TROISIÈME PARTIE
Ce qui empêche les protestants honnîtes de se faire catholiques,
L'ignorance des enseignements de l'Eglise çatholique, voilà ce qui empêche la conversion de la plupart des protestants de Fonne foi.
Leurs préjugés anti-catholiques sont quasi invincibles ; ces préjugés sont d'autant plus forts qu’ils sont sucés avec le lait, développés par toute l'éducation, et jamais raisonnés.
C'est de la meilleure foi du monde que ces protestants regardent l'Eglise catholique comme une école de superstitions surannées, son autorité sainte comme une tyrannie et ; une usurpation purement humaine, ses pré-
L tres comme des fourbes qui abusent le peuk ple, ses enfants comme des imbéciles qui JE. croient aveuglément tout ce qu’on leur dit. LE Le grand Bossuet, après ses controverses avec les plus célèbres ministres de son temps,
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s'était convaincu que le plus sérieux, pour
ne pas dire le seul obstacle à la conversion des protestants honnêtes, c'était leur igno-
‘ rance. Îl composa, sous l’impression de cette
pensée, sa fameuse Exposition de la doctrine catholique, qui confondit tous les ministres et tous les prédicants. Stupéfaits de voir si simples, si lumineux, si grands, des dogmes qu'ils attaquaient comme ridicules et superstitieux, ils accusèrent Bossuet d’avoir déguisé, pour les besoins de sa cause, l’enseignement catholique. Celui-ci soumit immédiatement son Exposition à l'examen du Souverain Pontife et de presque tous les Evèques de France, et il en publia une seconde. édition, revêtue de l'approbation authentique du Saint-Siége, à laquelle venaient se joindre quarante ou cinquante adhésions épiscopales. Il n'en fallut pas davantage pour ramener à l'Eglise {e fameux Turenne, jusqu'alors protestant, le ME Va de Dangeau, petit-fils de ce Duplessis-Mornay qu'on avait surnommé le Pape des Huguenots, et avec eux une foule de per:
sonnages de distinction.
L’ignorance des protestants au sujet de l'enseignement catholique dépasse toute espèce de bornes. N'affirment-ils pas presque tous que nous adorons la sainte Vierge, que nous la regardons comme une déesse et que nousluiattribuons latoute-puissance divine?
N'en est-il pas, et beaucou», qui nous ac-
cusent également d’adorer le Pape, de vendre
le corps et le sang du Christ, d’avoir un tarif
pour l’absolution des péchés, et d'admettre d’autres absurdités que l’on devrait rougir d’imputer à des hommes raisonnables et instruits ?
Le meilleur livre à mettre entre les mains d’un protestant, c’est celui que nous mettons entre les mains de nos petits enfants : le Catéchisme rvtholique. é |