‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 43 sur 123 · XII. AFFAIIIE DU COMTE DE LA SALLE · texte numérisé non relu

XII. AFFAIIIE DU COMTE DE LA SALLE

Lettre de créance de S. 31. Très -Chrétienne , donnée an comte de la Salle, en qualité de son chargé d'affaires^ adressée au sénat de la ville de Dantzig.

Trcs-clicrs et bons amis, Nous avor<s nommé pour être chargé clu soîn de nos affaires clans votre ville, le sieur comte de la Salle, colonel d'infanterie, et nous lui avons particulièrement recommandé de vous assurer de notre bienveillance. Vous devez lui accorder une entière créance lorsqu'il vous témoignera les dispositions favorables où nous sommes pour tout ce (jui vous intéresse, et aussi lorscfu'il aura des occasions de s'adresser à Vous pour des choses concernant le bien de notre service. Sur ce nous prions Dieu, qu'il vous ait, très -chers et bonsamis, en sa sainte garde.

Ecrit à Versailles, le 1 Janvier 1748.

Louis.

Brulart.

de Bruyères, secrétaire.

Le 10 Mars le comte de la Salle arriva à Dantzig et y resta plusieurs jours sans faire connaître ni sa qualité de colonel français ni celle de chargé d'affaires de S. M. Très-Chrétienne, et sans remettre au magistrat de la ville la lettre de créance ci-dessus.

M. Schers agent de l'impératrice de Russie accrédité près la ville de Dantzig, ayant sur ces entrefaites reçu l'ordre de sa cour de faire arrêter M. de la Salle comme déserteur, se rendit à cet effet (le l6) chez le président de la régence. Celui-ci se refusa d'autant moins à acquiescer à

CHARGÉ d'aff. de FRANCE j EN 1748. 401

sa demande, qu'il ignorait que M. de la Salle fût révêtu d'un caractère public quelconque. En conséquence M. de Rosenberg, syndic de la ville, accompagné d'un sous -major et d'un lieutenant à la tête de douze grenadiers, furent chargés de se rendre à la maison de M. Walter, louée par M. de la Salle, et qu'il habitait depuis plusieurs jours. Après avoir placé des factionnaires aux issues de la maison, M. de Rosenberg, accompagné des deux officiers, monta chez M. de la Salle, et après avoir

fait retirer son secrétaire M , disant qu'il avait à

lui parler en particulier, il lui notifia qu'il avait ordre de l'arrêter et de se saisir de ses papiers à la réquisition de la cour de Russie, qui le réclamait comme un officier qui avait quitté son service sans en avoir obtenu la permission.

M. de la Salle protesta contre cette arrestation, en se fondant sur sa qualité d'officier français et sur celle de chargé d'affaires du roi , ajoutant qu'une indisposition, et la nécessité de s'arranger dans son logement, l'avaient empêché de présenter jusqu'à présent ses lettres de créance. Il les montra et permit même à M. de Rosenberg d'en prendre lecture, afin de se convaincre de la vérité de ce qu'il lui disait. M. de Rosenberg se retira là -dessus pour en rendre compte au magistrat^ en laissant les deux officiers qu'il avait amenés, dans la chambre du comte, auxquels celui-ci fut obligé de remettre son épée et ses pistolets^ et en plaçant deux factionnaires à la porte de son appartement.

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