‹ Causes des maladies épidémiques, moyens d'y remédier et de les prévenir; avec quelques réflexions sur l'épidémie d'EspagneChapitre 10 sur 57 · VI · texte numérisé non relu

VI

Facilité d’ expliquer la cessation des typhus dans le système de la. non- contagion.

La difficulté qui existe pour les partisans de la contagion , en voyant ses prétendus effets se dissiper , lorsque ses foyers se sont le plus

(1) Dissertation d’Astruc sur la peste de Marseille, trad. par Scheuchzer , p. 44 ? 4^ et 4^*

(2) Senac, loeo cit. , p. 182 , 184.

Mémoire sur les maladies

multiplies, et lorsqu’il règne une température qu’ils croient la plus favorable à son développeinent; cette difficulté n’a pas lieu pour ceux (Jlli regardent comme une chimère cette contagion des typhus , et qui ne voient la source de ces maladies que dans des' causes visibles et passagères.

Ces maladies cessent sous toutes les tempéra tures, et malgré tous les prétendus foyers de la contagion; lorsque les causes évidentes sont détruites; comme elles persistent; tant que ces mêmes causes sont agissantes.

Que nous remontions aux temps anciens, ou que nous examinions seulement ce qui s’est passé plus récemment , par-tout nous ne trouverons que des exemples en notre faveur (i).

Si les véritables causes des typhus ne sont pas toujours aussi évidentes que dans le cas de guerre , de sièges , de disette , etc., elles n’en existent pas moins. ïl est étonnant que dans un siècle aussi éclairé que le nôtre, on aille chercher des causes occultes et souvent éloignées , pour se rendre raison du développement , comme de la cessation de la maladie , lorsqu’on en a sous les yeux de si frappantes.

(i) Voyez les Notices historiques, etc. , placées à la fin de ce Mémoire.

'prétendues contagieuses , 53

Si on objectait que les épidémies dissipées par suite de la disparition des causes évidentes qui les avaient précédées ou accompagnées , n’étaient pas de vrais typhus , il faudrait déclarer aussi que ces maladies n’ont jamais existé , parce qu’il n’y a aucune des épidémies auxquelles on a donné ce nom, ou un autre à-peu-près synonyme , qui n’ait cessé en pareilles circonstances.

Par tout ce qui précède nous avons vu que dans les maladies épidémiques les effets ne supposent que des causes évidentes qui régnent en même temps, et que^ par conséquent, on peut juger de ces causes par ces effets ; nous ajouterons ici que l’on peut en juger également par la nature des moyens les plus efficaces en pareils cas. Ces moyens sont une habitation saine , des ventilateurs pour les lieux où l’air ne se renouvelle point assez, un exercice modéré, la tranquillité de l’esprit, l’usage d’aliments et de boissons de bonne qualité, la propreté et d’autres soins analogues. Or, de tels moyens, qui sont même propres à mettre à l’abri des maladies dont il s’agit , ne pourraient rien contre des miasmes contagieux réels , ou du moins ils produiraient peu d’effet.

Mémoire sur les maladies

Page 1