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Réponse de M. de Mathweqf à la lettre précédente.
La Haye, le 5 Fëvr. 1709.
Monsieur, j'ai eu l'honneur de recevoir la lettre datée de Whîtehall le 11 de ce mois, n. s., par laquelle V.Exc. me fait part des promesses adressées à S. M. czarienne de la part de S. M. la reine de la Grande-Bretagne, au sujet de la réparation de l'affront que j'ai souffert. La proposition que vous avez portée au parlement par ordre de la reine, pour établir par une loi la sûreté et l'observation des privilèges des ambassadeurs et autres ministres étrangers résîdens à la cour de S. M. la reine, est sans doute un moyen très-propre pour dissiper les inquiétudes qu'ils ont dû concevoir depuis l'outrage fait à un ministre du premier rang. Mais rien ne ressemble moins a la satisfaction que S. M. czarienne demande que ce que vous m'annoncez dans votre lettre, la résolution définitive sur cette affaire n'étant point prononcée, et ïa sentence faute de lois particulières renvoyée à une époque indéterminée. S'il a été au pouvoir de S. M. la reine, de demander l'avis du parlement pour établir une loi
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nouvelle, pour assurer l'immuiuté des ministret éCrangierf et empêcher toutes vidences contre eux â ravenir^ pourquoi n'a-t-on pas pu aussi bien prendre des meiktrcs pour prononcer sur la satisfaction pour un aete qui i ce que Y. £xc. m'assure, a tant excité Tindignatioii de S. M. la reine et de tonte la nation anglaise? Pour peu que S. M. ait à coeur d'entretenir l'amitié avec S. M. csa-* i^enne^ comme S. M. 1-empereur prend soin de l'entretenir avec elle, il sera d'autant plus facile k S. M. la reine de maintemV le droit des gens dans toute sa vigueur, qn'elb y a précédemment tant contribué en exigeant de la rè^ publique de Venise une satisfaction si éclatante pour la violence faite contre les gens k livrée -de son amblassa* deur. Lord Manchester, satisfaction que le sénat n'a point hésité à lui donner, malgré les lois existantes de Ja ré^ publique, crojapt ne devoir suivre en cette occasioii que les principes du droit des gens. Yous désirez, Monsieiu', que je fasse rapport à S. M. l'empereur du retard q[ae votre jurisprudence met à la prompte décision de cette aifaire; mais comme votre lettre ne contient rien de définitif au sujet de la satisfaction, je suis fâché de ne pouvoir acquiescer A votre demande; vu que j'ai reçu l'ordre positif de S. M. czarîenne, de solliciter avec instance de S. M. la reine une réponse à la lettre^ de rempereur mon maître, et une déclaration précise, si S. M. veut reconnaître les principes du droit des gens, ou non? C'est aussi en exécution des ordi'cs que je viens de recevoir nouvellement, que je vous prie. Monsieur, de vouloir m'honorer d'une prompte réponse sur ce que je viens de vous exposer, afin que la conclusion de cette affaire n'éprouve plus des retards qui blesseraient S. M. czarienne. Il me reste à vous remercier, Monsieur, des assurances que vous avez la bonté de me donner en cette occasion, et de vous prier d'agréer l'expression des sentimens de reconnaissance et d'estime avec lesquels je suis etc.
A. de Mathweof.
AMB. DE RUSSJE À IiONDRESj EN 1709- 65