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LA LUTTE CHEZ LES ANCIENS

Les anciens attachaient une grande importance à tous les exercices de gymnastique. Aussi avaient-ils porté la lutte au plus haut point de perfection qu'il fût possible. Les lutteurs adroits étaient honorés et donnés en exemple à leurs concitoyens : ils servaient d'émulés à la jeunesse.

Les poètes d'abord, les historiens ensuite, se sont plu à conserver les noms et à décrire les hauts faits des lutteurs de l'antiquité. Homère montre Ajax et Ulysse l'emportant sur tous les autres lutteurs. Ovide fait le tableau poétique de la lutte entre Hercule et Archéloiis — et Lncain décrit celle d'Antée.

L'histoire n'a pas dédaigné d'inscrire les noms des hommes fameux par leurs exploits dans les arènes : — Milon , Polydamas , Théagène , sont célébrés tour à tour par Diodore, Pline, Cicéron, Pausanias.

Pausanias s'est intéressé spécialement à la gloire

de Milon et a décrit, avec des détails émus, la mort de Polydamas, un des plus adroits lutteurs de l'antiquité, après Tliéagène de Tliasos qui avait remporté jusqu'à quatorze cents prix.

Si donc poètes et historiens nous ont conservé la mémoire des lutteurs d'autrefois, — pourquoi oublierions-nous les lutteurs d'aujourd'hui!

Rabasson a remporté, pour le moins, autant de prix que Polydamas mort aussi en luttant.

L'agilité, la souplesse, l'adresse, jointes à la force physique sont- elles moins utiles aujourd'hui? Pourquoi n'y attachons-nous pas la môme importance qu'autrefois?

Développer les forces de l'esprit en l'assouplissant par des exercices de mémoire, c'est bien... mais développer, en même temps, les forces du corps en le rendant agile par des exercices physiques... ce serait mieux ! A côté de l'instruction obligatoire, je voudrais la gymnastique obligatoire, et que la lutte redevînt en honneur comme chez les anciens Grecs.

Les anciens Grecs avaient établi un triple concours de musique, d'éloquence et de lutte. Les combats sanguinaires leur étaient inconnus. Marc-Aurèle,le plus sage des empereurs romains, voulut faire

revivre à Rome le goilt des luttes artisticjues de la Grèce, — avant la conqiiôle romaine, — mais le goiit des gladiateurs et des massacres d'hommes et d'animaux prévalut toujours.

Aux lutteurs policés les Romains blasés préféraient les lutteurs barbares.

Les lattenrs barbares. — Les lutteurs policés.

II y avait chez les Romains deux sortes de lutteurs : Les lutteurs policés et les lutteurs barbares. Ces derniers que j'appellerai : les athlètes de la décadence , n'étaient dressés qu'au métier de lutteur, dans lequel ils apportaient l'énergie et la férocité du sauvage. Ceux-là défrayaient les jeux publics : 'leur force musculaire, développée à l'avance, les l rendait éminemment propres à la lutte des am- [ phithéâtres où ils amusèrent, durant les derniers j siècles, la population romaine.

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