WEBSTER, N.Y
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L'incrédulité est dans le protestantisme, comme le chêne est dans le gland, comme ia conséquence est dans le principe. La pente est glissante dans le chemin des négations, Si le libre examen d’un luthérien, ou sa raison, comme vous voudrez l'appeler, le force à rejeter l'autorité du pape, Vicaire de JESUS-CHRIST, Ce même libre examen fait rejeter au calviniste la présence réelle de Notre-Seigneur dans l’Eucharistie, dogme conservé par les luthériens. Par le même principe, les sociniens, les ministres de Genève et une foule de pasteurs français rejettent aujourd’hui, à limitation de Voitaire et de Rousseau, la divinité même de JEsus- CHRIST, et par conséquent abjurent le christianisme et tombent dans l’incrédulité complète, toujours par suite du libre examen.
Nos philosophes allemands et français, rationalistes et panthéistes de toutes les nuances, ne s'arrêtent point à JESUS-CHRIST et nient l'existence d’un DrEu créateur ; tout cela encore par la grâce du libre examen.
Or, je le répète, et tout protestant le répétera avec moi, le libre examen c’est le protestantisme dans son principe essentiel.
Luther, père du libre examen et du protestisme, est donc le père de l’incrédulité, le père de toute négation antichrétienne ".
1. C'était le sentiment du roi Henri IV au plus fort de son calvinisme. Il trouvait que Protestant et Turc étaient synonymes quant à la piété : ‘“ Je suis endiablé, écrivait-il à la marquise de Verneuil, si je n'étais huguenoi, je me ferais Turc.”
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‘‘ J'étais à Téna, dit M. Eugène Rendu dans son mémoire sur l'instruction publique en
Allemagne, j'étais à [éna deux mois après
l'ouverture du synode qui devait réunir à Eisenach les pasteurs des différents Etats d'Allemagne. ‘ S'occupera-t-on, demandai-je à un pasteur, professeur célèbre de théologie
| à l’Université d’léna, de questions dogmagtiques et de doctrines ?—Non, répondit le
théologien ; on traitera de liturgie et de sim-
A ples questions de forme. Sur lé reste, on ne
peut penser à s'entendre; dès qu'on se rencontre sur le terrain dogmatique, Psé, tout dis. paraii !”
Eugène Suë, l'un des chefs du parti antichrétien, a écrit, entre cent autres, ces lignes que nous recommandons à la méditation de tous les catholiques, et des nombreux protestants qui aiment la vérité : “ Les hommes de liberté!, dit-il, les radicaux, les rationalistes ont peut-être inoportunément attaqué le protestantisme, sorte de religion transisitoire.. de pont, si je puis m'exprimer ainsi, à l’aide duquel on doit arriver assurément au rationalisme pur, tout en subissant cette fatale nécessité d’un culte dout la masse de la population ne saurait encore, à cette heure, se passer.
“... Nous, libre penseur, pénétré des périls inhérents à toute religion, nous admettons
1. Lettre publiée dans le National beige en novembre 1856, et reproduite par tous les journaux du parti.
la nécessité d’une religion (transitoire, il est vrai), car, disons-le, il faut distinguer le possible dü désirable.
‘ L'on doit reconnai:re qu’il est des degrés . dans le mal, et que le moindre mal est préférable au mal absolu.” Le mal absolu pour ces hommes, c’est Jesus. CHrisr et son Eglise, c'est la religion, ce sont les catholiques.
Et passant de la théorie à la pratique, Eugene Suë formule les odieux statuts d’une association dont les membres ne baptiseront plis leurs enfants, ne se marieront plus religieusement, ne présenteront plus les morts à l'Eglise, en un mot, renonceront complétement à tout rapport avec la religion.
Un autre impie, Edgar Quinet, grand prôneur du protestantisme, et gendre d’un pasteur, appelle les sectes protestantes les mille portes ouvertes pour sortir du christianisme.
Nos protestants, dira-t-on, ne vont pas généralement aussi loin. C’est vrai :ilya des degrés dans le protestantisme, et l’incrédulité absolue n’est autre chose que le protestantisme au superlatif,
Le Protestantisme et la Réyelntion.
Tout protestantisme est révoluiionnaire.
Je ne dis pas tout protestant, mais tout protestantisme,car je sais bien que l’homme n'’esk
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pas toujours assez conséquent pour mettre en harmonie ses actions avec ses Croyances ; sOuvent il vaut mieux par ce qu’il fait que parce qu'il pense ; et de même que nousavons malheureusement des révolutionnaires forcenés parmi les catholiques, on rencontre en grand nomore des esprits sincèrement amis de l'ordre parmi les protestants; mais il s’agit ici du protestantisme et non des protestants, et, je le repète, tout protestantisme est révolutionnaire.
Tandis que le catholicisme est la soumission du cœur et de l'esprit à l'autorité de l'Eglise, le protestantisme n’est que la négation de toute autorité en fait de religion.
Or, une fois établi en principe que l’homme ne doit reconnaître aucune autorité religieuse, n'est-il pas simple, naturel, logique, de conclure qu'il ne doit non plus reconnaitre aucune autorité politique ou civile ?
‘ Pourquoi ceux qui ont rejeté l’obéissance à l'Eglise ne rejetteraient-ils pas l’obéissance à lJ’Etat? Le protestantisme, ou la révolte contre l’autorité religieuse, renferme dansses entrailles le germe de la révolte contre toute autorité politique.
L'histoire du protestantisme rend un éclatant témoignage à cette vérité. Partout où il fut proclamé, son premier appel à la révolte des chrétiens contre le Pape se traduisit à l'instant mème en appel à la révolte des peuples contre les rois Les mêmes langues des chefs de la Réforme qui formu-
laient les blasphèmes les plus atroces contre le chef de l'Eglise vomirent les plus sanglantes insultes contré les chefs des Etats, Pour ces génies du désordre, si le Souverain Pontife ne fut qu’un tyran, les princes ne furent que des monstres, et les guerres de religion qui, à cette époque malheureuse, ensanglantèrent l'Allemagne, l'Angleterre et la France, ne furent au ’ond que dès guerres de révolution.
‘ Depuis lors, le protestantisme a tor.jours et partout sympathisé avec toutes les révoltes, et toutes les révoltes ont témoigné au protestantisme des sympathies bien frappantes; tout protestantisme-a’‘toujours été essentieliement révolutionnaire comme toute révolte a toujours été essentiellement protestante.
“ C’est du sein des peuples protestants qu'est so:ti l'esprit de révolte gui, dans ces derniers temps, a gagné certaines contrées catholiques ; c’est depuis que la Réforme a failli renverser l’autel que tous les trônes ont été ébranlés. La Révolution de ia France catholique n’a été qu’une imitation sanglante de la Révolution de l'Angleterre protestante ; et c’est au protestantisme anglais que revient la triste gloire d’avoir introduit dans l’Europe chrétienne la mode paienne d’assassiner juridiquement les rois.”
1. Carème prèché devant l'Empereur, à la chapelle des Tuileri-s, en 1857, par le R. P. Ventura (4e Discours).
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En vertu de cetté commune origine, le protestantisme et la Révolution se fondent de plus en plus. ‘Les protestants honnètes repoussent, il est vrai, cette union qui les épouvante ; mais elle s’accomplit fatalement, en vertu du principe même qui a produit la Réforme, et les organes les plus avoués du socialisme le proclâment hautement.
“‘… Je m'adresse à toutes les croyances, à toutes les religions qui ont éombaitu Rome, écrit le révolutionnaïre Quinet ; ELLES SONT TOUTES, QN'ÉLLES LE VEUILLENT OU NON, DANS NOS RANGS, puisqu’au fond leur existence est aussi inconciliable que la nôtre avec ta domination de Rome.” or
Tout Luther religieux, dit Louis Blanc, appelle nécessairement un Luther politique.
Mazzini, Garibaldi et les autres aventuriers qui ünrent, il y a quelques années, sous leur joug pervers la capitale du monde chrétien, ne crurent pas trouver un meilleur moyen d’affermir et de consolider en Italie la révoiution sociale que d’y introduire le protestautisme ; des miiliers de Bibles falsifiées furent distribués dans Rome, et le projet fut formé de donner aux protestants l’Église du Panthéon, au cœur même de la ville. ‘ La Bible, disait en 1850 Garibaldi en confiant au ministre protestant Pozzi l'éducation reli gieuse de con fils, la Bible est le canon qui nous ouvrira l'Italie.” |
Les publications effroniées des révolution-
naires modernes sont, du reste, sous les yeux
des protestants comme elles sont sous les nôtres. Qu'ils les consultent, D'une voix unanime, les révolutionnaires applaudissent tous au protestantisme, cette forme religieuse de la révolution. |
C'est là un fait incontestable et public qui mérite l’attention des hommes sérieux ; ceux qui restent indifférents aux intérêts sacrés de la foi doivent s’érnouvoir au moins à l’aspect des dangers du foyer domestique.
‘“ Le socialisme, a-dii un grand écrivain, n’est que le protestantisme contre la société, comme le protestantisme n’est que le socialisme contre l'Eglise.” [
1. Du protestantisme. et de loutes les hérésies dans leur rapport aver le sociniisme, par Aug. Nicoras.—Je ne saurais trop recommander ce remarquable travail à tous ceux qui voudraient étudier plus à fond Ja vérité si grave que je n’ai fait qu'indiquer dans ce petit article — Consulter aussi le beau livre du P. PERRONE : Le Prolestanlisme et la règle de foi.
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