IX. AFFAIRE DE M. VAN IIOEY
])nrticnlicr fjuc S. M. prend A vv ])iiiicc, .sont des moiff's qui f(;ront vraiscmhlaMcmcnt iin])rc'ssioii sur la eour de Londres , et S. M. es[)ère (ju'il n'éju-ouvera (pu; <les ])rocédés nobles el îuai^naninies (]e la part du roi d'Angleterre et i\c la nation anglaise; (;t cpie tous cenx c[ui se sont attaeliés en dei-nier lieu à la maison de Stuart, n'auront aussi ([u'à se louer de la générosité et de la clémence de S. M. Britamiique.
Mais si contre toute espérance on attentait^ ou à la liberté du prince Edouard, ou à la vie d(; ses amis et partisans, il est aisé de ])révoir cpie resj)rit d'animosité et de fureur pourrait être la suite funeste d'une pareille rigueur, et combien d'innocens deviendraient peut-être de part el d'autre, jusqu'à la fin de celte guerre, les tristes victimes d'une violenie qui ne fei'ait qu'aigrir et irriter le mal, et qui assurément n'édifierait pas TEurope. Personne n'est 2)1 us en état que vous, Monsieur, de faire valoir toutes ces raisons. Votre équité et votre amour de la paix vous suggéreront en cette occasion tout ce qu'il y a de mieux à dire sur un sujet aussi intéressant.
V. Exe. sentira elle-même qu'il n'y a pas un moment à perdre pour écrire à MM. les ministres du roi d'Angleterre, et j'espère (pi'elle voudra bien me communiquer la réponse qu'elle recevra de leur part, afin que j'en rende com])te au roi, qui prendra en conséquence les résoliuions que S. M. jugera convenables à sa gloire et à la dignité de sa couronne. Elle désire bien sincèrement que le roi d'Angleterre ne lui donne à suivre que des exemples d'iiumanité, de douceur et de grandeur d'ame, etc.
Au camp de Bouebout, le 26 Mai 1746.
d'Argenson.
Il n'y avait pas un moment à perdre si l'ambassadeur voulait avec succès se charger de cette
intercession; aussi se décida- 1- il, sans attendre des instructions de sa cour, qui n'auraient pu lui arriver assez tôt, à écrire la lettre suivante au duc de Newcastle secrétaire d'état des affaires étrangères de S. M. Britannique.
N° IL
Lettre de M. van Hoey, adressée au duc de Newcastle^ secrétaire d'état pour les affaires étrangères de S. M. le roi de la Graiide - Bretagne. (*)
Monsieur le due, j'ai l'honneur d'envoyer à V. Exe. une lettre que je viens de recevoir de M. le marquis d'Argenson au sujet de la situation dans laquelle le fils aîné du Prétendant et sqs partisans se trouvent depuis leur défaite par S. A. R. M. le duc de Gumberland. L'objet de la lettre est de représenter au roi de la Grande-Bretagne, les raisons qui font espérer à cette cour, que les vaincus n'éprouveront de la part du vainqueur, en celte occasion, que des procédés magnanimes, et qu'ainsi ils n'auront qu'à se louer de la générosité et de la clémence de S. M. Britanniffiie. V. Exe. y verra comment la bonne opinion que ma longue résidence à cette cour y a fait concevoir de moi, ])orte à désirer, que mon amour pour la paix et pour l'équité me fournisse des moyens de rendre ces raisons encore plus sensibles. Je voudrais, Mylord, avoir toute l'éloquence de la terre, et me trouver à portée d'employer efficacement tous les momens de ma vie, pour faire comprendre aux liommes, que d'agir envers les autres, comme
(1) La rédaction de cette lettre , et les lieux communs qu'elle renferme contribuèrent sans doute beaucoup à augmenter le mauvais effet qu'elle produisit sur l'esprit du roi d'Angleterre.