‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 71 sur 123 · V. AFF. DES NÉG. CHOMEL ET JORDAK · texte numérisé non relu

V. AFF. DES NÉG. CHOMEL ET JORDAK

Peu de temps après MM. Cliomel et Jordan lui avancèrent jusqu'à la somme de 27j000 florins, partie en numéraire, partie en diamans qu'ils envoyèrent à leur correspondant à Gênes, pour en toucher le montant par un banquier de cette ville, désigné par le comte Zannowicli. Celui-ci leur donna pour nantissement de ces avances, une lettre de change de 3j500 Sequins , prétendue tirée par lord Lincoln sur ses banquiers à Londres, et acceptée par eux ; ainsi qu'une traite d'environ 9000 piastres sur Gênes 5 les assurant en outre qu'un bâtiment de vin chargé pour son compte, devait arriver sous peu au Texel, qui leur servirait encore de plus de nantissement.

Mais la lettre de change de lord Lincoln, que l'on avait envoyée à Londres, fut reconnue être' falsifiée, la traite sur Gênes fut protestée, et la cargaison de vin promise n'arriva point.

Malgré cela, le prétendu comte Zannowich sut persuader MM. Chomel et Jordan, que sa présence à Gênes lèverait toutes les difficultés, et que l'intendant de son père, nommé Nicolo Péovite, paierait ses dettes s'il pouvait se rendre sur les lieux. Les banquiers y consentirent, et le comte partit d'Amsterdam, muni par eux de lettres de recommandation. Au lieu de se rendre à Gênes, le comte alla en droiture à Naples^ ayant toutefois soin d'écrire diverses lettres simulées à ces banquiers, comme venant de Gênes.

144 V. AFF. DES NKG. CIIOMEIi ET JORDAN,

Arrivé à Naples, Zannowich ne tarda pas à s'insinuer dans les bonnes grâces de M. Cavalli, ministre résident de Venise à cette cour. Il lui présenta sous le nom de Péovite, un individu qui, descendant, comme il disait, d'une riche maison de commerce, de la Dalmatie, était à même d'ouvrir une nouvelle branche de commerce très -avantageuse à la république de Venise avec la Hollande, si par la protection de M. de Cavalli, il pouvait entrer en correspondance avec une maison de commerce d'Amsterdam. Zannowich ne manqua pas de proposer au ministre la maison de MM. Chomel et Jordan, auxquels M. Cavalli écrivit en 1774? y,qi^en qualité de ministre de Venise y il ,5 se trouvait obligé de leur recoimnander le S. NijjColo Péovite y sujet vénitien ^ qui faisait un grand „ commerce de produits de la Dalmatie^ où il apj^partenait à une famille accréditée^ qu'il méritait yytoute confiance etc.'' Dans une seconde lettre que ce ministre écrivit à ces banquiers, et par laquelle il confirma ce qu'il leur avait mandé précédemment au sujet du S. Péovite, il ajouta ,, qu'il yy connaissait particulièrement la personne et la yy famille de Péovite.'^

Sur ces recommandations, MM. Chomel et Jordan entrèrent en affaires avec Nicolo Péovite, qui se chargea d'acquitter les dettes du comte Zannowich. Ils lui firent remettre les diamans et d'autres marchandises déposées à Gênes, et laissant aussi entre ses mains la lettre de change de lord

Page 1