‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 29 sur 123 · IX. AFFAIRE DF M. VAN HOEY · texte numérisé non relu

IX. AFFAIRE DF M. VAN HOEY

de ses royaumes, et f[iii ne se trouvaient point nés sujets de S. M., (|uoic[ue le service pour lerpiel ils étaient alors emj^loyés, aurait pu très -justement en dispenser S. M.

On ne saurait, après cela, révoquer en doute le désir sincère de S. M., de remplir tout ce que peut exiger le droit des gens entre les puissances qui sont en guerre, même au delà de ce qui se pratique ordinairement; mais pour ce qui regarde ses propres sujets, ni le droit des gens, ni les cartels, ni-Tusage ou l'exemple d'aucun pays de l'Europe, n'autorisent aucune ])uissance étrangère et ennemie à s'ingérer de rien exiger là-dessus de S. M. Le roi Très - Chrétien connaît trop bien lui même le droit atlaelié à toute puissance souveraine, pour s'attendre que S. M. puisse penser autrement. Je ne puis même cacher à V. Exe. la siu'prise où a été S. M. de voir que l'ambassadeur d'une puissance si étroitement unie avec elle, et si essentiellement intéressée à tout ce qui concerne l'honneur et la sûreté de sa personne et de son gouvernement, ait pu se charger de lui faire parvenir une demande si inouie, et je suis trèsfaehé d'être obligé de vous dire, Monsieur, que S. M. n'a pu se disj)enser d'en faire ses ])laintes à LL. HH. PP. MM. les Etats - Généraux vos maîtres. J'ai l'honneur d'être, etc.

Whitehall, h 14 Juin 1746.

HoLLEs Newcastle.

En même temps Lord Trevor, ambassadeur d'Angletterre à la Haye, reçut ordre de communiquer la réponse ci-dessus aux Etats-Généraux, et de porter plainte contre la conduite de M. van Hoey.

N° IV

Mémoire de Lord Trevor, amhassadenr de S. M. Brita?miqîie à la Haye , adressé atix Etats - Généraux.

Hauts et pnissans Seigneurs! La copie ci-jointe cle la réponse que M. le duc de Newcastle vient de faire, par ordre du roi, à une lettre reçue de M. van Hocy, informera LL. HII. PP. de la dcmarclie que leur ambassadeur s'est permis de faire envers ma cour, et du juste ressentiment que le roi en cj^rouve. S. M. a été on ne peut pas plus surprise de voir l'ambassadeur de LL. HH. PP. oublier son caractère, et démentir \qs sentimens de Si^s maîtres, jusqu'à prêter, à la prière d'une puissance en guérite ouverte avec la Grande-Bretagne, son ministère pour faire parvenir à S. M. une demande aussi étrange et inadmissible, et même jusqu'à oser appuyer cette demande par son intercession en faveur d'un clief de rebelles et de ses complices.

S. M. m'ordonne de porter à LL. HH. PP., dans \qs termes \qs 2)1us sérieux, ses plaintes d'un procédé aussi injurieux à sa souveraineté, aussi dérogatoire aux engagemens qui subsistent entre sa couronne et LL. HH. PP. et (comme le roi se persuade) aussi contraire aux pi^inci2)es invariables de cet état.

S. M. m'ordonne en même temps d'en demander à LL. HH. PP. une satisfaction éclatante et proportionnée au scandale que ce procédé a donné a tout homme ami de l'honneur, de la liberté, et de la religion des deux puissances.

Quant au choix de cette satisfaction, le roi ne craint pas d'y perdre en le remettant à l'amitié et au zèle d'un état libre, protestant et son allié; qui se doit

320 IX. ArFAIRE DE M. VAN IIOEY,

d'ailleurs celte justice à soi-même et à ses propres scnlimens.

Fait à la Haye, le 18 Juin 1746.

Roc. Trevor.

Voici la résolution que prirent les Etats- Généraux en cette occasion.

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