre pour | toujours, et il reste prêtre, lors même qu'il voudrait ne plus l’être, de telle sorte que 5on | pouvoir et la sainteté de son ministère sont

absolument indépendants de ses qualités personnelles.

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Voyons maintenant ce que c’est qu’un ministre protestant. : | Définition difficile, car le ministre protes tant, aussi bien 2 le protestantisme, est un vrai Procée qui échappe toujours ‘à qui croit le tenir ;’ce qui est vrai de lui à Paris n'est plus vrai à fondres ; si vous le définissez nettément à Londres, votre définition ne vaut plus rien à Berlin, et ainsi de suite.

Cependant, au milieu de cette variété prodigieuse d'espèces, demeure le genre qui, vu dans-son ensemble, a été défini de la sorte pat lecomté de Maistre : “ Un: pasteur protestänt est un monsieur habillé de noir qui débite en chaire, le dimanche, des propos honnêtes.” . dt, silai Pour moi, je dirai avec plus de vérité :

‘Un' ministre hérétique est un homme qui se

donne la coupable mission d’attaquer, au nom de l'Evangile, l'Eglise de Jésus-CarisT,

et de répandre où d'entretenir: l'erreur au

milieu des hommes. tps lt Je dis qu'il se donne cette mission, car Dreu ne la lui done: pas. Dreu à envoyé aux

hommes des pasteurs de son Eglise et il est

avec eux jusqu’à la fin des siècles ; voilà la mission divine, la seule vraie mission pastorale et évangélique. Les impositions de mains, les nominations de consistoires, les traitements du gouvernement, ne peuvent donner une mission divine ; rien ne remplace le Saint-Esprit non plus que le sacrement de l'Ordre.

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‘Je dis, en outre, que le ministre hérétique est coupable et très-coupable ; car il attaque -Fœuvré de JÉésus-CurisT, il attaqne la vraie foi, et. il tombe sous l’anathènie prononcé par saint Paul contre tout homme qni pré- ‘elie ane ‘doétrine opposée à celle de l'Eglise. «Qu'il le veuille on non, qu’il spit:ou non de bonne foi, lé ministre protestant fait l'œuvre du démon; en enlevant aux chrétiens la foi qui est le fonueinent du salu.

Les vertus que peuvent avoir les pasteurs ‘hérétiques ne changent rien à la question ; c’est leur ministère qui est pervers et non leur personne. S'ils ont des qualités et des talents, accordons-leur une estime personnelle, soit ; mais leur œuvre anti-catholique n’en reste pas moins une détestable impiété, digne de la répulsion de toute âme chrétienne. Les esprits superficiels confondent ordinaire- “ment ces deux choses ; la forme leur fait oublier le fond ; l’homme leur fait oublier l’hérétique.

. Savez-vous ce qui fait en réahté la force des pasteurs protestants ? Ge ne sont ni leurs paroles, ni leurs doctrines, ni leurs vertus, c'est cet instinct catholique, profondément vrai, qué les protestants ont conservé malgré eux, d’une autorité visible, vivante, enseignante, en matière de religion. Ici comme toujours le protestant vit de ‘ce qu’il. prend au catholicisme. Ce qui est déplorable, c’est de voir de pauvres âmes, souvent bonnes et honnêtes, livrées à la direction d'hommes

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