‹ Causes de mort et les grandes complications en dermatologieChapitre 14 sur 16 · LE · texte numérisé non relu

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(de 78 kgs à 64 kgs) paraissent relever de la maladie psoriasique. Bien qu'il y ait eu une oligurie dans les derniers stades de la vie (800 à 1.000 gr.), le rein ne paraissait pas être en cause, parce qu'il n'y avait pas d’albumine dans les urines et que l’urée sanguine était à 0,29. Le patient paraît au contraire avoir été emporté par des phénomènes cérébraux qui auraient pu relever d’une méningite. On peut® se demander en pareil cas si la tuberculose ne pourrait expliquer les phénomènes terminaux de ce malade. Une méningite tuberculeuse serait très compatible avec cette symptomatologie.

Petges, Labat et Le Coulant apportent l’observation d'un psoriasis ancien chez lequel l'emploi de sels de titane a fait déclencher une tuberculose aiguë à forme granulique et un syndrome articulaire aigu. Cette observation vient confirmer la théorie de ceux qui voient dans le psoriasis une manifestation de la tuberculose ou de ceux qui soutiennent que la tuberculose est une complication fréquente du psoriasis.

Quelle est la conclusion qu'on peut tirer de ces

observations ?

Tout en admettant l'aggravation de l’évolution par certaines thérapeutiques, on est obligé de voir dans quelques-unes de ces complications la relation directe avec la maladie psoriasique.

(D'après nos statistiques)

Îl nous a semblé utile de réunir dans un seul chapitre quelques complications qui paraissent dominer le tableau clinique des affections dermatologiques et qui sont là cause prédominante de mor: talité dans des maladies apparemment peu graves.

Il nous est facile de mettre en lumière, avant tout, le rôle tout spécial dés complications pulmonaires. Celles-ci, avec une fréquence indubitable, se greffent en effet, sur tous les débilités et c'est une façon de mourir que nos statistiques nous révèlent comme très banales.

Il n'y a qu'à consulter les chiffres de mortalité portant sur la période que nous avons étudiée pour se rendre compte de leur grande fréquence.

Sur les 880 malades qui étaient entrés à l'H6pital avec divers diagnostics de maladies cutanées, 123 sont morts de complications pulmonaires aiguës, chiffres dont l'importance frappe l’imagination car cela fait un pourcentage de 14,90 % de la mortalité totale.

Nous avons pu détailler ces différents cas et

nous les avons classés par rapport aux diverses lésions pulmonaires comme suit

— 58 sont morts de broncho-pneumonie, — 22 de pneumonie,

— 27 de tuberculose pulmonaire,

— 9 de congestion pulmonaire,

— 2 de bronchite, |

— 4 de grippe, pleurésie et granulie.

Ce chiffre-là est loin de représenter la morbidité totale due aux affections pulmonaires. Il nous a paru utile d’insister sur le grand nombre des cas des malades ayant présenté des affections pulmonaires et qui se sont terminées par la guérison.

Nous ne croyons pas que certaines affections cutanées aient l'apanage des complications pulmonaires.

Celles-ci semblent être également fréquentes dans le plus grand nombre des maladies.

Mais cependant nous devons faire quelques réserves en ce qui concerne surtout le pemphigus, les érythrodermies et l’eczéma.

Dans les chapitres concernant ces maladies, nous avons particulièrement mis en relief le rôle décisif joué par les broncho-pneumonies, dans l’évolution de la maladie.

Faut-il croire que l’âge du malade serait en rapport avec ces complications P

D’après nos recherches, elles se rencontrent avec une égale fréquence à tous les âges de la vie,

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aussi bien chez le vieillard que chez l'enfant. Mais la gravité est surtout grande à ces deux stades de la vie où elle ne pardonne pas.

Il sortirait du cadre de ce travail d'insérer le grand nombre d'observations que nous avons pu recueillir au cours de nos recherches à l'Hôpital Saint-Louis.

Une conclusion s'impose : les affections pulmonaires sont très communes au cours des maladies dermatologiques. Complications graves le plus souvent, elles règlent l’évolution de la maladie et le sort du malade. ;

Notre attention a été attirée aussi par des complications cardiaques assez fréquentes.

Dans certains cas il y avait une relation évidente entre la dermatose et la cardiopathie (lésions cutanées syphilitiques et aortite), mais dans un grand nombre de cas il nous a paru difficile de 1e-

lier la cardiopathie à la maladie nécessitant l’hospitalisation.

Etait-ce une greffe microbienne sur une lésion préexistante de l’endocarde ou du myocarde, ou faudrait-il plutôt invoquer un mécanisme plus complexe d'action toxique à distance ?

Il nous semble qu’il est difficile de donner une réponse unique. Ce serait plutôt une question de cas individuels. |

Sur les 37 cas que nous avons relevés pour la période 1928-1938, nous n'avons pu préciser s’il s'agissait de complications des affections cutanées

ou simplement des cardiopathies n'ayant aucune relation avec la maladie nécessitant l’hospitalisation.

Il n'est pas rare de rencontrer des cas de septicémies au cours de l’évolution de certaines affections cutanées, surtout au cours des érythrodermies. Le germe le plus souvent en cause est le streptocoque. La gravité de cette complication nous a incité à la classer avec celles que nous avons déjà citées plus haut.

Nous terminerons ce bref aperçu en faisant une mention spéciale aux hépatites et aux néphrites. En effet, nous avons recueilli 21 cas de néphrite urémique et 13 cas d’ictère grave. Nous avons constaté que ces deux dernières complications se greffaient avec une prédilection particulière sur le terrain syphilitique.

Il ressort de cette courte étude que ces malades souvent débilités, sont la proie d’affections intercurrentes et dans un nombre de cas moindre, les lésions organiques entraînées par la maladie sont incompatibles avec la vie.

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