‹ Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui [microform]Chapitre 33 sur 40 · J. HARENIUS, De vila Calvini · texte numérisé non relu

J. HARENIUS, De vila Calvini

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tes dont DIEU a menacé les impies et les réprouvés..Je puis l’attester en toute vérité, ajoute-t-il, puisque je l’ai vu de mes yeux.”

Spalatin, Justus Jonas, Isinder, et bien d’autres amis de Luther et coryphées de la Réformes, périrent les uns désespérés, les auires fous. =

Henri VIII mourut en disant qu'il avait perdu le ciel; et sa digne fille, Elisabeth, expira dans des sentiments d’une désolation profonde, couchée par terre, et n’osant se mettre au lit, parce qu’au début de sa maladie, elle avait c'u voir son corps tout décharné, palpitant dans un brasier de feu!

En présence de ces morts épouvantables, et devant la pensée dé l'éternité, puissent nos pauvres frères catholiques qui seraient tentés d'abandonner la foi de l'Eglise pour se mettre à la suite de ces infortunés, se rappeler qu'un jour viendra où ils devront, eux aussi, se préparer à paraître devant Dieu !

Puissent-ils penser à la mort, au jugement, à l'enfer, et je leur affirme qu'ils ne se feront pas protestants.

Que ceux pourtani qui ont été assez malheureux pour céder à la tentation et renier leur foi ne désespèrent pas de la miséricorde divine, et qu’ils écoutent l’histoire parfaitement véridique de la mort d’uri apostat, plus coupable certainement qu'ils ne ie seront jamais.

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1, Voir l'Histoire d'Anglelerre, de LinG@arD t. VIE, c. vu, et les Leltres de Miznenr, lettre VIIT, p. 246 et suiv.

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Dans un pays limitrophe du nord de l'Allemagne vivait un prêtre oublieux des devoirs de son saint état, A force de tomber de désordres en désordres, ii en vint à un tel excès qu’il renonça à sa foi et s'enfuit de sa patrie pour se faire protestant: il accepta une place de pasteur, et ainsi de prédicateur de la vérité il devint un maître d'erreur.

Cet état d’inimitié avec Dieu dura pour ce malheureux plusieurs années. Un jouril fut invité à diner par un prédicateur d’une grande ville, qui réunissait à sa table plusieurs autres pasteurs du voisinage. Tandis qu'ils s’y livraient ensemble à la gaieté, on vint dire au pasteur muître de la maison qu'un pauvre homme était sur le point de mourir, qui paraissait avoir bien besoin de secours spirituels. Je ne suis quel empêchement s’opposa à ce que fût ce pasteur Fuimème quise remdit auprès du malade, et notre apostat s’offrit en conséquence pour aller le remplacer dans ce ministère. Son offre fut acceptée. On l’introduisit bientôt dans une chambre où gisait un vieillard qui allait rendre son dernier soupir avec Île désespoir dans son cœur, Le pasteur lui lut quelques mots d’un passage de la Bible ; mais le moribond lui dit pour toute réponse : ‘* Je suis perdu ; il n’y a plus de pardon pour moi; malheur à moi, je suis damné !”

Le pasteur cherchait à le rassurer et l’exhortait à prendre confiance. ‘“ Non, non, reprit l’autre, personne ne peut me prêter

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Pouvoir sacerdotal : IS , 6 puis rouvrir û un MOurant, FU ue k

co. fut alors Pour le pauvre moribond Si Un ange était venu du Ciel pour

lui rendre l'espérance et le salut. Vaincu ar l’infinie miséricorde de son Dreu, qui, à la dernière heure ae sa vie, lui offrait encore le pardon, et avec le pardon le retour de ses faveurs et l'assurance au salut, il fit dans les sentiments de la plus vive douleur et du plus sincère repentir, la confession de ses péchés, en obtint l’absolution et mourut dans la paix du Seigneur. Ce triomphe de l'amour divin, qui veut le salut de tous les hommes et recherche les plus grands pécheurs jusqu’à leur dernier soupir, frappa tellement celui qui en avait été l'instrument, et son cœt fut tout à coup si changé par la toute-puissance de la grâce, que dès ce moment-là il résolut de se convertir. De retour auprès de ses Compagnons, qui n'étaient pas encore séparés, il leur parla ainsi : ‘“ Adieu, messieurs ; je rentre dans le sein de l’Église catholique que j'ai abandonnée avec tant de perfidie. Je viens de voir combien le moment de la mortest horrible pour un: apostat, Je me suis retrouvé prêtre et j'ai servi d’instrument à la miséricorde de Dieu; et voici que cette miséricorde infinie m'appelle moimême à la pénitence, à la réconciliation et au salut.”

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Le protestantisme et J'incrédulité,

Les incrédules et les rationalistes de nos Jours ont des complaisances toutes parliculières pour le protestantisme et pour l’œuvre de la Réforme ; ils regardent Luther et Calvin comme leurs grands-pères, et ils ont raison. Quoi qu’en disent quelques protes tants encore chrétiens, l’incrédulité qui ravage notre société moderne est la conséquence logique,fatale,de la révolte religieuse du seizième siècle.

Le protestant, cest l’homme qui, au nom du libre examen, rejette une partie des vérités chrétiennes que l'Eglise enseigne au monde par l’autorité du Christ. L'incrédule, west l’homme qui, au nom de ce même libre exanien, va plus loin et rejette l’enseiuble de ces vérités. ù

Le protestant rejette l'Eglise parce qu'il ne Ja croit point d'institution divine. L’'incrédule rejette le Christ, parce qu’il ne le croit point vraiment Dieu.

Le principe est le même de part et d'autre.

C'est la raison individuelle qui prend la place de la foi, c’est-à-dire de la scumission de l'esprit à l'autorité divine. Le protestant, qu’il le sache ou non, est un incrédule en germe, et l’incrédule est un protestant parfait.

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