‹ Causes des maladies épidémiques, moyens d'y remédier et de les prévenir; avec quelques réflexions sur l'épidémie d'EspagneChapitre 16 sur 57 · HISTORIQUES ET CHRONOLOGIQUES · texte numérisé non relu

HISTORIQUES ET CHRONOLOGIQUES

Sur les maladies épidémiques les plus mémorables y réputées contagieuses .

Quelles qu’aient été l’activité et l’évidence des causes des typhus épidémiques , les historiens et les médecins des derniers temps n’ont jamais paru les regarder comme suffisantes. Le plus souvent même/ils semblent à peine avoir reconnu en elles quelque influence.

On n’a pas encore eu d’histoire complète sur les maladies épidémiques. Il est important de remplir cette lacune.

L’histoire la plus étendue que nous ayons sur ce sujet, celle que l’on doit à l’abbé

Papon, n’offre, pour ainsi dire , qu’une simple liste. Si quelquefois cet auteur parle des circonstances qui ont été les seules causes de ces maladies, c’est uniquement pour en indiquer l’époque. Au premier aspect , quelques-unes de ces causes peuvent paraître légè-

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res ; mais en les considérant avec attention et sans prévention j on aura à cet égard une autre opinion.

Je tâcherai de n’omettre aucune des épidémies dont Papon a fait mention , j’en ajouterai même quelques-unes indiquées dans plusieurs autres auteurs que j’ai parcourus.

On verra par ces notices, que ce ne sont pas les faits qui manquent pour décider la question sur les véritables causes des maladies épidémiques. On remarquera qu il ne s’agissait que d’appeler l’attention des médecins sur la conséquence que l’on doit en tirer.

Je ne ferai la description d’aucune épidémie, à l’exception de quelques-unes de celles qui ont régné dans ces dernières aimées ; encore me bornerai-je à en indiquer les priacipaux symptômes. 11 suffit que l’on puisse reconnaître par l’exposé des circonstances dont chaque épidémie a été accompagnée , que, de quelque nature qu’elle ait été, quelque nom qu’on lui ait donné, elle a du sa naissance à d’autres causes que la contagion.

J’aurai souvent à parler de guerre. Cependant quelques épidémies ne se sont déclarées qu’après la cessation des hostilités. Mais iî faut observer qu’ordinairement , à la fin des guerres, les peuples sont épuisés , et que ,

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bien que ce fléau ait cessé, il J a encore de grands mouvements de troupes , dont la présence peut produire des causes morbifiques.

Quelquefois aussi , il ne s’agira que de guerre dont le principal théâtre s’est trouvé hors du pays où la maladie régna , et je ne laisserai pas de présenter cette guerre comme cause suffisante, parce que les calamités que cet état suppose ont pu s’étendre jusque dans ce pays, et que le silence des historiens sur toute autre cause , permet d’admettre celle-là. Ceux qui ont pu être témoins des calamités de ce genre, partageront sans doute aisément notre manière de voir à ce sujet.

Lorsque les premiers auteurs que j’ai consultés sur les véritables causes de certaines épidémies gardaient le silence à cet égard , en poussant plus loin mes recherches, j’ai presque toujours fini par trouver des causes aussi actives qu’évidentes.

D’abord j’avais eu l’intention de me borner à quelques exemples ; mais ensuite , ayant considéré que l’on pourrait en opposer un bien plus grand nombre de favorables en apparence au système de la contagion , j’ai tâché de n’omettre aucune des épidémies les plus dignes de remarque.

Je crois inutile de faire des citations à Far-.

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îicle de chaque épidémie, attendu que l’année, le pays et mêmç souvent le prince qui régnait , sont indiqués ; attendu également que j’ai puisé, du moins les principaux faits, dans les auteurs les plus connus et les plus généralement estimés, tels que, pour les épidémies survenues avant J. -G. , et qui la plupart eurent lieu soit à Rome, soit dans les pays qui en dépendaient, Xite-Live, Rollin et Crévier; et quant à celles qui ont eu lieu depuis J. -G., Tillemont , Crévier, Lebeau , Laurent Echard, pour l’empire romain et le Bas-Empire ; Mézerai, le P. Daniel, Velli, de Thon, pour la France; Rapin de Thoyras , pour l’Angleterre; le P. Barre , pour l’Allemagne ; Ferreras , pour l’Espagne ; enfin l’Art de vérifier les dates. Ce dernier ouvrage seul contient des faits suffisants pour rendre raison des maladies épidémiques survenues depuis l’ère chrétienne. Si quelques-uns de ces faits ne sont pas consignés dans l’article qui concerne particulièrement le prince dans les états duquel l’épidémie a exercé ses ravages, on les trouve dans ceux qui appartiennent aux autres princes contemporains.

Si, pour certaines épidémies, nous avons recours à d’autres auteurs que ceux qui viennent d’étre indiqués , nous les citerons, lors-

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que nous croirons les faits susceptibles d’être contestes.

Il faut observer qu’il ne suffit pas de cher» cher la relation de ce qui s’est passé dans l’année même où l’épidémie s’est déclarée ; il faut assez souvent remonter à plusieurs années précédentes.

Cet article sera partagé en deux parties. L’une comprendra les épidémies qui ont régné avant J.-C. , et l’autre aura pour objet celles qui ont régné depuis.

On indiquera d’abord l’année et les lieux où l’épidémie s’est manifestée ; ensuite viendra l’exposé succinct des circonstances qui l’ont accompagnée.

On trouvera sans doute des inexactitudes ; il ne nous paraît guère possible qu’un travail de cette nature en soit exempt : nous avons du moins fait en sorte de n’en pas commettre sur des points essentiels.

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Epoque des épidémies les plus mémorables 9 et Notes sur quelques-unes des circonstances qui les ont précédées ou accompagnées » qui ont pu leur donner naissance et en occctr sioner les progrès .

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