‹ Causes de mort et les grandes complications en dermatologieChapitre 13 sur 16 · ECZÉMA · texte numérisé non relu

ECZÉMA

Mortalité.

Une statistique faite dans tous les services de dermato-syphilisraphie de l'Hôpital Saint-Louis, nous montre — dans la période 1928-1938 — que sur S3o décès, il y en a 9 à la suite de l’eczéma, ce qui fait un pourcentage de 1,08 % de la mortalité totale.

Une autre statistique, faite à l'Hôpital Saint- Louis, nous montre qu'en six ans, sur un total de 1662 entrants avec le diagnostic d’eczéma, 4 sont morts, c’est-à-dire une mortalité de 0,24 %.

Dans le service de M. Touraine, dans la période de 1932-1938, sur un total de 774 entrants, deux décès sont à signaler, c'est-à-dire une mortalité de 0,26 %.

Eczéma de l'adulte

Evolution.

La durée de l’eczéma est extrêmement variable; chez certains malades elle se compte par semaines, chez d’autres par mois ou encore par années.

Certains eczémas peuvent se transformer en

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érythrodermies, par erreurs de thérapeutique. Cetie érythrodermie peut guérir mais elle est aussi eapable d'amener la mort.

Une maladie fébrile intercurrente (pneumonie, fièvre typhoïde) fait généralement disparaître l’éruption.

Pronostic.

Le pronostic est très variable et dépend de la cause et du degré de sensibilisation de lorganisme.

Certains eczémas qui surviennent sans cause avérée, indiquent une fâcheuse prédisposition à plusieurs affections diathésiques (asthme, diabète, goutte, migraine).

Des troubles psychiques assez marqués sont à redouter dans les formes très prurigineuses. On a vu des névropathes se suicider mettant ainsi fin à leur souffrance. D’autres sont atteints d’une dépression nerveuse, persistant même après la guérison.

En général, chez l’adulte le pronostic de l’eczéma est bénin. Il est presque exceptionnel qu’il se termine par une érythrodermie, seule complication capable d'entraîner la mort.

Eczéma du nourrisson Evolution.

La guérison est le plus souvent définitive, maïs dans 20 % des cas on note des récidives à un âge plus avancé. Assez souvent, plus tard, ces enfants

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auront des crises d'asthme, affection dont les parentés avec l'eczéma papulo-vésiculeux sont étroites.

Complications.

Citons les néphrites, le plus souvent bénignes et passagères, parfois hématuriques, provoquant très rarement la mort par urémie.

Plus rarement on signale des broncho-pneumonies ou des entéro-colites.

Une observation de Weil Hallé, Koang et Aubert nous présente un nourrisson âgé de deux mois et demi, atteint d’un eczéma du cuir cheveluset de la face, compliqué d’une pleurésie purulente à staphylocoque et guéri par immuno-transfusion, associée à la vaccinothérapie indirecte. L'histoire de cet enfant est instructive à bien des égards : résistance exceptionnelle du nourrisson élevé au sein, alternance des lésions cutanées, de l’eczéma séborrhéique et des accidents infectieux.

Mais l'accident le plus redoutable qui peut survenir chez un nourrisson eczémateux, est la mort subite ou rapide, inopinée.

« Il n’est pas de pédiatre — dit Lereboullet — qui n’en ait observé plusieurs cas. »

Le plus souvent il s’agit de nourrissons de moins d'un an, gras et gros, atteints depuis plusieurs semaines d’un eczéma suintant et étendu. Généralement, dès la première nuit de l’hospitali-

sation, l'enfant devient brusquement cyanosé et dyspnéique. Des vomissements surviennent, la température s'élève rapidement à 39°—40°, l’eczéma s'atténue et des convulsions peuvent apparaître.

Au bout de quelques minutes ou de quelques heures, le nourrisson tombe dans le collapsus. La face devient livide, blafarde, les yeux s’excavent, le pouls est rapide et filiforme- On note le refroidissement des extrémités, les urines sont albumineuses et la mort survient au cours d’une crise de convulsion.

Plus rarement on a signalé la mort subite.

Rarement, les troubles inquiétants que nous venons de décrire se terminent par la guérison, et au bout de quelques heures l’enfant reprend connaissance (Sezary et Horowitz).

Pronostic.

L’eczéma du nourrisson tire sa gravité de la possibilité de la mort inopinée.

(Ce danger excepté, c’est une affection bénigne qui guérit généralement avant la deuxième année.

PSORIASIS

Mortalité.

Durant la période allant de 1928 à 1938 sur un total de 830 morts dans tous les services de dermato-syphiligraphie de l'Hôpital Saint-Louis, on. note 6 morts de psoriasis, ce qui fait un pourcentage de 0,74 % de la mortalité totale. |

En six ans, sur un total de 644 entrants psoriasiques, on note deux morts, c'est-à-dire une mortalité de 0,31 %. 4

Dans le service de M. Touraine, sur 270 entrants deux décès sont à signaler, c’est-à-dire une mortalité de 0,74 %.

Evolution.

Le psoriasis est une affection cutanée chronique, d’étiologie inconnue, évoluant par poussées d'intensité inégale, de durée très variable, entre quelques semaines et quelques mois, séparées par des intervalles variables.

Au point de vue de l’état général, le psoriasis est une maladie bénigne. Le rein garde pendant

longtemps sa perméabilité, malgré les modifications du métabolisme azoté.

Les autres organes ne sont nullement atteints dans leur fonctionnement.

Malgré le terrain souvent tuberculeux ou hérédo-syphilitique, la majorité des psoriasiques atteignent un âge avancé. |

Parmi les complications les plus redoutables, il faut signaler les érythrodermies graves, suppurées, avec phénomènes généraux importants, sep- ticémies et évolution fatale.

Signalons aussi l’exceptionnelle observation d'un épithélioma spino cellulaire développé sur une lésion psoriasique. C’est Charache qui a observé cette dégénérescence chez un homme de 76 ans, porteur de psoriasis depuis 15 ans, d’abord sur un placard de l'épaule, ensuite sur un autre placard ancien du sein gauche.

Sa forme vulgaire constitue une infirmité par son incurabilité, par ses récidives et par sa persistance. f:

Le psoriasis arthropathique est une forme particulièrement redoutable.

L'immobilisation qui est une des conséquences fréquentes, transforme rapidement les malades en impotents.

: De même, l'extension et certaines de ses localisations sont des causes fréquentes d'une gêne considérable.

IR GRR

Quelques observations de complications.

Auerbach apporte l'observation d’un vieux psoriasique, qui, à la suite du traitement (?), présente des vomissements, de la diarrhée et, deux semaines plus tard, il fait une pleurésie et un œdème des membres inférieurs. On lui donne de la digitaline, mais sans aucun succès. Une broncho-pneumonie avec un subictère persistant viennent compliquer encore l’état général du malade, déjà assez éprouvé. Quelques semaines après, le malade meurt. A l’autopsie, l’auteur a la grande surprise de découvrir une grosse cirrhose du foie, qui n’avait pas été diagnostiquée pendant la vie. L'auteur se demande s’il s'agit d’une intoxication par l’arsenic, à la suite du traitement, ou tout simplement des complications propres du. psoriasis.

Milian apporte l'observation d’un de ses malades psoriasique, compliqué d’une érythrodermie mortelle, à la suite d’un traitement à la chrysarobine. Il se demande s’il s’agit vraiment d’une intoxication par la chrysarobine ou bien d’une érythrodermie psoriasique mortelle. La symptomatologie ne semblait pas en faveur de l'hypothèse d’une érythrodermie due à la chrysarobine. Ici il s’est agi — sauf à un court moment — d’une érythrodermie identique à celle de l’arsenic. Les phénomènes généraux terminaux : fièvre, délire, agitation, dyspnée, en même temps que l’amaigrissement rapide

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