CHAPITRE IV
Les maladies appelées Typhus sont analogues a beaucoup d'autres maladies très fréquentes , ou plutôt, elles sont absolument les mêmes . Si quelquefois les effets de ces maladies sont terribles , du moins elles ne sont pas contagieuses ; on peut, sans danger , moyennant des précautions ordinaire ment faciles , se livrer au soulagement des malades.
Un ne voit rien , en effet, dans les maladies épidémiques appelées typhus, qui ne soit relatif aux causes évidentes qui les accompagnent constamment , et qui ne ressemble à ce qui se présente, du moins de temps en temps, dans des fièvres ordinaires, appelées putrides ou adynamiques , malignes ou ataxiques , et où généralement on ne soupçonne rien de contagieux. Si entre les unes et les autres il y a de la différence, ce n’est que par certaines complications qui ne supposent qu’un degré d’intensité plus considérable , dont les causes évidentes peuvent aisément
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rendre raison , et qui ne constituent point une différence essentielle. Telles sont les idées qu'avaient les anciens (i); ce sont même celles de beaucoup de modernes (2). Le docteur Pouqueville parle de fièvre ordinaire appelée putride ou a dynamique, changée en peste , et de peste changée en fièvre ordinaire ; par suite du seul changement de l’état de l’atmosphère (3). On ne parle ici de changement d’une maladie en une autre, que pour 4 s’accommoder aux idées reçues entre un assez grand nombre de médecins; mais il n’y a véritablement eu de changement que dans le degré de la maladie. Que l’on suppose plusieurs personnes douées absolument de la même complexion , et menant le même genre de vie ; que les unes habitent les bords des canaux en. Egypte , d’autres les bords des
(1) Hip .et Gai. — Gai. op. omn., t. 3, p.546, comm. 3, in iib.de morb.*vulg.
(2) Sydenham , Med. prat. , trad. par Jauit, p. 79. Courraigne, Tract, de febr., cap. de febr. pestil. et peste, p. 367 et seq. Tringle , Observations sur les maladies des armées , p. 111 , chap. vn , p. 387. Grant , Recherches sur les fièvres, etc., trad. de l’anglais, par Lefebvre de Villebrune. Stoll, Méd. prat., trad. de P. A. O. Malion, t. 11, p. 62 et s. Pouqueville, loco cit. , p. 28 , 29 , 34 , 35 et 49»
t3) kl,ibid.
prétendues contagieuses . ôy
criques en Amérique ÿ que ceux-ci soient exposés à la température de nos étés , que ceuxlà soient placés dans quelques-uns de nos cantons marécageux : dans certains temps de l’année , les premiers pourront être atteints de peste , tandis que les seconds éprouveront la fièvre jaune , les troisièmes la fièvre bilieuse , et les quatrièmes une lièvre intermittente simple y sans qu’on puisse attribuer la maladie d’aucun à quelques communications illicites. Les* partisans de la contagion eux-mêmes ne regardent point comme essentiels à la peste , les bubons et les charbons. En effet , ils présentent également, quelquefois, comme simples lièvres malignes ou ataxiques , des maladies où ces accidents se sont manifestés (1), et ils regardent comme pestilentielles, des maladies où ces mêmes accidents n’existaient pas (2),* donnant ainsi à la même maladie , tantôt une dénomination , tantôt une autre , suivant ce que paraît exiger le système qu’ils veulent soutenir.
(1) Relat. hist. de la peste de Marseille, p. 389 et 390. Le passage est très-important relativement au point que nous traitons ici , et en particulier relativement à la question de la contagion dans la fameuse peste de Marseille.
(2) Ibid., p. 29 , 49 ■> 5i $ et Relat. de la peste de Toulon , par d’Anlrechaus , p. 70 , 7 1 , 87 et 88.
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Tous les médecins conviennent que les typhus sont des maladies dangereuses ; mais ceux qui ont particulièrement fixé leur attention sur cet objet, ont reconnu que ces maladies ifont rien de contagieux ; ils se sont convaincus que Ton pouvait, sans danger, porter des secours aux malheureux qui en sont atteints ; du moins , en prenant certaines précautions ordinairement faciles et exemptes d’inconvénients. Il est sans doute inutile d’observer que si un séjour passager, si quelque contact également momentané avec les malades, ne peuvent avoir des suites graves, il n’en est pas de même d’un long séjour, surtout si on se plonge, pour ainsi dire , dans les miasmes qui s’en exhalent. Il n’est pas nécessaire non plus de dire que l’on doit observer . scrupuleusement toutes les autres règles de l’hygiène particulièrement applicables à la circonstance, règles dont on sentira aisément la nécessité , lorsqu’on aura une idée exacte des véritables causes de l’épidémie. Nous observerons cependant encore que le précepte de ne point se rendre auprès des malades sans avoir pris quelques aliments, est très-mal fondé , si ce n’est pour le cas où l’on en éprou*^ verait le besoin.
prétendues contagieuses.
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