CAUSILS ET PRÉVENTION DE LA CÉCITÉ
La seule prophylaxie réelle de la scroi'ulose réside dans l'amélioralion du sort des basses classes, car avec l'élévation de la prospérité chez le peuple, il est incontestable que la nourriture sera meilleure et l'usage de la \iande plus répandu ; les logements aussi seront plus spacieux, l'encombrement moindre et les ateliers plus conformes aux véritables lois de l'hygiène sous le rapport de leur construction et de leur ventilation. Les enfants, au lieu d'être dispersés trop tôt dans des fabriques, iront davantage à l'école. Il m'est impossible d'entrer ici dans les détails de cette question, qui touche plus encore à la politique sociale qu'à la médecine. J'y reviendrai plus tard.
Le traitement des maladies scrofuleuses des yeux ne doit pas seulement être local, mais aussi général, sous peine que des récidives ne réduisent la force de la vision. 11 faut placer les jeunes enfants dans les meilleures conditions de vie possible et, à cet égard, il faut convenir que la création des colonies de vacances et des stations maritimes a été du plus heureux effet.
Les colonies de vacances ne prennent pas d'enfants malades, mais seulement des enfants faibles de constitution. Leur but est surtout prophylactique. C'est le pasteur Bion, de Zurich, qui le premier organisa ces colonies (1) (1878). Elles s'établirent successivement en Suisse, en Allemagne, en Autriche et en Italie, dans des contrées saines et souvent montagneuses. L'influence favorable qu'exerce sur;les enfants le séjour dans ces colonies saute aux yeux. Le recensement fait parmi les enfants ayant usé d'un pareil
(I) Warrentrapp IV. Congres d'hyg., Genève, 1882, l. 1. p. 100.