‹ Causes célèbres du droit des gens (volume 4)Chapitre 18 sur 85 · AMB. DE BUSSIIS À IK)NI)A£S; EN · texte numérisé non relu

AMB. DE BUSSIIS À IK)NI)A£S; EN

demandait, et ce fut à cet effet que S. M. revêtit Lord Withworth, son envoyé extraordinaire à la cour de Russie, du caractère d'ambassadeur extraordinaire, et l'autorisa à faire en son nom, dans une audience publique, ses excuses à Pierre l

Ce fut lors des fêtes qui, au retour du czar de la campagne victorieuse contre Charles XII eurent lieu à MosooH et qui durèrent six semaines, que liord Withworth s*acquitta de sa commission.

Le 5 Février, jour fixé pour cette solemirité, M. Basilô; de Soltikof, écuyer-tranchant de S. M. Impériale, accompagné de M. Athanase de Dmitreef Mamonof, échanson, faisant ibnction de maître de cérémonie, se rendit à Photel de l'ambassadeur dans un caresse de S. M. poin* le prendre; ils furent suivis par vingt autres caresses occupés par les principaux seigneurs de la cour ou destinés en partie a recevoir les secrétaires et les gentilshommes de l'ambassade*

A l'arrivée de Pambassadeur au château, les régimenis des gardes Preebrazenski etSemano&ki qui occupaient l'intérieur do la cour, battirent aUx champs et restèrent en parade pendant tout le temps de l'audience. M. de Narischkin, gentilhomme de la chambre de l'empereur, vint au-devant de l'ambassadeur au bas de rescajier j le prince George d© Scherbatof, conseiller d'état, lui rendit le même honneur au haut de l'escalier ; et M. de Mussin Pouchekine, conseiller privé,, le complimenta dans Panticliambre d'où il le conduisit, selon le cérémonial usité, jusqu'à la salle d'audience , où l'empereur se trouva debout et dé-

70 li AFFAIRE Vti M. DE MATHWEOF,

courert sous un dais, appuyé sur une table, ayant un fauteuil derrière lui, et entouré des gnpidi^ des ministres et des généraux de Pârmée.

Après les trois révérences d'usage Pambassadeai ayant monté la première marche de l'estrade^ restant debout et décourert, prononça son discomra en^^mi^ glais, dont le secrétaire d'ambassade lut la teluduction allemande, signée de la main de l'ambassadMr, afin que les mim'stres étrangers qui avaient Mé invités dans les formes pour assister à cette-4i|i^tannité| en entendissent le contenu j après quoi un des fgàf^id'^ res de l'empereur en fit autant en langue niSip pour les grands et les seigneurs de la cour,

N«- XIV

Traductiot^ du dUcaufê prgno^é far Lord Wtthtortà^

Très-Haut et Très-Puissant Empereur I (*) C'est avec une douleur bien vive que je me vois obBgé aujourd'hui dé rappeler à V. M, Impériale l'attentat qui fut commis sur la personne de son ambassadeur à la cour de la Grande-Bretagne, Maïs je me félicite d'avoir reçu des ordres exprès de S. M, la reine pour déclarer combien elle a mis de soins pour donner à V. M. une satisfaction éclatante qui puisse servir de témoignage de l'amitié constante qu'elle a eue de tous temps pour V. M. Impériale, et qu'elle a à coeur de conserver inviolablement envers sa personne sacrée.

A peine la reine eut-elle coimaissance de cet événement fâcheux, que les coupables ressentirent son indignation royale; ils furent ai'rêtés, examinés devant S. M.

(1) Ce fut en cette occasion que pour la première fois la Grande^ Bretagne donna au Gzar le titre d'Empereur.

AMB« DE RtTsaiB A liONDRES; SN 1709* 71

dan5 son conseil, emprisonnés et poursuivis en jastice selon la rigueur des lois; et bien que celleé--ci fussent insuffisantes y on ne déclara pas moins les ^coupables infâmes, du consentement unanime de toute la nation, dans le parlement assemblé, qui par un acte public a fait connaître au monde, combien il a en horreur tm pareil acte et combien il a été empressé éprendre les précautions nécessaires, pour en prévenir de semblables pom- Pavenir. L'on ne s'en tint pas là ; les coupables ont été déclarés indignes de toute grâce et exclus du pardon général que S. M. a fidt accorder à tous ses sujets, même à ceux qui avaient attenté contre sa personne sacrée.

Enfin pour manifester publiquement les sentimens d'équité comme ceux de l'amitié sincère qu*elle a pour Y. M., S. M. la reine a daigné me revêtir du caractère éminent de son ambassadeur extraordinaire, commissaire et plénipotentiaire, afin de représenter sa personne royale, comme si elle-même était présente, pour témoigner le chagrin et la juste et haute indignation qu'elle ressent de cet acte de violence conmiis sur un ministre public, et notamment sur celui pour lequel S. M. la reine a une estime toute particulière, et pour faire agréer à V. M. SCS excuses de ce par le défaut des lois de son royaume, (le cas d'une violation si extraordinaire du droit des gens n'étant 'point prévu par la loi,) il n'avait point été possible de punir les coupables avec toute la rigueur qu'ils méritaient, et selon le désir de V. M. Impériale, et d'exprimer enfin, combien S. M. la reine est portée i entretenir l'ancienne amitié et la bonne intelligence subsistant depuis si long-temps entre les deux couronnes, et dont V. M, Impériale trouvera les sentimens exprimés dans la lettre que je dois avoir l'honneur de lui remettre de sa part.

C'est avec instance que je prie V. M. Impériale au nom de S. M. la reine do daigner recevoir Ses excuses avec nvi$ Section fratçroçllç, et de ne point imputer à

72 n. AFFAIRE DS H. DS IdCATHWEOF, ^

S. M. la reine , ni à la nation anglaise , nn cTèncnsicm dont quelcjnea pcrturl^atcurs se sont rendus* coupables, mais quEUe veuille les oublier et conserver pour S^.M. la reine et pour ses peuples les sentincns 4'àmitié et d'intérêt qu'Ëlle leur a portés jusqu'à présent

Quant à moiy je m'estimerai très-heurewc, ai je puis contribuer en Quelque manière à ce grand oeuTre si. avantageux aux deux couronnes et. si nécessaire 1 l'état dé l'Europe. r.

Les bienfaits et les marques de bonté dont Y. M. a daigné m'honorer pendant Texerdce de mes fonctions comme envoyé extraordinaii*e de S. M. la reine, et dont le souvenir ne s'efTacera qu'avec ma vie, me font espérer qu'EIIe voudra bien m'accueillir avec cette même bonté toutes les fois que par ordre de ma souveraine j'aurai l'honneur de lui faire, quelques propositions.

• Que y. M. me permette de recommander à la liante protection de Y. M. Impériale les sujets de S. M, Britannique habitant ce pays, pour le libre exercice du convmerce que leurs ancêtres ont commencé les premiers â établir à Archangcl à grands frais.

Ce discours fini , et la lecture des deux traductions en langue allemande et russe ayant été faite à haute voix, l'ambassadeur remit encore dans les mains de l'empereur une lettre autographe de la reine, dont la traduction en russe était jointe. L'empereur l'ayant donnée au comte Golofkin, grandchancelier de l'empire, fit en personne la réponse suivante au discours de Lord Withworth.

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