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Ce qui en impose le plus, ce sont les progrès que font souvent les maladies épidémiques dont nous parlons , une fois qu’elles se sont déclarées dans un canton ; c’est aussi leur propagation qui a lieu presque exclusivement parmi les personnes qui ont le plus de communication entre elles.
Si dans une épidémie il y a d’abord peu de malades, quoique avec le temps ils doivent se multiplier beaucoup , il faut l’attribuer à ce que dans le principe les causes évidentes sont elles-mêmes moins nombreuses. Par la suite ce sont ces causes qui se propagent, et non la contagion , et le nombre des malades doit s’accroître avec elles.
Si, en second lieu , parce que les typhus régnent sur-tout parmi les personnes qui ont entre elles le plus de relations, on pouvait leur accorder le caractère contagieux , on pourrait reconnaître également ce caractère
(j) Voyez le chap. n de ce Méçn. , § vi.
prétendues contagieuses . 3*
dans certaines maladies, où peu de médecins ont osé l’admettre , telles queTophthalmie, les affections catarrhales, les fièvres intermittentes et les fièvres continues les plus bénignes et les plus ordinaires • car ces maladies régnent aussi principalement parmi les personnes entre lesquelles il y a le plus de communication. Si on veut chercher des preuves de ces communications, on ne manquera sûrement pas d’en trouver j comme dans le cas de ces taches qu’on appelle signes de naissance , on prétend souvent en avoir que les mères ont pensé à tel ou tel -objet auquel on suppose de la ressemblance avec ces taches , quoique cet objet n’y ait aucun rapport (i). Mais ne doit-on pas remarquer que les personnes qui ont le plus de relations entre elles , étant en général de la même classe , habitant les mêmes lieux et se trouvant, en un mot, tou tes exposées aux mêmes calamités, elles doivent toutes éprouver les mêmes maladies ?
§ vii.
Les symptômes effrayants et souvent funestes que présentent les typhus ont contribué
(i) Voyez l’ouvrage intitule : Lettres sur le pouvoir de V imagination des femmes enceintes , iy/jù* Voyez aussi les leçons de M. le professeur Chaussier , à l’École de Médecine de Paris.
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beaucoup aussi à faire naître les idées de la contagion et à les entretenir. Mais a-t-on besoin de chercher d’autres raisons de l’existence et de la nature de ces symptômes , que le nombre et la violence des causes auxquelles ils sont constamment subordonnés ? L’organisme, assailli par des forces puissantes, est troublé et affaibli tout-à-coup à un degré extrême ; quelques organes tels que l’estomac, les intestins, le cerveau, les glandes, conjointement avec le tissu qui les entoure , ces organes , dis-je , plus faibles que les autres parties, soit primitivement , soit par l’effet de causes morbifiques actuelles , sont aussi le plus gravement affectés ; la maladie doit donc être caractérisée par la prostration des forces, la crainte, le découragement, des évacuations plus ou moins abondantes , des éruptions générales ou particulières quelquefois la gangrène, la stupeur, le délire , en un mot, par tout ce qui annonce l’épuisement et le désordre dans toutes les fonctions : c’est, en effet, ce que l’on voit dans les typhus. Ainsi dans ces maladies les causes évidentes et les effets sont parfaitement en rapport. Tout prouve donc la suffisance des causes évidentes , et rien ne démontre l’existence de la contagion. Fort souvent, sans qu’il y ait épidémie, les médecins
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rencontrent cliez certains malades des symptômes regardés comme des signes de typhus , ils en rencontrent même que l’on regarde comme des caractères de la peste, sans, néanmoins , songer à la contagion (i). Mais si les causes étant devenues plus actives et plus répandues, les maladies deviennent plus graves et plus nombreuses, alors l’idée de la contagion naît, quoiqu’il n’y ait rien de changé essentiellement dans les causes , ni dans la nature des symptômes , et le nom de typhus ou de peste est prononcé , comme cela avait lieu chez les anciens , avec cette différence que les anciens n’attachaient au mot peste que l’idée de grands ravages , qu’ils n’attribuaient à aucune cause occulte.
Par ce que nous venons d’exposer , nous croyons avoir démontré quelles preuves qu’on a apportées en faveur de la contagion dans les typhus ne sont ni concluantes ni admissibles.
(i) Rel. hist. de la peste de Marseille , p. BSqetsuiv. On verra plus loin, que nous avons remarqué de tels symptômes à Josephsladt , et qu’on en a observé également dans les hôpitaux, de Dresde. Voyez nos Notices hist.
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