V. AFFAIRE DU DUC DE EIPPERDA
mois, S. Exe. eut à cette occasion audience du roi d'Espagne. Après lui avoir fait un rapport exact et sincère de tout ce qui s'était passé entre lui et le duc, Mr. Stanhope fut assez heureux d'entendre de la propre bouche de S. M. CathoUcpie^ l'assurance que sa conduite ne lui avait point déplu, quelque raison qu'elle eût d'être mécontente du duc de Rîpperda, j^our s'être réfugié dans riiôtel d'un ministre étranger. Le roi Catholique ajouta que le duc avait demandé un passeport pour pouvoir se retirer en Hollande; mais qu'il ne pouvait le lui accorderj jusqu'à ce qu'il lui eût remis divers papiers importans pour son service, qu'il avait entre les mains; et S. M. exigea de Mr. Stanhope de lui promettre qu'il ne permettrait point au duc de s'échapper de son hôtel, jusqu'à ce qu'elle eût fait faire une liste de tous ses papiers, et qu'elle les eut envoyé chercher, ce qui devait se faire le lendemain. Mr. Stanhope y consentit, et engagea sa parole pour garder sûrement la personne du duc de Rîpperda. C'était là tout ce que le roi d'Espagne lui avait demandé. L'approbation de S. M. Cathohque à tout ce que M. Stanhope avait fait, no peut être plus fortement confirmée, que par la lettre dont je joins ici une copie, que le marquis de la Paz lui écrivit le même jour, et dans laquelle il lui dit, que S. M. Catholique avait une entière confiance dans la parole que S. Exe. lui avait donnée pour garder le duc deRipperda dans son hôtel: et il lui apprend qu'il avait été résolu, pour plus grande sm'eté, de poster quelques soldats dans le voisinage et les avenues de son hôtel; l'assurant en même temps, que dans cette démarche il n'y avait pas la moindre défiance de la part de S. M. , par rapport à S. Exe. ; mais que ce n'était uniquement que pour prendre une plus grande précaution contre les entreprises que le duc pourrait faire pour s'échapper.
Mr, Stanhope donc, en conséquence de ce que le i*oi Catholique lui avait fait l'honneur de lui dire dans
PREMIER MIN. DE PHILIPPE Vj EN 1726- 203
Taudlence qu'il venait d'avoir de S. M., ayant donné sa parole au duc de BJpperda qu'il pouvait rester dans son hôtel, aussi long -temps qu'il n'entreprendrait point de s'évader, ne pouvait rétracter cet engagement, que par ordre du roi son maître, et nulle autre personne au monde n'avait droit de l'en décharger. Ainsi personne ne peut nier, qu'après tout ce qui s'était passé de part et d'autre, la force dont on s'est servi pour enlever ce duc de Thôtel de S. Exe, sans en avoir auparavant obtenu, ou du moins demandé le consentement de S. AL Britannique, doit être regardée comme une infraction au droit des gens.
V. Exe. verra que votre cour même était de cette opinion,, par les lettres du marquis de IfL Paz à Mr. Stanhope, du 18 et 21, du même mois, dont je joins aussi des copies ici. II paraît par ces lettres, quoique le roi Cathoh'que eût commencé à concevoir de l'inquiétude du séjour du duc de Rîpperda dans l'hôtel de S. Exe, que cependant tout ce que S. M. Catholique avait requis d'elle, était d'employer les moyens de la persuasion pour l'engager à en sortir. Et Mr. Stanhope de son côté toujours ardemment disposé à faire tout ce qui peut être agréable au roi d'Espagne, sans prostituer la gloire du roi son maître et son caractère d'ambassadeur, en violant la parole qu'il avait donnée en conséquence de ce que S. M. Catholique lui avait fait l'honneur de lui dire, remua si bien l'esprit du duc deEipperda, conformément aux insinuations qui lui avaient été faites de la part de S. M. Catholique, qu'il le détermina à consentir à sortir de son hôtel, pourvu qu'il lui fût permis de se retirer dans un couvent. Je ne saurais cacher à V. Exe, combien le roi mon maître à été surpris de voir que cette proposition n'ait point été acceptée, ne pouvant concevoir aucune raison solide qui Tait pu faire rejetter.
Mais ce qui a beaucoup plus surpris le roi mon
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■oie qu'elle avait donnée, et que ces officiers avaient ►rdre d'enlever le duc de son hâtel, et de se saisir de ous les papiers dont il pouvait être en possession, en âisant une exacte i*eclierche dans ses coâres et ailleurs. 2e]a fut exécuté sur le champ, malgré la proleslation le Pambassadenr, gui demanda seulement que l'cxécuton fût suspendue, jusqu'A ce qu'il eût fait réponse â a lettre du tnarquis de la Paz, ce qui lui fut refusé,
S. M. se persuade que V. Exe. même, sans décider i Mr. Stanliope avait droit ou non de donner sa proeciion à Mr. dé Ripperda, avouera qu'après tout ce qui 'était passé entre S, M. Catholique, ses ministres et Mr. itanhope, H était nécessaire du moins, suivant toutes es règles, avant que d'envoyer des soldats à son hôtel, [ue la susdite résolution du conseil de Castille lui eût té notifiée dans les formes, et que S. M. Catholique, n conséquence de cette résolution, s'était déterminée à aire enlever de force le duc de son hôtel, en cas qu'il le voulût point le livrer; et qu'on aurait dû attendre iisqu'A ce qu'on eût vo l'effet que cette notification auait produit, puisqu'il n'y a qu'une extrême nécessité,