‹ Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui [microform]Chapitre 24 sur 40 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Pourquoi les prêtres cathoïiques ne se marient pas comme les mimstres protestants.

Un joùr un ministre protestant reprochait à un jeune étudiant son inconduite :

‘ Cela vous est facile à dire, Monsieur, répondit celui-ci. Luther a déclaré qu'il étail aussi impossible de se passer du mariage que d’habits et de nourriture, et c’est d’après cet avis qüe vous vous êtes marié. J'en ferais bien autant, si j'en avais les moyens ; mais je n'ai que vingt ans, le gouvernement et les sociétés évangéliques ne me donnent pas

1. Je crois inutile d'établir ici la comparaison entre nos missionnaires et ce que l’on appelle les” fmissionnaires protestants. Tout le monde connaît la nullité religieuse de ces prétendues missions qui se préoccuprnt beaucoup plus du commerce anglais, du coton et de l’opium, que de la gloire de Dieu. Leur principal résultat au point de vue de la foi est de contrarier le zèle de nos apôtres-martyrs.

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comme à vous de quoi défrayer un ménage, et en attendant je m'arrange comme je peux.”

Je serais curieux de savoir ce qu’a pu répondre à cet argument un pasteur marié, et marié en vertu du principe protestant que le célibat est contre nature. |

Un prêtre catholique aurait répondu comme saint Paul: Imitatores mei estote, sicut et ego Christi—“Tmitez-moi, de mêr e que moi j'imite le Christ ; ” soyez chastes comme je suis chaste ; etene dites pas que cela est impossible, car ce que je puis faire, vous pouvez le faire aussi.

C’est le célibat qui permet aux prêtres de se donner entièrement à leur saint ministère. En embrassant l’état ecclésiastique ils s’obligent, de plein gré et après une longue épreuve, à gdrder la parfaite continence ; et bien que cette obligation ne soit pas d’institution divine, elle est néanmoins d’une merveilleuse sagesse. L'Eglise a bien su ce qu'elle faisait en changeanten précepte absolu pour ses prètres le conseil évangélique et apostolique du célibat !, et le démon sait bien ce qu'il fait aussi lorsqu'ii réclame contre cette salutaire institution. |

Si les prêtres étaient mariés, Croyez-vous qu'ils se sacrifieraient comme ils le font

1. Ilest bon de faire observer ici quesi, dans les premiers siècles, l'Eglise a permis quelquefois l’ordination d'hommes mariés, elle n'a jamais autorisé à se marier un homme déjà ordonné prêtre.

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SUR LE PROTESTANTISME. t15

chaque jour ? Croyez-vous qu'ils n’y regarderaient pas à deux fois avant d'aller auprès d’un malade atteint d’une fièvre contagieuse, avant de donner à leur prochain les dernières économies de leur bourse ? Le premier prochain d’un’homme marié, n'est-ce goint sa femme et son enfant?

C'est du reste urre”itée à laquelle on ne se fera jamais chez nous que celle d’un prêtre marié. Le sacerdoce chrétien et le pot-aufeu conjugal ne vont pas de pair. Le pastorat protestant, qui n’est cependant qu’une caricature de ce sacerdcce, traîne après lui son ménage comme un boulet ridicule. Rien de plus grotesque que ce que raconte de lui-

même, dansises Mémoires récemment publiés,

‘ è Hi TO (la £s un certain pasteur nommé M.Bost. ‘Le'récit

de ses courses apostoliques, de ses prédications, de: ses vocations diverses .et de ‘$es changements de convictions, est enirelafdé de niaises histoires de soucis matrimoriaux de marmites et de batterie de cuisine.’ Avec sa femme, onze enfants, deux servañtes, un piano et des serins, le malheureux apôtre

promène pendant quinze ou vingt ans treize

mille Livres (textuel). de. bagages évangéli- AUOSeue Of EqUIBiL Us Comme cela rappelle le christianisme primitif, saint Paul et son bâton 1.

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