‹ Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui [microform]Chapitre 27 sur 40 · IT · texte numérisé non relu

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Un moi sur les”brochures et les pamphlets protestants.

Les petites brochures dont les Sociétés bibliques nous inondent sont de deux espèces : les unes, et c’est le plus grand nom- Die, sont d'insignifiantes histoires, d’une religiosité fade et pâteuse, où l’on voit invariablement des gens qui se convertissent à la seule vue de la Bible, et des bonnes femmes

1. Les protestants ont toujôurs à la bouche le texte de Moïse : Tu n'auras pas d'images taillées ; mais il est très-rare qu'ils ajoutent la fin du commandement :

our les adorer. Nous ne les adorons pas plus que es Israélites n’adoraient les deux grands chérubins d’or massif que Moïse, par ordre de Dieu même, avait placés aux côtés de l'arche d'alliance.

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qui meurent saintement, sans confession, sans sacrements, sans prêtre ; c’est toujours un pasteur vertueux, tolérant, au langage doux et biblique; une dame pieuse, toute zélée pour l'Evangile, parcourant les chaumières en consolant les pauvres et leur lisant la Bible. Dans ces petits traités, l'Eglise catholique n’est pas attaquée de front ; leur danger est tout négatif, et consiste à fausser les idées des lecteurs en présentant à leur admiration et à leur imitation des exemples d’une religion tout opposée au christianisme véritable. Le silence même qu’on y garde à l'égard de l'Eglise catholique est une:

attaque perfide; ce silence calculé, qu'on fait passer pour de la modération, est hostile et non point pacifique ; il tend à apprendreaux gens à se passer de l'Eglise et à la laisser en dehors de la vie commune. Très-heureuseraent ces histoires sont fort mal écrites et mortellement ennuyeuses, ce dont il faut louer Dieu.

Les brochures du la seconde espèce, que l’on distribue avec discernement, attaque de. front la sainte Eglise ; ce ne sont le plus:

souvent que de violentes diatribes contre ce

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de sont des calomnies impudentes contre le clergé catholique ; des blasphèmes contre la. la Mère du Sauveur, et des mensonges si.

grossiers et si odieux qu’ilest impossible de les attribuer à la seule ignorance !.

1, Les plus agressifs de ces pamphlets sont ceux des pasteurs Puaux et Roussel.

Quelquefois, ainsi que Mgr. l’évêque de Strasbourg le dénonçait solennellement dans un mandement récemment publié, ces brochures partent un titre catholique et sont ornées, pour mieux tromper les simples, de l’image de la sainte Vierge. L La distribution de ces libelles est pour les proléstants une œuvre pie, qie les sectes divisées sémblent faire en commun. Elle prend chäque année de nouveaux développemernts!: l’ancien colporteur, qui voyageait jadis à pas lents, chargé de sa balle, s’est transformé et multiplié. Le beau sexe protestant prend une part de plus en plus active au Colportage ; les wagons se remplissent d’évangélistes en jupons. Bourrant leurs poches, leurs sacs à ouvrage, leurs caisses à chapeaux, de ces brochures romposées par leurs ministres respectifs, ces dames partent pour la croisade, déterminées à détruire l’empire de la superstition. Elles offrent leurs petits papiers, elles les distribuent, elles les lancent, elles les imposent, elles les déposent; “elles les glissent entre les jalousies, elles les fourrent sous les portes, elles les accrochent

1..En 1856, une seule Société protestante, ceéllé aite des Traités religieux, de Paris, a édité un million vingt-' huit mille de ces brochures ; en 1857, un million cinq cenl'mülle. : Une:autre Société qui'a son siége à Toulouse; $e:vantait, dans ses comptès-rendus.de 1856, d’avoir répandu.plus de vingl-deux millions de ces livres depuis sa fondation. | RS

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avec des épingles aux haies des chemins et aux arbres des grandes routes.

Cette manière d’apostolat n’est pas nouvelle ; Luther ne la dédaignait point. Au libelle diffamatoire qu’il fabriquait de verve et en maître, son génie non moins astucieux que brutal ajouûtait la caricature. Son disciple chéri, l’angélique Mélanchton, l’assistaiten cette lâche besogne où tous deux prenaient un grand soin. Ces libelles et ces caricatures de si sainte origine étaient d’une obscénité révoltante. Quoique certains côtés scabreux sur lesquels Luther appuyait par une pente naturelle soient plus gazés dans les brochures qu’on distribue de nos jours, nous aimons à croire cependant que les pieuses voyageuses qui les placent avec tant d’acharnement ne les lisent pas toutes.

A ces productions de l’hérésie opposons les bonnes lectures, et que l’ardeur protestante tourne à la gloire de Dieu en ranimant notre zèle pour la diffusion des livres catholiques.

La tolérance protestante:

Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un assez répandu, non-seulement .

dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains demi-catholiques. ‘ Si la Réforme a fait du mal, dit-on, si elle a fait couler beaucoup de sang et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde

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un bien inappréciable : la tolérance religieuse.”

Or, il n’est rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme est intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l’est pas partout au même degré ; mais d'où cela vient-il ? de èe qu'il n’a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffit pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne peut pas toujours ce qu’il veut ; mais toujours, qu'on lui rende cette justice, en fait d’iutolérance, il fait ce qu’il peut.

Partout où la Réforme s’est introduite, elle l’a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Añgleterre, en Suède, ont été invariablement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C’est tout simple :.la Réforme est une révolution, et tout révolutionnaire est tyrannique de sa nature.

ne fois établi, le protestantisme s’est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protéstantisme anglais vis-à vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il écrase en ce moment encore la fidèle et malheureuse Irlande,

Un célèbre historien anglais protestant, William Cobbett, a été forcé par sa conscience de rèndre, contre l'Eglise nationale, cet écrasant témoignage : “ Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au

gieuse.” moins >artout st intone l’est où cela même sil ne ir. Le ut pas , qu'on érance,

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monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice ; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs porte Il rapporte des actes officiels du Parlement constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans. PEINE DE MORT était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prètre catholique qui entrait dansJe royaunie, ou qui était convaincu d’avoir célébré la Messe ; PEINE DE MORT Contre quiconque osait donner asile à un prêtre ; PEINE DE MORT Contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Élizabeth était le chef de l’Eglise de JÉésus-Carisr. Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n’assistait pas aux offices protestants, et ‘la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d’Elisabeth, formeruit, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de notre marine réunies,

“ L'Eglise d'Angletèrre n’a point changé ; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusquà présent ; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance!.” ,

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