‹ Causes des maladies épidémiques, moyens d'y remédier et de les prévenir; avec quelques réflexions sur l'épidémie d'EspagneChapitre 9 sur 57 · IV · texte numérisé non relu

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Difficulté de justifier V opinion que le typhus

épidémique y appelé peste , tire exclusivement sa source d’un foyer unique .

On a pensé qu’une certaine espèce de typhus, appelée typhus oriental ou peste , avait un foyer primitif unique ? d’où il se répandait dans toutes les autres régions qui de temps en temps servent de théâtre à ses ravages. Mais on doit être fort embarrassé pour le choix du lieu où se trouverait un tel foyer. Ce typhus règne fréquemment dans beaucoup d’endroits

Le docteur Assalini , loco cit., de la p. 4 à la p. i3 , et p. 47 y 4$ i 5° et 5i. ,

Le docteur Pugnet, lococit.,p. 1 47 , *4^ > *75. Thèse des docteurs Cattet et Gardet , sur la contagion , p. 827.

Encyclopédie,, a^t. Peste , p. 5o8.

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en même temps (i). Cette simultanéité ne pouvant être contestée , à quel lieu faudrait-il donner îa préférence ? Suivra-t-on Popinion qui le fait passer de l’Ethiopie ou de Constantinople en Egypte ? ou bien préférera-t-on celle qui le fait aller au contraire de l’Egypte à Constantinople ? Dut-on ne chercher ce lieu qu’en Egypte, la difficulté nelaisserait pas d’être fort grande ; et si c’est ailleurs que dans les régions indiquées, quel endroit choisira-t-on entre Smyrne , Alep , Bagdad , Erzeron , Bassora, etc., etc.? Des épidémies appelées peste sont très-fréquentes dans toutes ces villes et dans toutes les contrées qui les entourent. En supposant que, dans quelques-unes de ces villes , les épidémies dont nous parlons soient plus rares que dans les autres , est-ce une raison pour ne pas accorder à toutes un si funeste privilège ?

Difficulté , pour ne pas dire impossibilité , cj u on trouve dans le système de la contagion d? expliquer la cessation des typhus.

Dans ce système, il doit être au moins fort difficile de concilier la cessation des épidémies avec la manière dont on prétend souvent pou-

(i) Le baron Desgenettes, loco cit., p. 247.

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voir rendre raison de leur développement.

Le prétendu venin de la contagion des typhus a été comparé au levain qui fait lever la pâte, et au feu qui cause un incendie. Ce venin , dit-on , se multiplie dans les corps où il pénètre, et, de ces corps allant à d’autres, il se multiplie encore ; de sorte qu’une petite quantité de ce même venin peut infecter toute la terre. Crescit eundo , dit dans un endroit un des plus grands partisans de la contagion (i). On a dit aussi que la maison où quelqu’un meurt est comme un foyer qui darde ses rayons d’infection dans toute la ville (2) ; que le dernier soupir d’un mourant était un germe de peste (3); enfin, que le mal s’accroît par le nombre des victimes (4).

Cependant on sait que les typhus se dissipent toujours au bout d’un certain temps, et quelquefois , assez souvent même , à une époque où peu auparavant ils exerçaient les plus grands ravages. Alors , suivant le système établi, le haut degré du mal ne serait que

(1) Astruc , Mémoire sur l’origine de la contagion , trad. de Scheuchrer , p. 10 et4o.

(•2) Dégner , Hist. méd, De Dysenteriâ bilioso-cont .

(3) Leclerc, Traité de la contagion. Pétersbourg,i^ 1 .

(4) Traité des moyens de désinfecter l’air, par G. M., dise, prél., p. xxij. Voyez les réflexions faites par cet auteur dans le même endroit.

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Pannonce de nouveaux progrès ; alors la contagion se serait créé de nouveaux germes de tous côtés ; tous les individus atteints de la maladie seraient autant de foyers et de sources fécondes de son venin , autant de volcans , pour ainsi dire , qui vomiraient leurs laves de toutes parts. La cessation des typhus doit donc paraître impossible , ou du moins inexplicable.

Peut-on, en effet, concilier cette cessation de la maladie dans un moment où il en existerait une si grande quantité de germes, avec son apparition à la faveur de causes aussi légères que celles qu’on lui suppose ordinairement (i) ? Quelques brins de paille, ou quelque autre substance aussi peu susceptible de putridité (2) , et qui aurait à peine éprouvé le contact d’un malade , auraient la faculté de recevoir un venin contagieux , de le conserver pendant de longues années, même, quelquefois, malgré le froid , le vent et la pluie; ce venin se répandrait ensuite avec la plus grande facilité; il se multiplierait de manière à at-

(1) Voyez chap. v , § ier.

(2) On regarde généralement le principe de la contagion comme un levain de putréfaction. Voyez Sepla lins , Louis , de Peste , etc., p. 25 et suiw, et beaucoup d’autres auteurs.

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teindre une grande partie des habitants d’une ville ou d’un canton ; et cette multitude de malades , dont chacun , ainsi que tout ce qui l’entoure, serait devenu un foyer immense de contagion , ne communiquerait la maladie à qui que ce soit : des foyers si multipliés , si répandus , si évidents , des germes si actifs seraient sans effet , lorsqu’un seul , quoique extrêmement borné, quoique invisible même, en aurait produit de si grands : c’est ce qu’on ne peut concevoir. Prétendre que les choses doivent se passer ainsi , c’est comme si l’on disait qu’un corps un peu chaud doit tout embraser , et qu’un brasier ardent , au lieu de brûler une infinité d’objets très-combustibles, dont il serait immédiatement entouré, s’éteindrait de lui-même ( i ). Aussi beaucoup de partisans de la contagion ne peuvent-ils s’empêcher d’exprimer leur étonnement , de ce qu’avant le quinzième siècle les typhus se dissipaient , quoique l’on ne désinfectât , ni ne brûlât ce qui avait été à l’usage des malades , ne songeant même nullement à de telles mesures. On est étonné sur-tout de ce qu’ils cessent

(1) Si le fomes , dit Facio, est semblable au feu par la manière dont il se propage, pourquoi ne suit-il pas la condition du feu , qui, plus il est grand, plus il s’étend facilement ? Voyez loco cit p. i58, i5q et 16®.

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même dans le temps des chaleurs (i) ; et cet étonnement doit paraître fort naturel.

Mais quelques partisan» de la contagion savent tout expliquer. Ils prétendent que le levain des typhus se ralentit à mesure qu’il se multiplie; ce qui est une contradiction et non une véritable explication. Il en est qui attribuent la contagion à l’abondance de la transpiration , disant que les typhus peuvent cesser, dans le temps même où le nombre des malades est très-considérable , parce que la prodigieuse quantité de corpuscules contagieux dont toute l’atmosphère avait été imprégnée se trouve absorbée par cette multitude de malades. On ne finirait pas, dit un auteur, si onvoulaitramasser toutes les contradictions où le système de la contagion a engagé ceux qui le soutiennent (2).

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